Kimora, la Belle de la Mer




imora est une ville qui n'a pas d'équivalente en Oneira. Elle est affublée de nombreux qualificatifs, plus ou moins élogieux selon le contexte : l'Antre du Plaisir, la Capitale de la Perversion, la Corrompue, voire même la Grande Prostituée. Les autorités de la ville cherchent bien entendu à promouvoir l'appellation "Belle de la Mer" qui fait référence tant à son aspect qu'aux les splendeurs (de toute nature) que l'on peut s'y procurer…

es qualificatifs tiennent à la particularité de Kimora : outre une puissante ville marchande, à l'instar de ses concurrentes Dir'Arch et Sheloka, Kimora est aussi la ville où se trouvent le plus grand nombre d'établissements divers et variés dédiés aux plaisirs, quels qu'ils soient ; de plus tout l'éventail possible et imaginable est disponible, permettant à un roi comme à un modeste artisan de se procurer ce qu'il désire - le prix et la qualité variant évidemment dans des proportions inimaginables.

e commerce du plaisir a deux faces : la première concerne les activités absolument licites, soit la production et la vente de produits de luxe ; la seconde est constituée de toutes les activités moins avouables et souvent criminelles.

imora est réputée pour son industrie du luxe : parfums, allant du bas de gamme aux plus subtiles senteurs, onguents et pommades diverses, vêtements précieux qui varient d'année en année et que tout personnage important de l'Ar'Kahargal voire d'ailleurs se doit de porter, meubles et objets décoratifs hors de prix, animaux de compagnie étranges et bijoux de grande qualité ne sont que quelques exemples parmi des dizaines d'autres.
Les personnages fortunés viennent de très loin pour se procurer ces marques de leur statut.

a nuit, de nombreux quartiers de Kimora sont plus vivants encore que la journée en raison des fêtes organisées dans les palais et dans les immenses salles de réception, de concert ou les théâtres dont la ville regorge. Les artistes comme les musiciens, les danseurs ou les acteurs les plus réputés s'arrachent à prix d'or et la qualité d'une fête dépend dans une bonne mesure de la qualité des artistes qui s'y produisent - mais aussi du cadre, de l'identité des invités présents, de la saveur des mets servis…

e temps fort de l'année est le Festival de Kaben, du jour d'eilë à celui de lynë du mois de sameï. Durant cette semaine, rien ne change pendant la journée. En revanche, dès que le soleil se couche et jusqu'à l'aube, tout est différent. Hormis à l'intérieur des parties privées des demeures, le port d'un déguisement (souvent un grand manteau, d'où le nom du Festival) et d'un masque est de rigueur : ceux qui ne s'y plient pas se voient refuser l'accès à toutes les fêtes et exclure de la vie nocturne. Et à vrai dire se promener sans masque dans certaines rues peut entraîner des conséquences plus fâcheuses encore.
La semaine du Festival de Kaben est celle de toutes les folies : toutes les fêtes sont ouvertes à tous, sans droits d'entrée et sans invitations ; mais la plupart des fêtes sont secrètes et dures à trouver. Les plus recherchées ne sont d'ailleurs pas toujours celles qui ont lieu dans les plus beaux palais et certaines, qui ont lieu dans des quartiers peu recommandables, sont extrêmement réputées dans la très haute société de la cité. Le Festival de Kaben symbolise en cela l'unité de Kimora, lorsque luxe et luxure s'entrelacent et lorsque marchands et truands se retrouvent sans se cacher.

'autre face de Kimora est plus sombre, pas toujours légale et parfois dangereuse. Ce versant interlope concerne bien entendu toujours le domaine du plaisir, sous des formes différentes : trafic de drogues, alcools et fumées, marché noir où se procurer des denrées très rares, jeux d'argent divers et variés, prostitution de toutes natures, etc.
Ces activités se mêlent de manière complexe au commerce légal du plaisir. Des rumeurs - persistantes - prétendent que certaines familles de marchands seraient très liées à des guildes criminelles ; à vrai dire l'on entend même parfois dire que certaines familles marchandes ne sont que des paravents pour des chefs de guildes particulièrement influents.
Officiellement, bien entendu, il n'y a pas de lien entre les marchands et les guildes qui contrôlent les trafics louches ; mais force est de constater que l'Assemblée marchande, dans laquelle siègent les chefs des familles marchandes, ne cherche pas à assainir les activités de la ville ou à éliminer les guildes, ce qui peut amener à penser que les guildes ont, d'une manière ou d'une autre, la capacité d'influencer la politique de la ville.
D'aucuns estiment même que quelques chefs de guilde seraient les véritables maîtres de la cité ; selon eux, loin de se cantonner aux activités souterraines, les guildes recevraient des parts des sommes gagnées dans de nombreux établissements licites et leurs dirigeants manipuleraient véritablement les factions de l'Assemblée. Les autorités de Kimora ont toujours démenti ce type de propos.

uoiqu'il en soit, Kimora est une ville resplendissante, y compris dans les quartiers où la présence d'une jeune fille de bonne famille est incongrue, sinon malavisée. En effet tous les habitants ont à cœur de montrer que leur cité est la plus belle de tous les ports d'Oneira et décorent pour ce faire les faces des maisons, les toits et les rues. Les décorations les plus caractéristique consistent en des incrustations de pierres précieuses diverses et de dorures, autour des portes et sur les toits en général, voire sur tout le bâtiment dans le cas des édifices publics et des palais. La rareté des pluies évite que ces ornementations se détériorent.