Sanavë, le passage serein




out ce que le Pyrelos compte d'alchimistes se trouve à Sanavë", entend-on souvent dire. Si cette phrase est indéniablement exagérée, on ne peut cependant nier que Sanavë est la capitale scientifique incontestable du pays. Bâtie de part et d'autre de la route des Cinq Ponts, à l'est des Bois de Coëdel (on appelle cette forêt "Bois de Coëdel" à Sanavë, et "Bois de Sanaa" partout ailleurs) et de l'immense fleuve Jaenada, elle atteint à ce jour les 30 000 habitants. Son blason, le loup bleu et les trois étoiles, sur fond vert, résume la légende de la fondation de la ville. Le symbole de la ville, le loup bleu, rappelle les légendes de la fondation de Sanavë. A une époque où les grands bois couvraient tout le Nord de l'Oel'Nerill, Gwyllëon fut envoyé par le roi du Pyrelos dans cette région désertée par les humains où l'on disait que le ciel était plus pur qu'ailleurs, afin de lire dans les étoiles le destin du Pyrelos. Arrivé sur les berges de la Jaenada, Gwyllëon se trouva face au loup bleu des eaux, Coëdel, gardien de l'île. Le loup annonça qu'il protégerait la ville fondée par celui qui saurait lire les étoiles, aimer l'Eau, comprendre les bois et garantir la sérénité du lieu. Gwyllëon se plia aux exigences de Coëdel et bâtit la ville de Sanavë, imposant paix et neutralité à tous les habitants, en échange de la protection du loup bleu. Le fait est que l'histoire calme de Sanavë compte moins d'incendies, d'inondations, de conflits que toute autre ville du Pyrelos.
La ville de Sanavë est celle du Pyrelos qui reçoit le moins de pluie de tout le Pyrelos. Ce microclimat encore inexpliqué (sinon par la légende de Coëdel) attire depuis toujours les observateurs du ciel. Astronomes, astrologues, météorologistes et alchimistes en général ont colonisé très tôt la cité et construit de nombreux observatoires dont le plus grand et le plus connu est l'observatoire de Gwyllëon, du nom du fondateur de la ville ayant construit, semble-t-il, un premier petit observatoire sur la base de l'actuel.
La cité est découpée en cinq parties majeures, chacune ayant pour centre son propre quartier d'alchimistes. Ainsi, l'on compte :
Le quartier des astronomes et géodésiens, autour de l'observatoire de Gwyllëon.
Le quartier des herboristes et botanistes, autour de la serre des Ysselniens.
Le quartier des inventeurs et techniciens, autour de l'atelier d'Innmel.
Le quartier des chercheurs et chimistes, autour du laboratoire du Sinsimor.
Le quartier des médecins et chirurgiens, autour de la maison d'Annell.

Plan de la ville de Sanav, cliquez pour agrandir.

Sanavë tire ses ressources d'activités variées. Faisant commerce depuis toujours avec Sev'Nerilla du bois provenant des bois de Coëdel, ainsi que de poisson d'eau douce pêché dans la Jaenada, Sanavë produit également pour elle-même diverses céréales (essentiellement blé, orge et avoine) ainsi que de nombreuses espèces de fruits et de légumes dans la plaine de l'Onnë, à l'Ouest de la ville. Ce commerce simple se voit enrichi depuis presque un siècle par la commercialisation d'instruments complexes élaborés par les alchimistes (sextants, longues-vues, boussoles, ...) pour l'usage des marins du Pyrelos.
C'est à Sanavë, dans le grand Observatoire de Gwyllëon, que se trouve l'immense horloge astronomique permettant le calcul de la date des fêtes du Pyrelos, en fonction de la lune, des étoiles et autres facteurs. Chaque année, une délégation de prêtres sanavéens quitte la ville à pieds au cours de la fête de Gwyllëon, afin de porter à Sev'Nerilla le parchemin retraçant les calculs, parchemin qui sera, par suite, acheminé par voie maritime jusqu'à Pymarée, selon la première tradition instaurée par Gwyllëon rapportant à son roi la lecture des étoiles, avant même la fondation de la ville.
Depuis que la prêtresse Nevera gouverne la ville, l'on observe un indéniable retour aux anciennes traditions du culte de l'Eau, ainsi qu'un culte accru à Pyrellane qui possède, à Sanavë, son temple : le temple des Cent-Eaux (Pyre'Minme). La population de Sanavë apprécie la vie communautaire. Les gens aiment se retrouver, et ne refusent jamais de rendre service ou d'aider leurs voisins. Comme l'a écrit Maître Klill dans ses mémoires, "s'il ne s'agissait de trente mille personnes, l'on croirait voir à Sanavë juste une grande compagnie amie".
Les alentours de la ville rappellent ce que devait être le Pyrelos avant l'an 0. L'on trouve dans les bois de Coëdel un plus grand nombre de représentants du petit peuple que partout ailleurs dans le pays, et il n'est pas rare de trouver dans les bois, comme les plaines, d'ailleurs, de nombreuses pierres levées, vieux autels, etc... Notons surtout le Bassin des Terdames (ou bassin de Denynn), réputé pour favoriser la fécondité lorsqu'on s'y baigne, où viennent en pèlerinage des femmes de tout Oneira, et le double alignement des menhirs de Torynn qui, de part et d'autre de la Jaenada sur plusieurs élans, semblent conférer à l'eau du fleuve un caractère sacré. Il est dit que se baigner dans la Jaenada là où elle est encadrée par les menhirs de Torynn guérit des infirmités et prévient des maladies.
Un dernier mot sur l'absence de pont traversant la Jaenada pour relier Sanavë aux bois de Coëdel. Bien que les bois soient exploités par les bûcherons de la ville, il n'a jamais été envisagé de bâtir un pont simplifiant leur traversée. Deux explications semblent courantes : le très grand nombre de loups (et surtout de loups roux) vivant dans les bois et risquant, si leur traversée était possible, de rendre difficile la vie des fermiers de la plaine de l'Onnë, et un obscur pacte datant de l'alliance entre Coëdel et Gwyllëon, celui-ci ayant prétendument promis qu'aucun habitant de la ville ne porterait la main sur un loup des bois. Le fait est qu'aucun récit faisant état d'un loup agressif n'a jamais été relaté dans la région. Il nous faudra laisser cela dans le domaine de la croyance.

A voir à Sanavë


Les cinq quartiers des alchimistes : Ils forment chacun un quartier typique et ravissant où le moindre détail est digne d'intérêt. A voir surtout l'observatoire de Gwyllëon et son incroyable horloge astronomique donnant très précisément l'heure, la date du jour, la phase et la position de la lune, ainsi que des étoiles les plus brillantes dans ce coin d'Oneira.
La statue de Coëdel : Il est dit que la statue était anciennement en eau, figée par les premiers prêtres de la ville. Elle semble plus vraisemblablement sculptée en kahrune, mais d'une translucidité impressionnante. La statue luit d'un éclat bleu lorsqu'elle est éclairée par le soleil, et semble alors presque vivante. C'est autour de cette statue du Coëdel]loup bleu, protecteur de la ville, que se déroulent tous les ans la fête de Gwyllëon et la fête des étoiles, jour où le ciel est le plus clair et le destin plus facile à lire.
Le marché des inventeurs : Le jour de la fête de Coeur-Hiver se tient sur la grande place des Marches Claires un immense marché d'alchimie, proposant instruments, inventions, cartes, potions, outils, etc...

Extrait du "Dossier Pyrelos", Gwanys, Illéranyne.