Le culte de la Mort




e Culte de la Mort fait fonction de culte officiel du Dye'Nelya. Son siège, le Grand Temple de la Mort, est à Illéranyne, sur l'Île Emy. Le culte a imprégné profondément les mentalités et les comportements du pays, et nombreux sont ceux qui ont émigré au Dye'Nelya pour se convertir au culte - c'est d'ailleurs le cas de la Haute Prêtresse actuelle, Emyna.
Les adeptes de ce culte célèbrent le passage de vie à trépas et honorent la Déesse du Passage. Le mode de Passage normal, pour ce culte, est la mort naturelle, et le dogme est l'acceptation consentie de la venue du Passage. Les prêtres ont pour but essentiel de permettre à ceux qui vont mourir de le faire dans de bonnes conditions, sans souffrance, et sans regret. Il faut que le passage soit serein, et les adeptes du culte ont accepté d'avance l'idée de leur propre mort, ce qui leur permet de profiter pleinement de la vie. En effet, un proverbe fréquemment cité par un prêtre de la Mort est le suivant : "la peur de la mort est un obstacle à la vie". Les prêtres de la Mort aident aussi ceux qui ont perdu un être cher à surmonter leur douleur, car la douleur d'une personne que l'on a chéri trouble l'âme de celui qui Passe.
Les pratiquants du culte respectent profondément la Mort, considérée comme le terme nécessaire de la vie, qui seule permet le déploiement de l'âme. Mais ils refusent de considérer la mort comme une fin en soi et respectent profondément la vie, qui doit être assumée jusqu'au moment où la Mort vient délivrer l'âme naturellement afin d'assurer un passage sans heurts. Pour cette raison, la mort d'un enfant donne souvent une atmosphère de tristesse dans un village ; le culte considère que l'âme d'un enfant mort précocement se réincarne dans un des trois animaux sacrés du Dye'Nelya : les hiboux, les pégases et les licornes.
Une âme troublée lors de son Passage risque de devenir un spectre, et ne jamais parvenir à passer. C'est pour cette raison que le meurtre est réprouvé absolument par le culte. Le suicide rencontre une compréhension plus grande des prêtres, mais qui n'en est pas moins désapprouvé - les rares suicides de prêtres ont par contre toujours été vraiment condamnés. Par contre, le prêtre de la Mort peut, s'il est impuissant à soulager les souffrances physiques d'un être qui lui réclame la mort, faciliter le passage de celui-ci.
Les prêtres rencontrent souvent, hors du Dye'Nelya, l'hostilité, en raison de leur acceptation paisible de la mort et de leur refus de la souffrance. Ce sont en effet les deux traits majeurs qui se retrouvent, au-delà du culte, dans le Dye'Nelya tout entier : la vie se déroule calmement, jusqu'à la mort, qui est rarement hâtée. Ce comportement rencontre l'assentiment, dans certaines contrées, de ceux qui voient là une profonde sagesse.
Le culte est assuré aussi bien par des hommes que par des femmes, bien que celles-ci soient les plus nombreuses. En effet, la femme représente dans le culte la stabilité, la permanence et la sérénité, alors que les hommes sont associés au changement, à l'énergie, à l'agitation. Cela explique que les prêtres soient généralement itinérants, dirigeant leurs pas à travers tout le pays, ou à travers Oneira, tandis que les prêtresses s'occupent des temples, des lieux de culte, et remplissent des tâches diverses au Dye'Nelya, comme l'éducation des enfants. De même, le culte est toujours dirigé par la Gardienne du Culte, aujourd'hui Emyna.
Les prêtres du culte disposent de pouvoirs spécifiques, comme le don de parler avec les morts afin de leur permettre d'achever leurs travaux sur Oneira, ou de permettre aux vivants d'accepter le deuil, ou bien celui d'effacer les souffrances. Des légendes, qui courent dans d'autres pays, attribuent aux prêtres d'autres pouvoirs mystérieux, mais qui restent à l'été de légendes. Le plus grand pouvoir des prêtres semblent bien résider dans leur formidable capacité de compassion et d'apaisement.
Il faut noter que le culte n'exclut aucune race - les sagittaires, les eyrines, notamment, pratiquent beaucoup ce culte. Tous les ans, la nuit de lynï romel et d'eilë bomel, se tient la Fête des Morts : tous rendent hommage aux morts, individuellement ou dans des cérémonies comme la marche aux flambeaux. On dit que, cette nuit-là, une personne chère disparue peut revenir, jusqu'au matin, revoir celui ou celle qui l'attend.


Conditions d'admission


N'importe quel individu a le droit de postuler l'admission dans un temple, quel que soit son âge, son sexe, sa race, l'endroit dont il est originaire. Par contre, il y a une condition minimale pour pouvoir suivre l'apprentissage de la prêtrise : le neven doit être examiné par un prêtre qui, au terme d'un entretien qui prend parfois presque la forme d'un examen psychologique, décide ou non d'autoriser le neven à poursuivre son apprentissage.
Seuls peuvent devenir prêtres ceux qui ont déjà fait l'expérience de la souffrance qu'amène la mort d'un être cher. En sont écartés aussi ceux qui sont jugés trop instables pour se conformer aux lois du culte.
Le problème de la motivation ne se pose pas : personne n'a jamais essayé de rentrer dans ce culte simplement pour y trouver un couvert et un toit, le gîte et le couvert étant offerts à toute personne en ayant besoin.

Apprentissage du neven


Pour devenir neven, l'apprenti doit savoir lire, écrire ; il doit apprendre les prières qui apaisent les morts, les fondements du culte, et les réponses que le neven fait au prêtre lors des grandes cérémonies rituelles (la Fête des Morts notamment). L'apprenti neven doit aussi savoir préparer un mort à l'inhumation ou à l'embaumement. Enfin, il doit apprendre les rudiments de l'art de guérir les maladies bénignes, les plaies superficielles, les fractures, etc.
L'apprentissage dure au minimum un an, et peut durer jusqu'à trois ans. Lorsqu'il est jugé apte à devenir neven, il est intronisé au cours d'une cérémonie où l'apprenti doit se dépouiller de ses passions.

