Culture, croyances et traditions du Pyrelos




Au cours de la vie


L'enfance


l est considéré que les enfants nés un jour d'Oivenvë (oinë, oinä, oinï) feront de bons prêtres. Ceux nés un jour de Lymara (lynë, lynä, lynï) ne vivront pas longtemps, ou auront une vie difficile.
Le jour de la naissance, le père, la mère ou un membre de la famille commence la fabrication de l'enolin de l'enfant. L'enolin est un objet représentant le symbole d'Oneira (monade, symbole du chemin de vie) offert à tout oneirien à sa naissance, et qu'il devra garder jusqu'à sa mort. Il est le symbole du lien âme/corps, clef du monde de Délomaque et peut être en toute matière (terre cuite, bois, métal, parfois même en eau ou feu figés, etc...), simple ou ornementé de pierres, de gravures. L'enolin sera utilisé lors des grandes étapes de la vie : naissance, mariage, enfantement, décès...). L'on considère qu'un enolin fabriqué par un membre de la famille, particulièrement l'un des parents, un frère ou une sœur, sera plus chargé de magie qu'un objet coûteux acheté ou commandé à un artisan. L'enolin devra être lavé à l'eau claire trois ou huit fois par une autre personne que celui qui le conçoit, lors de sa fabrication.
Trois jours après la naissance d'un enfant, un membre de la famille vient annoncer au temple sa naissance. Les prêtres, alors, calculent l'oracle de naissance et le nom de naissance qui seront délivrés au temple huit ou vingt-quatre jours après la naissance lors de la cérémonie de l'enolin, qui confèrera à l'objet sa magie. L'enolin, après avoir été trempé dans l'eau du miroir, sera placé dans un sac en toile lavée dans le miroir du temple, et séché une nuit à la lumière de la lune, et une journée à la lumière du soleil (dans certaines région, ou à certaines saisons, on laisse préalablement la toile sous la pluie une nuit et un jour). Le sac contenant l'enolin sera traditionnellement conservé dans une niche au dessus de la fontaine de la maison où vit l'enfant, jusqu'à ce qu'il la quitte ou s'unisse.
Jusqu'à ses huit ans, âge où il entre au temple pour son premier service, l'enfant doit toujours porter un vêtement ou un objet bleu sur lui. Il peut parfois s'agir d'un ruban, ou d'un simple fil bleu cousu dans les vêtements. Par là, on souhaite monter qu'il appartient à l'eau, attirer sur lui la faveur des dieux de l'eau, et en écarter les esprits mauvais qui peuvent prendre possession de l'esprit des enfants. D'un enfant au comportement étrange ou colérique, on dira : "il a perdu son fil bleu".
Etape importante, les pyreliens sont tenus de présenter un service d'un an dans la milice pour les hommes, et dans la colonne pour les femmes. La veille de l'entrée en service est célébrée une fête en l'honneur du jeune homme ou de la jeune femme, fête d'au revoir à l'enfant, puisque cette étape marque le passage à l'âge adulte. On lui offre alors des présents symboliques ou utilitaires pour bien commencer sa vie, ainsi qu'un coffre de petite taille où seront consignés les présents symboliques (généralement quelques pièces d'or ou d'argent, une bulle d'eau figée, une bobine de fil bleu, un couteau, un petit bouquet de roseaux ou de renouée) et son enolin.

