Légendes, mythes et croyances de l'île de Cadel




es légendes sont nombreuses sur l'île de Cadel, mais celles qui courent sur le continent à propos de ce pays le sont plus encore : Cadel fascine, intrigue, étonne, et la connaissance très limitée que l'on en a ne fait que renforcer le sentiment de mystère. Toutes les bizarreries que l'on connaît du pays suscitent des rumeurs sans fin, en particulier lorsqu'il s'agit de ces constructions étranges qui sont légion dans le royaume : le pont gigantesque qui s'enfonce dans la mer avant de s'interrompre brusquement, le Qhorgensul, l'immense escalier qui permet d'atteindre le plateau, le Qhor'Sudur, le Palais Sans Fin dont les étages inférieurs sont désormais inoccupés, les statues que l'on trouve dans les falaises, la grande colonne de pierre qui s'élève au loin et que l'on peut apercevoir certains jours de la région de Mercinel
L'interdiction faite aux étrangers de se rendre où ils le veulent est évidemment un facteur qui amplifie les bruits qui courent : ainsi d'aucuns n'hésitent pas à faire courir les absurdités les plus folles, comme la présence au cœur de l'île de colonies de fées, de Bregen, voire de dragons ancestraux ! Pour d'autres, Cadel recèle des richesses immenses, des trésors somptueux ou des villes mirifiques. Plus fous encore, sans doute, sont ceux qui évoquent des monstres, des paysages dévastés marquant la colère des dieux, en somme un pays infernal - et cela cadre si mal avec ce que l'on peut connaître de Cadel qu'il est impossible que ceux qui racontent de telles sornettes aient jamais ne serait-ce que parlé à quelqu'un qui se serait rendu là-bas.
Cintai, la seconde ville, est habitée par la noblesse et les étrangers ne peuvent s'y rendre. Aussi les marins n'hésitent-ils pas, en revenant en Oneira, à abreuver leur auditoire de tous les fantasmes qui les traversent : la cité serait peuplée d'être maléfiques, d'immortels aux pouvoirs immenses, de mages au talent inégalé, de créatures magiques et d'animaux merveilleux ; elle serait entièrement souterraine ou, inversement, flotterait dans les cieux ; elle ne serait composée que de tours blanches altières ou de palais outrancièrement décorés, etc.
Certains prêtent aussi aux habitants de Cadel des contacts avec des créatures mystérieuses, parfois des créatures marines mi-humaines (ce qui est proprement impossible : le seul accès à la mer est l'un des seuls endroits où les étrangers vont !), parfois des êtres difformes vivant cachés à la lumière du jour, parfois des êtres des forêts semblables à des plantes animées…

Le problème de ces légendes et de toutes ces âneries n'est pas qu'elles existent - ce qui est inconnu et qui sent bon le mystère suscite toujours la curiosité et les racontars - mais qu'elles soient prises pour argent comptant par des personnages qui se prétendent sérieux et qui écrivent des ouvrages. Un parfait exemple est donné par le livre du prétendu historien Kal-Diffalis.

Extrait de Cités des Etoiles, par Kal-Nërlenci.