Apprentissage du Prêtre


Le neven est ensuite confié à un temple, ou attaché à un prêtre itinérant. Il suivra avec eux, s'il y est reconnu apte, l'enseignement de la prêtrise. Le neven est chargé d'assister les prêtres lors des cérémonies importantes, et peut se voir confier des tâches subalternes lorsque les prêtres ne peuvent les remplir eux-mêmes. Il est aussi fréquemment délégué dans des villages ne disposant pas d'un temple, ou auprès d'une horde de sagittaires ou d'eyrines, pour s'enquérir de la bonne marche de la communauté - il y remplit là, une fois par semaine, des fonctions de médecin, de conseiller, si besoin est.
Le neven qui y est autorisé apprend les bases des pouvoirs des prêtres. Il doit savoir apaiser les vivants, les mourants et les âmes des morts. Il apprend à voir les spectres, à leur parler, à se protéger d'eux. Il apprend à guérir les maladies mortelles et prématurées, à soigner les blessures, et plus généralement tout ce qui cause de la douleur physique ou morale. Et, finalement, il apprend à ouvrir le Passage à l'âme d'un mort. L'apprentissage du prêtre peut durer de nombreuses années. Lorsque l'instructeur juge le moment venu, le neven affronte les épreuves du culte.

Epreuves de la Mort


Les épreuves que doit passer le neven pour devenir prêtre sont au nombre de trois, et suivent un ordre précis. Le neven doit d'abord montrer ses capacités à remplir les fonctions d'un prêtre - il s'agit d'utiliser des pouvoirs de guérison, de communication avec les âmes des morts.
Si le neven mène à bien cette série de petites épreuves, il est envoyé dans le monde, où il doit trouver un spectre et l'amener à accepter sa mort. Cette épreuve se déroule le plus souvent au Dye'Nelya, et est sous le contrôle d'un prêtre chevronné. Cette épreuve peut prendre des années, car il faut trouver un spectre, puis le convaincre et l'apaiser, ce qui peut nécessiter de remplir des tâches précises.
Enfin, si le neven triomphe de la deuxième épreuve, il peut affronter la troisième, de loin la plus délicate - c'est pour cela que seuls ceux qui sont jugés capables de l'affronter peuvent se préparer à ces épreuves. Le neven rentre au Dye'Nelya et doit faire le deuil de son existence passée : l'accession à la prêtrise exige de faire son propre deuil et se présente comme une forme de renaissance. Il ne s'agit pas d'oublier son passé, mais de se défaire de ses peurs, de ses blessures, de ses souffrances, afin de devenir un nouvel être, serein, capable d'affronter sa mort comme celle de tout autre être. Il arrive que certains meurent lors de cette épreuve, ou deviennent fous, mais c'est assez rare, grâce à la sélection préalable. Il est néanmoins avéré qu'un humain normal ne peut passer cette épreuve sans avoir suivi le patient apprentissage des prêtres de la Mort.