Les fiançailles, l'union


es colonnes étant chargées de servir à manger aux miliciens, ainsi que d'opérer pour eux divers petits travaux, et inversement (reprise des uniformes, travaux de réparation au temple...), il n'est pas rare que les couples se forment au sortir de cette période.
Au moment des fiançailles, le jeune homme et la jeune fille, avant toute annonce officielle à la famille, se rendent au temple et font état de leur décision au prêtre. Si le prêtre donne son accord (généralement après étude des noms et des oracles de naissance), les promis traverseront le miroir du temple ou un ruisseau en se tenant la main, sous le regard du prêtre. Cette courte cérémonie exécutée, la famille est mise officiellement au courant, et doit se plier à la décision des jeunes gens et du prêtre. Il est très mal considéré qu'une famille fasse des histoires pour accepter une union, lorsque les considérations sont d'ordre économique ou social. L'amour prime dans les questions de mariage pyrelien.
L'union se déroule devant le miroir ou près d'un cours d'eau, d'un lac ou de la mer, suivant les régions, la saison ou le souhait des époux. La cérémonie s'achève par une courte immersion dans l'eau.
Si les époux sont nés le jour d'un même dieu, surtout Oivenvë, ils auront beaucoup de chance. On préférera souvent se marier le jour d'Oivenvë, particulièrement s'il pleut, pour favoriser la chance. En revanche, un orage sans pluie est un mauvais présage. Aucune viande et aucun poisson ne sera consommé le jour du mariage, car la vue d'un animal mort pourrait entraîner la stérilité de la jeune épousée. L'union est l'occasion d'une nouvelle fête qui pourra durer entre un et huit jours, selon les régions, la saison ou le souhait des époux. Au terme de la première journée de fête sera offert aux époux un coffre de bois ou de métal, dans lequel seront placés : le coffret où le prêtre a consigné les enolin, les présents préalablement contenus dans les anciens coffres individuels. A la fin de la première journée, les hommes enterreront le coffre sous la pierre du seuil de la maison des jeunes unis, pendant que les femmes baignent et préparent l'épousée. Les époux, alors, entrent de concert dans la maison, après avoir brisé chacun une cruche d'eau sur la porte, et répandu son contenu sur la porte. La plus vieille femme de chacune des deux familles prend alors place de chaque côté de la porte (à l'intérieur s'il fait froid où s'il pleut), pour s'assurer que rien ne troublera la nuit des époux. D'un mariage malheureux, on dira que "les vieilles étaient dehors", ce qui sous-entend qu'il n'a pas plu.
Si les époux souhaitent avoir un enfant, ils se rendront ensemble, tous les matins d'Oivenvë, se baigner dans l'eau où ils se sont immergés le jour de leur union. La jeune femme devra chaque jour avaler une petite quantité de sel, porter un vêtement bleu, et éviter de porter des cordons fermés par des noeuds ou des vêtements noués. Le jeune homme devra chaque semaine placer dans le grenier un bouquet de roseaux ou de renouée.
Lorsqu'elle tombe enceinte, la jeune femme vient, seule ou accompagnée de sa mère ou de sa sœur, se baigner, encore une fois, dans l'eau où elle s'est immergée le jour de son union. Le jeune homme fera de même, accompagné de son père ou de l'un de ses frères. Les époux iront alors au temple, informer les prêtres. Tous les trois ou huit jours selon le cas, une colonne viendra s'enquérir de la santé de la femme enceinte, et proposer ses services, pour lui épargner toute fatigue. La jeune femme peut à tout moment choisir de changer de colonne.

La mort


i une jeune mère meurt en couches, la colonne qui a suivi sa grossesse viendra assurer les premiers temps de la vie de l'enfant. Si le père le souhaite, elle pourra être sa tutrice et veiller sur lui pendant le deuil. Le père pourra demander les services de la colonne en cas de besoin lors de cette période délicate. Il n'est pas rare que la colonne reste attachée à l'enfant et lui serve de mère, ce qui conduit souvent à une union avec le père. Le deuil d'un époux dure en principe trois ans. Le veuf ou la veuve peut alors, s'il le souhaite, venir vivre au temple pour une durée de son choix.
La mort est appréhendée comme un passage normal, mais reste très affligeante au Pyrelos. Le mort sera confié au temple, où les prêtres s'occuperont de lui, puis sera le plus souvent conduit jusqu'à la côte par un neven qui confiera le corps à la mer. Généralement, peu de personnes accompagnent les prêtres lors de ce voyage. Le départ et le retour de ce voyage sont célébrés par une veillée à laquelle prennent part les membres de la famille, mais aussi les voisins et amis du défunt. On aura alors à cœur de raconter les histoires et anecdotes de sa vie, les bonnes comme les mauvaises. Souvent, on convie un barde lors de ces soirées, dans l'espoir qu'il répétera une ou plusieurs de ces histoires.
Extraits du "Dossier Pyrelos", Gwanys, Illéranyne.



