Techniques bardiques




Les rimes entrelacées


Parmi les étonnantes disciplines bardiques oneiriennes, il est à souligner la pratique des rimes entrelacées.
Originaire du Sarelos, plus précisément de la ville de Lanmari, elle demeure exclusivement sarelienne et se transmet uniquement au sein d'un cercle d'initiés, à "l'Ecole de chants et rires du Saryon", fondée par Saryon il y a maintenant un peu plus d'un siècle.
Barde aux capacités vocales étonnantes, il fut parmi les premiers à s'intéresser aux apports possibles de la magie dans le domaine de la voix, jusqu'à développer les rimes entrelacées. En effet, il s'agit de développer par la magie un deuxième réseau de cordes vocales parallèle au réseau originel et propre à tout être ; le plus dur consiste bien entendu à l'apprentissage délicat de la maîtrise de ce nouvel instrument. La légende veut que Saryon soit resté quasiment aphone plusieurs années avant de réussir à mettre au point ce qui fut le plus gros pari de sa vie, mais peut être aussi le gain plus remarquable.
Ainsi, par le contrôle des vibrations, du larynx, et de cette double voix, il est rendu possible de chanter à deux voix, de parler pendant le chant, de chanter en parlant, certains bardes allant jusqu'à créer deux voix complètement différentes, comme l'une masculine et l'une féminine. D'aucuns diront que c'est la version humaine du chant des sirènes
Pratique donc complètement sarelienne, et très exclusive, les rares bardes qui la maîtrisent (tout au plus une centaine de part le monde) n'en sont que plus fameux, mais leurs services demeurent généralement humbles, et destinés au peuple. On se souvient encore de la fureur provoquée chez le roi Kaldar d'Ar'Lumn, lorsque, invité à la cour pour donner spectacle le soir-même, Aseroth, petit-petit-neveu de Saryon, refusa d'y jouer, pour la simple et bonne raison qu'il avait déjà promis à un petit village lumnien d'animer sa nuit. Malgré les années écoulées depuis, il n'est toujours pas le bienvenu dans le pays…

Extrait de Barderie et Magie, par Naë'Marni.