Sorts et apanages


Note : Sont présentés en italique les sortilèges anciens qui avaient été oubliés volontairement par le culte, et qui ont été exhumés par Omaya ; ces sortilèges procèdent d'une philosophie différente de celle du culte normal.
Guérison mineure de Melya'Nha : Le prêtre, par l'imposition des mains placées sur une blessure physique extérieure, parvient à soigner une partie de cette blessure. Dans le cas d'une hémorragie, par exemple, le volume de sang perdu par minute décroît. Ce sortilège ne peut pas guérir entièrement une blessure, hormis les plus bénignes (une simple égratignure), et reste très limité. En effet, seule la partie en contact avec les mains du prêtre est affectée (dans un rayon d'environ une entaille), et la douleur ne disparaît pas. Le sortilège ne peut donc rien pour les blessures internes, souvent plus graves. Enfin, il n'est que temporaire : l'amélioration prend fin au bout d'un certain temps (en fonction des capacités du prêtre), et passé ce délai, si la blessure n'a pas été convenablement soignée, son état se dégrade jusqu'à un état pire que précédemment. Ce sortilège n'est donc guère employé que dans les situations extrêmes, où l'on ne dispose pas de temps pour soigner convenablement une plaie mais où il s'agit de sauver quelqu'un.
Apaisement des souffrances physiques : Auprès d'un individu souffrant de blessures, visibles ou non, mais en tous les cas corporelles, le prêtre peut décider, si ces souffrances semblent inguérissables ou si leur guérison est douloureuse, de lancer ce sortilège d'apaisement qui fait disparaître la douleur tout en laissant subsister les blessures. Le sort n'a pas pour fonction de sauver la vie du souffrant, il n'est pas un sortilège de guérison ; il sert à purifier l'âme de la souffrance. Le prêtre se tient à côté du corps meurtri et verse sur les blessures de l'eau pure issue d'une source contenue dans une coupe d'argent, symbole de la Déesse du Passage.
Vision des souvenirs : Grâce à ce sort, un prêtre est capable de percevoir certains souvenirs d'un mourant gisant à côté de lui. Il doit pour ce faire poser sa main gauche sur le cœur du mourant et sa main droite sur son front, et se plonger dans un état de réceptivité absolue, ce qui est souvent compliqué par la situation extérieure. Le prêtre a accès à deux types de souvenirs seulement : les souvenirs les plus heureux, et ceux qui causent le plus de douleur. En fonction de l'état d'esprit du mourant (a-t-il besoin d'être accompagné par la joie ou pardonné ?), le prêtre aura accès à l'un ou l'autre type de souvenirs, et utilise ces souvenirs pour apaiser l'esprit du mourant, en lui rappelant combien sa vie fut riche ou en atténuant la souffrance causée par certains de ces souvenirs.
Convocation d'un spectre : En utilisant ce sortilège, le prêtre fait apparaître aux yeux de tous un spectre, c'est-à-dire une âme qui n'est pas passée. Le spectre se matérialise à l'intérieur d'une figure tracée par le prêtre auparavant, mais n'est en aucun cas astreint à y demeurer. Il conserve une totale liberté de mouvement, mis à part le fait qu'il ne peut pas disparaître à la vue des gens en se désolidifiant. Il lui faut, pour disparaître, que le prêtre lui ait donné congé - si le prêtre meurt avant cela, le spectre devra rester visible. Une fois le spectre conjuré, le prêtre peut lui poser une question à laquelle le spectre est tenu de répondre honnêtement ; lorsqu'il a répondu à cette question, il lui appartient de décider ce qu'il désire faire. Ce sortilège doit être lancé dans un lieu où réside un spectre, et ne peut pas appeler un spectre étranger à ce lieu.
Berceuse divine d'Addina : Ce sort plonge l'être vivant ciblé dans un profond sommeil réparateur qui efface les souffrances mentales afin de purifier l'âme. Durant le sommeil, les cauchemars ne peuvent franchir la barrière protectrice établie par le prêtre autour de l'esprit, et seuls des rêves agréables peuvent survenir. Il existe toutefois des risques ; tout d'abord, des cauchemars peuvent s'imposer à l'esprit du souffrant si le traumatisme est trop fort, ou s'il ne s'agit pas d'une souffrance mentale naturelle. Ensuite, il est déjà arrivé que le sommeil paraisse tellement agréable que l'esprit s'y dissolve ; c'est un cas rarissime, mais déjà survenu en quelques occasions. Le prêtre peut lancer ce sort très rapidement, lorsqu'il estime que l'état de la personne qui se trouve face à lui le nécessite. Durant la durée du sommeil, le prêtre est tenu de chercher des moyens de guérir les souffrances de l'esprit, car le sommeil ne guérit pas, il apporte seulement un sursis. Faire brûler de l'encens dans la chambre du dormeur garantit un réveil moins douloureux.
Appel d'une âme : A la différence de la convocation d'un spectre, l'appel d'une âme ne présente absolument aucun danger pour le prêtre ou les personnes qui sont avec lui. En effet, le prêtre fait venir une âme d'un mort qui est passé, soit une âme apaisée, qui apparaît sous la forme d'un petit nuage de brume capable de communiquer par la pensée. Ce sortilège est généralement employé par les prêtres suite à la demande d'une personne extérieure au culte : un mourant qui désire parler une dernière fois à un être perdu, voire un juge qui désire entendre la victime d'un meurtre… Mais il est assez peu utilisé, les prêtres répugnant à déranger une âme qui se trouve de l'autre côté du Passage.
Ouverture du Passage : Face à un mourant, le prêtre lance toujours ce sort afin d'écarter les brouillards de la souffrance et du chagrin de l'esprit du mourant afin qu'il puisse apercevoir la voie vers la Mort. Il permet ainsi au mourant de rejoindre Delvë, car un esprit troublé ne passera pas. Ce sort fait partie des rituels traditionnels du culte de la Mort, et n'est pas difficile à maîtriser. Le prêtre lance ce sort à proximité du mourant, en ayant une main posée sur son cœur et une autre sur son front, les deux parties du corps qui contiennent la souffrance et le chagrin.
Guérison de Cecy : Grâce à ce sortilège, le prêtre peut guérir toutes les blessures physiques ainsi que la douleur qui en découle chez une personne. Il n'y a aucune limite à son utilisation, car il ne soigne pas les maladies qui peuvent elles être la fin normale d'un être vivant ; seules les blessures sont en effet affectées, et la doctrine du culte de la Mort considère les blessures comme des agents de douleur, et non comme des moyens de passer. Les répercussions internes des blessures sont également guéries, ce qui permet de restaurer l'organisme. Ce sortilège est par contre très coûteux pour le prêtre, qui transmet en fait une partie de sa vitalité au blessé via l'imposition des mains ; il ne peut donc être employé trop souvent, ou par un prêtre affaibli, car le prêtre en ressort très affaibli, plus fragile durant un certain temps (notamment il est plus vulnérable aux maladies, ne peut pas faire de gros efforts…), et certains pensent qu'avec ce sort, le prêtre raccourcit sa durée de vie. Enfin, il ne peut être utilisé qu'à la demande du blessé lui-même, du moins avec son accord.
Messager spectral : Le prêtre doit se trouver, pour lancer ce sort, dans un endroit où il peut contacter aisément une âme morte, c'est-à-dire dans un lieu qui représente quelque chose de particulier pour une âme morte (lieu de la mort de quelqu'un ou tout autre endroit qui représentait beaucoup pour une âme de son vivant, en bref, tout lieu émotionnellement très connoté pour une âme morte). Il est indifférent de savoir si cette âme est ou n'est pas passée, mais les prêtres préfèrent toujours déranger le moins possibles les âmes apaisées qui se trouvent de l'autre côté du Passage, et ont donc tendance à rechercher pour ce sortilège des âmes non apaisées, et ce d'autant plus que ce sortilège peut apaiser, parfois, certaines âmes, ne serait-ce qu'un peu. Par contre, l'âme ne doit pas être animée d'impulsions négatives car le prêtre doit discuter avec elle et elle doit accepter d'elle-même la mission qui lui est proposée. Le prêtre trace une forme sur le sol, au moyen d'un bâton consacré ; cette forme, même si elle n'est pas forcément matérialisée, définit le cadre dans lequel évolue l'âme que le prêtre convoque grâce à des incantations peu classiques. En effet, il doit convoquer l'âme dans la seule forme tracée : elle ne pourra pas en sortir, et inversement, rien ne pourra y rentrer ou l'attaquer. Une fois l'âme invoquée, le prêtre lui demande de transmettre un message pour son compte. L'âme a la possibilité de refuser, auquel cas elle retourne de là d'où elle a été tirée ; le prêtre peut proposer à l'âme un marché pour acheter son adhésion (par exemple, la bénir ensuite, ou accomplir quelque chose qui l'apaiserait, etc.). Lorsque l'âme accepte, elle pourra partir sur le champ, entourée d'un globe de protection magique qui empêchera les attaques physiques (les attaques magiques puissantes ne seront guère affectées) de l'atteindre. Lorsque l'âme aura transmis le message, elle retournera d'où elle vient. On recommande l'utilisation de ce sortilège dans les situations où un messager traditionnel serait incapable de mener à bien sa tâche (dans un château assiégé par exemple) ou pour les très longues distances, les contrées inhospitalières… Il ne faut pas confondre ce sort avec les âmes interdites de Passage qui sont au service de Delvë et que celle-ci met parfois à disposition des prêtres de la Mort pour un certain temps.
