L'organisation des villes et des villages du Pyrelos




rès administrative, la société pyrelienne s'organise, sur l'ensemble du territoire, selon un réseau très découpé. L'ensemble du territoire pyrelien est découpé en une multitude de petits territoires administratifs sous l'égide d'une ville, d'un bourg ou d'un village. A l'exception de l'Oel'Dane, aucune parcelle de terre pyrelienne n'est exempte de cette propriété. La ville ou le village peut agir sur son territoire comme bon lui semble pour certaines décisions (développement du village, cultures, entretien des routes, etc...). Il existe toujours un temple et une demeure seigneuriale dans chaque territoire que l'on nomme, au Pyrelos, un "arinei" (littéralement "petit pays"). Un arinei pyrelien ne compte toujours qu'une seule ville ou village. S'il devait advenir que deux villages se trouvent sur le même arinei, ils porteraient le même nom (parlons, par exemple, sur l'île d'Oel'Laïr, du village de Terine, fractionné en Terine-le-Haut et Terine-le-Bas).
Chaque arinei compte un gouverneur. Ce gouverneur est choisi, selon les lieux, de plusieurs manières. Il peut être nommé par les temples, par le roi, par un conseil de la ville, ou, comme c'est le cas dans les villages, par l'ensemble de la population. Dans l'usage, il est fréquent que l'un des enfants du gouverneur lui succède, mais ça n'est pas une règle fixe. Un gouverneur peut être démi de ses fonctions par ceux qui l'ont élu et, toujours, par la population qui peut au besoin s'adresser au roi, si d'aventure le gouverneur n'acceptait pas de se plier aux décisions de ses administrés. Le gouverneur est attaché à tout un arinei (on parle le plus souvent de "gouverneur de la ville de X", ce qui est une simple parole d'usage).



Les tribunaux et la justice


es tribunaux du Pyrelos sont une spécificité unique en Oneira. La société pyrelienne, extrêmement administrative et plutôt procédurère, a toujours maintenu de nombreux registres et archives concernant tous les domaines de la vie et de l'économie. C'est depuis que des registres des litiges sont tenus que sont apparus les premiers tribunaux. Les tribunaux pyreliens sont de grosses organisations conçues pour aider vite et bien la population. L'on peut entrer et ressortir d'un tribunal en moins d'une demi-heure, jugement rendu.
L'intention de nuire est, au Pyrelos, une notion fondamentale. Si une faute est commise dans l'intention d'ennuyer, de causer du tort, de peiner, etc... la justice sera intraitable.
Un autre élément important concerne la position sociale et économique des deux parties. Ainsi, un riche commerçant face à un petit artisan peut porter plainte, mais aura moins facilement gain de cause. Il est nécessaire, au Pyrelos (comme dans beaucoup de pays d'Oneira, par ailleurs), d'assumer sa position et les responsabilités qu'elle provoque vis-à-vis des moins chanceux.
Dernière notion capitale dans le droit pyrelien : le bon sens. Se rendre dans un tribunal pour faire état d'un litige allant à l'encontre du bon sens est considéré comme une faute, car ce faux litige ralentit le règlement des autres. L'affaire sera réglée dans la simple notion de bon sens, sans aucune autre étude.
L'on distingue, au Pyrelos, trois catégories d'affaires judiciaire : les petits litiges, les litiges graves et les crimes.
Les petits litiges sont gérés par un représentant du gouverneur. Les deux parties lui décrivent les faits dans le calme (aucune manifestation de colère ou de violence ne peut être manifestée, sous peine d'un refus simple de jugement et d'une courte période de service auprès d'un temple ou de la milice). C'est ici que la notion de bon sens est la plus importante. Une fois le jugement rendu, aucune contestation n'est possible.
Les litiges graves font appel à trois juges : un prêtre, un représentant du gouverneur (voire le gouverneur en cas d'affaire complexe ou dans les petits arinei) et une personne désignée pour son statut en rapport avec le milieu où s'est déroulé le litige (ainsi, une affaire opposant un boulanger et son client fera appel à un représentant de la guilde des boulangers, une affaire concernant une mère de famille fera appel à une colonne (généralement une "finie" de plusieurs années), etc... Le représentant du gouverneur est chargé de recueillir l'exposé de l'affaire. Si le jugement ne satisfait pas les parties, un second jugement peut être rendu dans un tribunal de la capitale de l'île, à Pymarée, par le roi ou l'un de ses représentants, ou encore par Illéranyne, tenant compte du droit pyrelien. On privilégiera, en matière de litiges graves, les travaux d'intérêt général, les services au temple, les remboursements, etc... Le règlement à l'amiable étant toujours recherché en priorité (notons pour l'exemple le cas d'un vol important commis par un client dans la boutique d'un encrier, le coupable fut condamné à un service d'aide de trois mois en tant qu'apprenti, en vue de le sensibiliser à la condition de l'artisan ; ce genre de peine est très courant). Notons que quiconque a le droit de faire appel à un mage ou à un sorcier qui révélera la vérité pour les affaires complexes (hors bon sens, etc...). Le mage ou le sorcier sera alors payé par la personne ayant tort (notons ici que les personnes payent en fonction de leurs moyens, tout comme dans les cas rares de dommages et intérêt. Si une personne n'est pas à même de payer, elle peut compenser par un service, etc...).
Les crimes font appel aux mêmes trois juges que les litiges graves. Des témoins sont recevables, à l'inverse des deux autres cas où seule la parole des deux parties est tolérée. Eventuellement, des écrits et autres preuves peuvent être produits. Dans les cas d'affaires très graves, l'on pourra faire appel à un mage ou à un sorcier qui aura en charge de révéler la vérité. Comme pour les litiges graves, l'appel est possible dans la capitale de l'île, à Pymarée ou à Illéranyne. Là encore, la préférence est accordée aux travaux d'intérêt général. La peine de mort et les châtiments corporels n'existent pas au Pyrelos. La prison pour plusieurs années, voire à vie, est une peine possible pour les cas graves de meurtre avec intention, de viol, de récidive, etc...
Un mot sur les prisons pyreliennes. Les prisonniers effectuent des travaux (confection de voiles, de cordages, objets usuels, etc...) dont la vente servira à autofinancer les prisons. Si un prisonnier refuse de faire son travail, ou s'il fait acte de mauvaise volonté, de colère, de violence, de négligence, etc... il sera alors définitivement consigné en cellule d'où il n'aura aucun droit de sortie, pas même pour les repas.