Les croyances de la vie quotidienne


Voir un lézard bleu de bon matin est un gage de chance pour la journée.
La pierre trouvée dans le nid d'un pilirikua est bonne pour soigner les yeux ou améliorer la vue.
On ne peut habiter une maison neuve s'il n'a pas plu au moins une fois dessus.
Garder dans la maison une bouteille d'eau de mer garantit des repas abondants.
Un pilirikua perché sur le toit d'une maison annonce un mariage ou une naissance prochains.
On verse, au coin de chaque maison, de l'eau du point d'eau le plus proche, pour la garantir des incendies. Il est bon de répéter cela tous les jours d'oinë.
Que le linteau de la porte d'entrée d'une maison provienne d'un bateau assure la protection de toute la demeure (probablement parce que tous les bateaux sont bénis par les prêtres).
Une gerbe de roseaux ou un bouquet de renouée suspendu au dessus du lit assure la fécondité.
Lorsque la foudre tombe sur une maison, il faut verser sur le toit de l'eau qui provient du miroir du temple, sans quoi elle retombera.
Manger du poisson volé attire la malchance.
Lorsqu'on a trop de malchance ou qu'on a l'impression d'avoir été victime d'un sort ou d'une malédiction, il faut verser une petite quantité d'eau dans chacun des endroits où l'on vit (maison, travail, temple, bateau...).
Noyer un animal attire le courroux des dieux de l'eau.
On jette une poignée de sel dans le feu pour prédire le temps : s'il crépite, il fera beau, s'il ne produit pas de bruit, il pleuvra.

Extraits du "Dossier Pyrelos", Gwanys, Illéranyne.



Gastronomie et habitudes culinaires


'on mange, au Pyrelos, énormément de produits de la mer : poissons, coquillages, crustacés, mais aussi de nombreuses variétés d'algues. On y consomme moins de céréales et de pain que dans le reste d'Oneira, et presque pas de viande, sinon en cas de grossesse ou de maladie, sinon des œufs que l'on accommode volontiers. On mange très salé, généralement, au Pyrelos, bien que l'abondance de poisson en toutes saisons dispense généralement de le saler ou de le fumer. En matière de cuisine, l'on utilise d'avantage de graisse de poisson que de beurre, du fait du peu d'élevages bovins dans le pays.
L'on prend, au Pyrelos, trois repas par jour. Le premier se passe tôt le matin, avant le commencement de la journée de travail. On mange généralement froid, du pain, du poisson fumé et du fromage, par exemple. Le second se déroule en fin d'après-midi, au terme de la journée de travail. C'est le repas le plus important de la journée, celui que l'on partage régulièrement à l'auberge ou à la taverne. Le dernier sera pris en fin de soirée, avant d'aller dormir. Il s'agit le plus souvent d'un repas sucré (beignets, tartes, gâteaux...) accompagné de boissons chaudes.
Nous l'avons déjà évoqué, l'existence des tavernes et des auberges est capitale au Pyrelos. Lieux de réunions familiales, on s'y retrouve le soir pour manger et boire les spécialités du pays. Notons : les fritures, potées, grillades de poissons, etc... mais aussi les incontournables vins et liqueurs de Sev'Linar, ou les bières naines de Pymarée. Les grandes villes du Nord de chaque île (Pymarée, Sev'Imme, Sev'Nerilla, Sev'Oimar : les "quatre nordiques" ou "pamenva") s'enrichissent de plus d'auberges et de tavernes étrangères chaque année. Tenus par des badilim, des nains, ou des humains provenant pour l'essentiel de l'Eranos ou du Roban, ces établissements achètent dans tout le Pyrelos la viande qu'on ne consomme pas ailleurs (bœufs, poulets...).

Extraits du "Dossier Pyrelos", Gwanys, Illéranyne.