Apaiser un vivant : Ce sortilège puissant permet d'apaiser l'esprit ou le corps d'un homme dont les jours ne sont pas en danger. Les souffrances mineures ne sont pas apaisées par ce sortilège, qui ne s'attaque qu'aux plus grands traumatismes, comme les blessures empoisonnées mais non mortelles, les malédictions, les folies. Sur des souffrances mineures, il n'a aucun effet. Les souffrances ne disparaissent pas totalement, mais sont suffisamment atténuées pour être supportées ; les souffrances mentales se dissolvent et les mauvaises pensées ressemblent désormais à un cauchemar terminé, ou à de vieux souvenirs. Ce sortilège présente toutefois deux contreparties ; tout d'abord, la personne affectée par ce sortilège ne pourra plus bénéficier d'un sortilège d'apaisement de quelque sorte que ce soit, pas même sur son lit de mort, et cela peut lui bloquer le Passage. Ensuite, la souffrance apaisée est en partie transférée sur le prêtre qui décharge en quelque sorte le souffrant ; la souffrance vient alors s'ajouter aux peines propres du prêtre, ce qui limite l'emploi de ce sortilège.
Bénédiction de Delvë : Ce sort doit être lancé par un prêtre sur un être avec lequel il est en contact physique (le prêtre doit poser ses mains sur les épaules du bénéficiaire du sort). L'incantation est rapide et aisée à mémoriser. Pourtant, ce sortilège est l'apanage des prêtres les plus sages, car l'incantation ne produit aucun effet sans l'assentiment de Delvë, et pour cette raison son emploi est délicat. Le prêtre demande à Delve d'écarter ou d'atténuer les souffrances que pourrait connaître l'être (qui ne peut être un prêtre du culte, les prêtres étant astreints à traiter leurs souffrances par eux-mêmes) à l'avenir, et de lui assurer un Passage serein. Delve n'accorde sa bénédiction qu'aux personnes consentantes et dignes de cette faveur, c'est-à-dire les gens au cœur pur, ne souhaitant pas la souffrance de quiconque. Le prêtre ne doit pas lancer ce sort à la légère, sur un sujet dont il n'est pas certain, car Delvë peut punir une telle inconséquence ou celui qui réclamait cette bénédiction.
Globe d'impuissance : Il existe un certain nombre de spectres violents dont l'âme se révèle impossible à apaiser ; ces échecs sont bien mal acceptés parmi les prêtres du culte de la Mort, et ne sont confessés que lorsqu'un certain nombre de prêtres a été blessé, voire tué, en essayant de faire passer ce spectre. Lorsqu'un spectre est reconnu incapable de s'apaiser, un grand prêtre, accompagné de trois assistants, est chargé d'invoquer un globe d'impuissance, qui va emprisonner le spectre dans un espace restreint d'où il ne peut espérer sortir et à l'extérieur duquel il ne peut agir. Le globe est donc un moyen d'empêcher le spectre de nuire à quiconque. Utilisé comme solution intermédiaire, avant le Bannissement, le globe d'impuissance est préféré par les prêtres car ils conservent l'espoir que le spectre finira par trouver le repos, tandis que le Bannissement écarte à jamais cette possibilité. Cela est arrivé en effet une fois jusqu'à présent.
Bannissement : Ce sort nécessite au moins un assistant pour l'officiant. Il ne peut être lancé que par un prêtre du culte puissant, et uniquement dans certaines conditions précises ; jeter ce sort s'il n'était pas nécessaire de le faire peut entraîner la déchéance d'un prêtre. Ce sort bannit définitivement un spectre ou toute autre sorte d'âme en peine qui trouble les âmes qui tentent de passer, ou qui causent du mal à un mourant, voire poussent un vivant vers la mort prématurément. Avant de songer à le lancer, les prêtres doivent chercher à apaiser le spectre de toute autre façon, car le Bannissement est la punition ultime, dans la mesure où l'âme en peine est condamnée à errer sans pouvoir sur le monde et sans espoir de Passage pour l'éternité. Lancer ce sort n'est donc et ne peut être qu'un dernier recours. Le prêtre qui officie doit tracer les symboles adéquats sur le sol, donc un cercle au centre duquel il se place ; il commence alors son incantation, qui dure une heure. Le spectre ne pourra pas franchir le cercle tracé. L'officiant doit bénéficier du concours d'un assistant, Prêtre de la Mort lui aussi, qui lui donnera le répons. L'assistant sera lui exposé aux maléfices du spectre, qui peuvent être tant de nature physique (attaques, projectiles, etc.) que mentales (insultes, mensonges, etc.). C'est pourquoi l'assistant doit être un prêtre endurci.
Malédiction d'Immortalité : Ce sort, l'un des plus terribles qui puissent être jetés sur quelqu'un, n'a été exhumé que très récemment et reste aujourd'hui encore très secret. La plupart des Grands Prêtres de la Mort ne soupçonnent même pas son existence. Cette malédiction ne peut être lancée qu'envers une personne qui aurait tenté de détruire le culte, de causer du tort à Oneira, ou qui aurait porté un préjudice immense à un peuple en particulier (par exemple, un chef de guerre qui aurait voulu anéantir un peuple tout entier) ; selon les textes obscurs sur lesquels ce sortilège a été retrouvé, Addina, déesse qui reconstruit les âmes, Delvë, Déesse du Passage et Neda, la Mort, doivent toutes trois donner leur accord à cette malédiction, et elle échouera si une seule d'entre elles s'y déclare opposée. La malédiction ne nécessite pas d'assistant, tant elle nécessite le secret le plus absolu - en effet, même si elle n'est pas acceptée par les déesses, elle garde un certain effet en condamnant l'âme du maudit à errer toute l'éternité comme une âme en peine, sans espoir de rédemption, un châtiment déjà terrible. La Malédiction d'Immortalité condamne un être reconnu comme ignoble par les déesses à l'immortalité ; mais cette immortalité (l'être ne mourra pas de vieillesse et ne pourra être tué, même si ses blessures sont terribles) n'est pas à voir comme une bénédiction. En effet, la personne vieillira indéfiniment, jusqu'à devenir un être absolument incapable de se mouvoir, de parler, voire de penser ; pourtant, elle gardera assez de lucidité pour prendre conscience de son état et de la souffrance qui la ronge, la souffrance de l'odieuse vieillesse. Rien ne pourra en outre lever cette malédiction, et la magie (sous toutes ses formes, même venant d'autres dieux, à l'exception peut-être de Délomaque même) sera impuissante à la lever ou à atténuer la souffrance ; de même, les sorts des Mages permettant de revitaliser le corps seront sans effet. Cette malédiction, qui condamne un être à la souffrance, a probablement été volontairement oubliée il y a longtemps par les hauts dignitaires du Culte ; elle a été récemment retrouvée par Omaya, l'assistante d'Emyna. D'après les recherches discrètes lancées par cette dernière, cette malédiction n'a encore jamais été proférée envers quiconque - ce n'est pas elle qui a été employée contre Illénira et autres maudits par le destin.
Accomplissement de la destinée : Ce sort est l'apanage des seuls grands dignitaires du culte, soit moins de cinq personnes par génération. Il est d'emploi délicat, et pour cela seuls les plus sages y ont accès. En outre, il réclame la médiation de Delvë, la Déesse du Passage, et l'on estime que les simples prêtres courent là un danger, non sans raison. Le prêtre, assisté de cinq acolytes disposés en étoile dont le rôle est de psalmodier des prières afin de permettre à l'officiant un contact plus rapide et plus facile avec la Déesse, se livre à un rituel dont la durée est approximativement d'une heure. Durant ce rituel, il verse autour de lui un élixir (dont la composition est tenue secrète par les prêtres du culte), et petit à petit les vapeurs qui se dégagent du sol le plongent dans une transe et le prêtre expose sa requête à la déesse. Il doit se trouver à ce moment-là dans un lieu très chargé émotionnellement pour l'âme en peine. Si la déesse accède à la demande, le prêtre sombre dans un coma profond, et les acolytes doivent alors veiller sur lui. A ce moment-là, l'âme en peine se voit accorder par la déesse l'occasion d'accomplir ce dont elle a besoin pour s'apaiser et gagner l'accès au Passage. L'âme en peine sera rappelée par Delvë une semaine au plus tard après l'accomplissement du rituel, et elle quitte Oneira aussitôt sa destinée réalisée. Lorsque l'âme en peine quitte Oneira, le prêtre sort de son coma. Si l'âme en peine, au terme du délai imparti, n'a pu accomplir sa tâche, elle n'aura plus d'occasion car ce sort ne peut être employé qu'une fois par âme en peine. Lancer ce sort réclame de la part du prêtre une grande sagesse. En effet, il lui appartient de déterminer si l'âme en peine mérite cette deuxième chance ; il doit donc tenter de cerner les intentions du spectre, qui ne doivent pas être mauvaises (c'est-à-dire que la tâche ne doit pas impliquer la souffrance voire la mort d'une tierce personne). Si le sort est invoqué au bénéfice d'un spectre maléfique, en effet, Delvë refusera d'accorder sa grâce et pourra châtier le prêtre à la mesure de sa faute. C'est pour cette raison qu'un grand discernement est nécessaire, et que les prêtres qui ont employé ce sort ne l'ont fait qu'au terme de longues discussions avec le spectre.