Extraits du "Dossier Pyrelos", Gwanys, Illéranyne.



L'architecture : les particularités pyreliennes


'architecture pyrelienne est, de nos jours, unique en Oneira. Ayant pris exemple sur l'architecture démor au début de son histoire, le Pyrelos s'est ensuite "humanisé" avec l'accession au pouvoir de la lignée des Milne. Ces bâtisseurs ont répandu au Pyrelos une tradition d'architecture quasi militaire (un bel exemple sera les réalisations d'Ylnor-le-Jeune) aux lignes droites, aux formes cubiques. Si les habitations personnelles ont mis plusieurs siècles à adopter cette nouvelle forme d'architecture, elle a néanmoins pris définitivement place dans l'usage pyrelien au cours du neuvième siècle. Les bâtiments milneriens sont caractérisés par des formes simples, des constructions généralement hautes, des toits pointus supposés réduire les attaques de la pluie et les assauts du vent. Les tours sont ramassées, carrées, hexagonales ou octogonales (on en conserve un excellent exemple dans le cas des tours et des remparts de Sev'Oimar).
Le grand tremblement de terre de l'an 986 a bouleversé l'architecture pyrelienne. Les bâtiments démor, ronds et ramassés, ont largement mieux subi le choc que les hautes constructions milneriennes. Lors de la reconstruction, le style pyrelien a été largement influencé par l'architecture démor et ses courbes douces que l'on trouve de plus en plus fréquemment de nos jours au Pyrelos. Les constructions démor sont généralement basses, arrondies, dissymétriques, et c'est le plus souvent ainsi que l'on construit dans les campagnes où la place ne fait pas défaut. Les bâtiments bas résistant mieux aux forts vents marins, on n'hésite plus à construire ainsi même sur les côtes. On évite le bois, les colombages, par crainte des inondations et de la forte humidité (seul le linteau de certaines portes sera parfois en bois), et l'on construit principalement en pierre bleue pyrelienne, résistante au sel et à l'érosion. En ville, cependant, un mélange d'architecture démor et milnerienne a vu le jour. L'on trouve les bâtiments hauts plus commodes là où l'espace est restreint, mais les toits sont arrondis, les angles courbes. Notons que même loin des grandes cités, l'architecture dite "démor" n'a que peu à voir avec les véritables constructions de ce peuple, l'ensemble ayant été adapté aux besoins humains. Les caves, au Pyrelos, sont rares, dans la crainte d'inondations. Il n'est pas rare, par contre, qu'une maison possède deux greniers.
La survivance la plus notable de l'architecture milnerienne réside dans les postes de garde, que l'on construit encore aujourd'hui ainsi qu'à l'époque d'Ylnor-le-Jeune où ils ont fait leur apparition dans les villes pyreliennes. Relativement bas, de base ronde, ils sont parfois crénelés (davantage pour l'apparence que dans un but utilitaire), et couverts d'un toit double sous lequel se trouve une cloche que l'on fait sonner en cas d'incendie ou autre urgence, mais également à chaque heure du jour, pour rappeler les miliciens à leurs tâches. Ces postes n'ont plus guère de liens avec ce qui se construit aujourd'hui au Pyrelos, mais leur apparence est trop bien ancrée dans le cœur et l'esprit de tous les pyreliens pour être modifiée.

Extraits du "Dossier Pyrelos", Gwanys, Illéranyne.