Hiérarchie du culte


Le Culte est relativement peu hiérarchisé, les échelons les plus hauts ayant beaucoup moins de pouvoir sur les plus bas que dans d'autres cultes. A dire vrai, la hiérarchie est un concept extérieur au culte - comme au Dye'Nelya -, celui-ci ayant une conception très égalitaire des rapports humains ("Tous égaux devant la Mort comme dans la Vie"), et cela se traduit par des incertitudes au niveau de la définition des compétences et de la nomenclature.
A l'échelon de base se trouvent l'apprenti, le neven, puis le prêtre, qu'il soit itinérant ou sédentaire (soit homme ou femme). Plus haut, deux niveaux de responsabilité équivalents : pour les hommes, le Grand Prêtre, qui s'occupe des activités d'un certain nombre de prêtres (ou bien en fonction du lieu où ils se trouvent, ou en fonction de critères fort divers) ; pour les femmes, la Gardienne du Culte, qui a en charge un temple, ou tout autre lieu de culte. Ensuite vient le Conseil du Culte de la Mort, qui gère les affaires du Culte (il a en charge de définir les grandes orientations, notamment en matière de relations avec les autres cultes). Il est renouvelé entièrement lors de chaque Concile (il n'y en a eu que sept à ce jour), où siègent toutes les Gardiennes du Culte et tous les Grands Prêtres ; entre les Conciles, les membres sont renouvelés lorsque untel meurt, ou est rejeté du Conseil (cas exceptionnel, puisque 90 % des membres doivent se déclarer en faveur de cela), ou le quitte de lui-même.
Le Conseil élit également le Haut Prêtre du Culte (qui est en fait plus souvent une Haute Prêtresse, ce rôle convenant mieux à la division des activités entre les sexes propre au Dye'Nelya) qui, en pratique, exerce à peu près seul le pouvoir, qui est d'ailleurs assez limité. La Haute Prêtresse actuelle est Emyna, fille de Merillos. Depuis 1021, la Haute Prêtresse est également la représentante du Culte de la Mort au Synode d'Illéranyne et la Gardienne de l'Île d'Emy. Ses fonctions ne sont cependant pas clairement définies. Il est arrivé qu'un Conseil désavoue un Haut Prêtre, comme en 1012, mais c'est un cas qui n'intervient que lors d'une crise majeure, et le Culte est généralement paisible. Il faut noter qu'Omaya, disciple d'Emyna, qui siège au Conseil, est devenue en 1033 la deuxième représentante du Culte au Synode. Son statut est de fait très ambigu.
Il faut noter que les prêtres siègent à l'intérieur des organes de "gouvernement" civils, et notamment dans les Conseil des Anciens et au Conseil du Dye'Nelya (où le Haut Prêtre a toujours une influence déterminante, mais pas un pouvoir particulier), sans y être hégémoniques. Le régime n'est donc pas une théocratie, les prêtres relevant comme tous des décisions communes. Les relations de la hiérarchie cultuelle avec le pouvoir civil n'ont jamais été juridiquement définies.
Hiérarchie sommaire simplifiée :
Apprenti
Neven
Prêtre
Grand Prêtre / Gardienne du culte
Thanaturge (membre du Conseil du Culte)
Haut Prêtre

Réglement du Temple


Ne jamais provoquer la douleur, de qui que ce soit, pour quelque raison que ce soit.
Ne jamais rechercher la violence, ni la douleur, qu'elle soit sienne ou à autrui.
Ne jamais laisser une personne dans la douleur, quelle qu'elle soit, et chercher à la soulager par tous les moyens.
Ne jamais laisser un mort sans sépulture, ni un spectre sans repos.
Dure vérité vaut mieux que pieux mensonge.
Tous égaux devant la Mort comme dans la Vie.
Le port d'armes est interdit.
Il faut noter qu'il n'y a pas de réglementation quant à la vie affective et sexuelle des prêtres, qui font leurs choix librement.

Vie quotidienne du Prêtre


Elle est différente pour les femmes et pour les hommes. Les femmes en effet sont souvent attachées à un temple, ou à un endroit, précis, alors que les hommes sont généralement des itinérants, et voyagent souvent dans des lieux où le culte n'est pas établi (qu'il s'agisse de prêtres missionnaires dans des régions extérieures au Dye'Nelya, de prêtres des tribus des sagittaires ou des eyrines, ou de prêtres voyageurs au Dye'Nelya).
Les femmes ont des tâches à accomplir quotidiennement dans leur temple, qui varient selon leurs aptitudes : elles peuvent cultiver la terre, s'occuper de l'éducation des enfants, s'occuper des futurs prêtres, guérir des malades, gérer l'intendance, entretenir des lieux, etc. La diversité des tâches est importante, et un tableau exhaustif est impossible.
La vie quotidienne des hommes est moins réglée, car elle varie beaucoup en fonction de l'endroit où ils se trouvent. Généralement, ils voyagent, et ne font escale que peu avant la tombée de la nuit - que ce soit à l'extérieur, dans une ferme ou un village (ils sont toujours très bien accueillis au Dye'Nelya), voire un temple ou un sanctuaire, etc. Durant leur voyage, ils portent secours à tous ceux qu'ils rencontrent, leur facilitant le Passage, apaisant leurs douleurs, rendant des services, etc. Lorsqu'ils ont un apprenti à leur charge, ils consacrent une partie de la journée à leur instruction. Ils peuvent aussi remplir des offices là où ils passent, etc.
La pratique cultuelle des prêtres, cependant, est sensiblement identique - mis à part le fait que les prières sont généralement solitaires pour les hommes, et collectives pour les femmes. Il y a deux grandes prières par jour, l'une au lever du soleil, destinée à honorer les âmes qui ont passées pendant la nuit (le Passage est en effet nocturne, l'obscurité permettant d'accéder à la stabilité de l'âme, alors que la lumière est par essence perturbatrice). La seconde, à la tombée de la nuit, célèbre le jour qui meurt et apaise la nuit pour permettre à la lumière de passer, et ainsi aux âmes qui ne peuvent passer lors du jour. Les prêtres arrêtent d'ailleurs leurs activités quotidiennes après la tombée de la nuit, car la nuit appartient à la Déesse Delvë, et non aux hommes.

Rôle du Prêtre


Les prêtres ont deux rôles fondamentaux : ils doivent d'abord officier - le grand office se déroule le troisième jour de chaque semaine, en soirée, les deux prières quotidiennes n'étant officiées que dans les grands temples et pour les seules prêtresses. Leur rôle social est tout aussi important, puisqu'ils sont chargés de l'éducation des enfants (et des futurs prêtres) - bien qu'une partie des élèves, les plus doués, qui poursuit ses études le fasse généralement hors du cadre du culte. Les prêtres sont aussi chargés de la justice et de la médecine (il existe bien quelques juges et médecins, mais peu nombreux, et qui ne sont appelés que dans les cas les plus graves).

Calendrier des fêtes et événements


Fête des morts : Tous les ans, la nuit de lynï romel et d'eilë bomel, se tient la Fête des Morts : tous rendent hommage aux morts, individuellement ou dans des cérémonies comme la marche aux flambeaux. On dit que, cette nuit-là, une personne chère disparue peut revenir, jusqu'au matin, revoir celui ou celle qui l'attend.
Fête des fidèles : Le jour de venvä sameï se tient une grande fête dans chaque ville et chaque village ; elle commémore l'arrivée des premiers fidèles du culte de la mort au Dye'Nelya, le refuge pour les persécutés. Traditionnellement, c'est le soir de ce jour que les jeunes gens, lorsque le temps est venu, décident de leur avenir. Ce jour-là, tous les prêtres et prêtresses du culte se mêlent à la population, car cela n'est pas une fête purement cultuelle.
Fête des amants : Le jour de mavä dalnë est la Fête des amants : conclure ses fiançailles en ce jour évite, dit-on, une mort prématurée aux futurs enfants - de fait, aucun enfant n'est jamais mort avant l'heure de parents fiancés en ce jour. En soirée se déroule d'abord une prière à la mémoire des êtres chers disparus, puis se tient un grand festin ; ce soir-là, les adolescents, à partir de leur quatorzième année, sont libres de faire ce que bon leur semble.
Fête de Delvë : La nuit où apparaît le Ciel Nouveau (Raveo'Tali), des processions aux flambeaux sont organisées, dirigées par les prêtres et les prêtresses qui mènent les fidèles jusqu'en haut d'une proche colline du haut de laquelle tous peuvent observer l'apparition de l'étoile Delvë, qui représente la Déesse du Passage, et de la constellation d'Addina toute entière.

Lieux de pèlerinage


La colline de Nym'lilya, lieu où furent massacrées de façon atroce, lors de l'occupation du Dye'Nelya par Ar'Thard, le jour de sevï frel, plusieurs dizaines de prêtresses vivant dans un grand temple clandestin du culte de la Mort, qui fut également anéanti. Chaque année, en commémoration, des prêtres viennent de tous le pays prier pour la paix de leurs âmes et celle de leurs bourreaux.
Le jour de venvä sameï se rendent, sur la plage où accostèrent les premiers occupants du Dye'Nelya, les plus hauts dignitaires du culte de la Mort.

Histoire du culte


Le Culte de la Mort est fort ancien, puisque l'on en retrouve des traces datant de l'époque qui a immédiatement suivi la Grande Guerre de l'an 0. Il semble qu'il ait été très rapidement mal accepté, puisque de grands cultes appréciaient peu cette concurrence, les pouvoirs n'aimant pas, eux, la morale particulière du culte, et beaucoup ne voyant dans celle-ci qu'un appel au meurtre ou au suicide - lorsque le culte n'était pas assimilé à un culte maléfique, ce qui est d'ailleurs possible, chez certaines minorités, comme en témoignent des peintures représentant des sorts oubliés. Les fidèles étaient alors persécutés, avec des poussées plus ou moins vives de violence (il y eut dans certaines contrées des exécutions publiques sanglantes, des massacres abominables). C'est vers la fin du troisième siècle que les fidèles du culte tentèrent de s'arracher à cette situation.
L'histoire du Culte de la Mort se confond à partir de là avec celle du Dye'Nelya. En effet ce sont les membres du Culte de la Mort qui se sont regroupés sur cette péninsule durant tout le quatrième siècle. Durant plusieurs siècles, le Dye'Nelya s'est structuré ainsi autour de son culte, et a attiré la quasi-totalité des fidèles du culte - l'organisation du pays s'en ressent d'ailleurs, puisque toutes les structures sociales sont adaptées au culte.
Vers le milieu du septième siècle, l'Ar'Thard a envahi le Dye'Nelya et l'a occupé pendant près de deux siècles. Durant deux siècles, les occupants ont tenté d'éradiquer le culte de la Mort pour le remplacer par le culte des Ténèbres, mais sans succès : la population est restée soudée autour de ce bien commun qu'était le culte. Depuis la fin de l'occupation, en 831, le culte s'est vu confirmé dans son rôle de ciment du pays.
Depuis cette époque, le culte a connu une histoire paisible, mais troublée depuis une cinquantaine d'années par la résurgence de minorités radicales au sein du culte, prônant le Passage immédiat. La crise de la secte de l'Hécatombe a probablement été réglée par Emyna il y a une vingtaine d'années, bien que des tensions fortes subsistent - ainsi la propre disciple d'Emyna serait, dit-on, favorable à certaines idées radicales.

Culte du peuple


Les fidèles du Dye'Nelya sont en général très pratiquants, quelle que soit leur race - par contre, les pratiques varient en fonction de ces races. Tous ont en commun les prières ; la prière est solitaire pour les humains, et s'effectue le soir ; elle est collective (dans le cadre d'un Clan), et se fait le matin pour les eyrines et les sagittaires. Tous doivent participer à l'office du troisième jour de la semaine, la cérémonie de l'hommage aux morts - en sont dispensés les malades, les mourants, les enfants qui ignorent ce qu'est la Mort, etc. Un respect particulier est dû aux morts, variant selon les races ; les humains les inhument, après que le prêtre ait ouvert le Passage à l'âme du mort. Les eyrines les font brûler, afin que l'âme s'envole vers les cieux. Les sagittaires les dissolvent grâce à la magie, en présence du Clan tout entier.
Le culte occupe une grande place dans la vie des habitants, car ils sont en contact quotidien avec les prêtres qui remplissent des tâches diverses. Dès l'enfance, les habitants du Dye'Nelya baignent dans le culte, et l'appartenance au culte est indissociable de l'identité de chacun. Les habitants adhèrent pour cette raison à la morale du culte, et respectent la vie et la stabilité, évitent de ressentir de la douleur, ou d'en causer - le Dye'Nelya est un pays profondément non-violent. Enfin, le peuple protège les animaux sacrés, licornes, pégases et hiboux, qui sont sensés être les réincarnations des enfants morts précocement.

Idéologie et principes


Les adeptes du culte célèbrent le Passage de vie à trépas et honorent Delvë. Le mode de Passage normal, pour ce culte, est la mort naturelle, et le dogme est l'acceptation consentie de la venue du Passage. Il faut que le Passage soit serein, et les adeptes du culte ont accepté d'avance l'idée de leur propre mort, ce qui leur permet de profiter pleinement de la vie. Pour le culte, la douleur est un obstacle au Passage, et doit être chassée au maximum - c'est d'ailleurs là une des grandes fonctions des prêtres. Le culte prône pour cette raison une morale de la sérénité.
Les pratiquants du culte respectent profondément la Mort, considérée comme le terme nécessaire de la vie, qui seule permet le déploiement de l'âme. Mais ils refusent de considérer la mort comme une fin en soi et respectent profondément la vie, qui doit être assumée jusqu'au moment où la Mort vient délivrer l'âme naturellement afin d'assurer un Passage sans heurts. Pour cette raison, la mort d'un enfant donne souvent une atmosphère de tristesse dans un village ; le culte considère que l'âme d'un enfant mort précocement se réincarne dans un des trois animaux sacrés du culte : les hiboux, les pégases et les licornes.
Une âme troublée lors de son Passage risque de devenir un spectre, et ne jamais parvenir à passer. C'est pour cette raison que le meurtre est réprouvé absolument par le culte. Le suicide rencontre une compréhension plus grande des prêtres, mais qui n'en est pas moins désapprouvé - les rares suicides de prêtres ont par contre toujours été vraiment condamnés. Par contre, le Prêtre de la Mort peut, s'il est impuissant à soulager les souffrances physiques d'un être qui lui réclame la mort, faciliter le Passage de celui-ci.
Il faut noter que le culte n'exclut aucun peuple - les sagittaires, les eyrines, notamment, pratiquent beaucoup ce culte.

Signification des symboles


La coupe d'argent représente la constellation d'Addina, la huitième enfant de Délomaque, née pour recueillir les âmes qu'elle console et reconstruit, qui est la constellation privilégiée du culte. Cette constellation comprend cinq étoiles, dont Delvë, qui représente la Déesse du Passage, et Neda, la Mort.
La licorne blanche représente le destin mené à son terme.
Le hibou blanc représente la joie des enfants.
Le pégase blanc représente la sérénité des enfants.
Le bouleau (une variété particulière au Dyye'Nelya) est l'arbre qui pousse auprès des tombes - et là uniquement. Il indique que l'âme du défunt a passé en toute quiétude.
La harpe et la flûte sont les instruments dont les eyrines et les sagittaires jouent lorsqu'ils brûlent ou immergent leurs morts, et leur musique est sensée accompagner l'âme et lui donner toute sa sérénité.

Signification des signes


L'arc-en-ciel, à l'aurore, signifie qu'une âme chère va passer sans douleur ; les prêtres considèrent que la Déesse du Passage envoie ce présage pour les âmes les plus sereines.
Un orage nocturne sans éclairs marque le courroux d'un spectre proche.
Voir une licorne, un pégase et un hibou dans un même regard indique qu'une âme d'enfant mort prématurément a achevé son Passage.
Un rideau qui se lève sans le moindre vent, lors d'une veillée funèbre, indique que l'âme du défunt a passé. Inversement, un râle sortant de sa bouche est le signe que son âme ne peut passer.
Une tombe sur laquelle se tiennent des corbeaux indique qu'il y aura de la douleur avant la fin de la journée.
La nuit de la Fête des Morts, voir une étoile filante indique d'un être cher disparu pense à vous.

Prières et chants


Chant des Vierges de la Mort :

Ô Neda faruna...
La Vierge sortit du temple clair, avança sous la bénédiction des larmes divines.
La Vierge sortit du cercle saint, avança sous la bénédiction du souffle divin.
La Vierge sortit du sanctuaire pur, avança sous la bénédiction de l'œil divin.
La Vierge marcha sous le tambour léger de la pluie,
La Vierge traversa les ruisseaux gonflés,
La Vierge foula la terre détrempée.
Doux souvenir de l'homme aimé,
Doux souvenir du regard clair,
Doux souvenir des chants souriants,
Doux souvenir des appels aimants,
Doux souvenir de celui parti un jour,
Doux souvenir de celui jamais revenu.
Ô Neda faruna...
Je marche sous la pluie donnée par les dieux.
Je marche sur la terre donnée par les dieux.
Je marche à travers l'air donné par les dieux.
Je marche et porte le feu inspiré par les dieux.
J'appelle la vague donnée par les dieux.
J'appelle le tremblement donné par les dieux.
J'appelle la tempête donnée par les dieux.
J'appelle le ravage donné par les dieux.
Ô Neda faruna...
Vague, tremblement, tempête ou ravage,
Quel sera celui qui surviendra ?
Quel sera celui qui choisira ?
Quel sera celui qui m'arrachera ?
Quel sera celui qui me délivrera ?
A jamais du souvenir de l'homme aimé, clair, souriant, aimant... parti, jamais revenu...
...
Ô Neda faruna...
La Vierge sortit du temple clair, avança sous la bénédiction des larmes divines.
La Vierge marcha sous le tambour léger de la pluie,
Doux souvenir de l'homme aimé,
Je marche sous la pluie donnée par les dieux.
Quel sera celui qui surviendra ?
Ô Neda faruna...
La Vierge sortit du cercle saint, avança sous la bénédiction du souffle divin.
La Vierge traversa l'air saturé,
Doux souvenir des appels aimants,
Je marche à travers l'air donné par les dieux.
Quel sera celui qui choisira ?
Ô Neda faruna...
La Vierge sortit du sanctuaire pur, avança sous la bénédiction de l'œil divin.
La Vierge foula la terre détrempée.
Doux souvenir de celui parti un jour,
Je marche sur la terre donnée par les dieux.
Quel sera celui qui m'arrachera ?
Ô Neda faruna...
La Vierge sortit du bois consacré, avança sous la bénédiction du sourire divin.
La Vierge chanta le feu inspiré.
Doux souvenir de celui jamais revenu.
Je marche et porte le feu inspiré par les dieux.
Quel sera celui qui me délivrera ?
Ô Neda faruna...
J'appelle la vague donnée par les dieux.
J'appelle le tremblement donné par les dieux.
J'appelle la tempête donnée par les dieux.
J'appelle le ravage donné par les dieux.
Vague, tremblement, tempête ou ravage,
A jamais du souvenir de l'homme aimé, clair, souriant, aimant... parti, jamais revenu...

Relations politiques et conflits


Le Culte de la Mort a longtemps été très mal considéré par les autres cultes, et dans tous les pays étrangers au Dye'Nelya. D'une part, son message était souvent mal interprété, de l'autre, les souverains goûtaient peu ce culte qui transformait ses ouailles en pacifiques sages ne désirant ni faire la guerre, ni produire plus que de besoin. Cette situation a d'ailleurs amené à la création du Dye'Nelya, il y a fort longtemps, par des fidèles persécutés, puis au repli presque exclusif du Culte sur ce territoire.
Aujourd'hui, les relations se sont détendues avec la plupart des autres cultes, et ce grâce à Illéranyne qui a permis au culte de la Mort de sortir du ghetto dans lequel il se trouvait. En effet, Emyna a vite joué un rôle de premier plan à Illéranyne, et le culte de la Mort s'est enthousiasmé pour cette entreprise qui correspondait d'ailleurs à ses vœux - une institution à l'échelle d'Oneira, capable peut-être d'éviter les guerres, de mieux prévenir les conflits et les épidémies, de mieux réagir en cas de catastrophes, etc.
Désormais, le culte de la mort entretient des relations neutres avec la plupart des autres cultes, voire amicales avec certains. Mais les bonnes relations sont souvent gênées par la condamnation de principe par le culte de toute forme de violence, parfois mal prise par ses interlocuteurs. Il en va de même pour les relations du culte avec les pays d'Oneira. Il faut noter que les relations avec la Magie, et l'Alakh'Sun, sont en nette amélioration depuis quelques vingt années, grâce au mariage de Firéon et d'Emyna, avec le développement d'une coopération dans de nombreux domaines.
Malgré tout, le culte conserve des relations mauvaises, voire très mauvaises, avec certains cultes, et, partant certains États. La farouche hostilité avec l'Edanel et le culte de Korin va de soi - il en va de même pour la plupart des pays et des cultes de la région. Le culte de la Mort s'oppose aussi au culte de l'Ombre, et à un certain culte des Ténèbres, la faction du Nokdar, qui promeuvent la violence, parfois gratuite, et font de la Mort, selon le culte, un usage détourné et perverti. Le culte de la Mort, qui n'est pas si éloigné parfois que l'on pourrait le croire du culte de la Vie, a cependant un contentieux irréductible avec ce dernier, qui offre à ses plus hauts dignitaires la possibilité de se réincarner ; le culte de la Mort dénonce une rupture du cycle de l'âme, et interprète cela comme une sorte de maléfice - le rapprochement entre ces deux cultes en fait moins différents dans leurs conceptions du monde qu'on aurait pu s'y attendre semble donc impossible. Enfin, depuis quelques années, la tension augmente entre le culte de la Mort et le culte du Feu (au début de 1042, un affrontement a même opposé deux temples de ces cultes au Pyrelos, faisant trois morts), pour des raisons qui n'ont pas encore été élucidées.

Densité et répartition


Le Culte de la Mort est intrinsèquement lié aux terres du Dye'Nelya, et s'y trouve quasiment circonscrit. En effet, le culte n'est absolument pas expansionniste, ne cherchant pas à conquérir des fidèles, par quelque vecteur que ce soit, puisque les deux vecteurs majeurs de la diffusion d'un culte, les relations marchandes et les guerres, sont plus ou moins absents des mentalités nelyennes. Le siège du Culte se trouve cependant à Illéranyne depuis sa fondation en 1021.
Le Culte de la Mort est, à quelques rares exceptions près, le seul culte pratiqué au Dye'Nelya. On trouve également quelques temples isolés dans diverses parties du monde, mais le centre vital du culte est bien le Dye'Nelya où se trouve l'immense majorité des fidèles (autour de 96 %). Depuis quelques années, on note toutefois une certaine progression, grâce à Illéranyne, et ce notamment en Alakh'Sun.
Généralement, ceux qui se convertissent au culte sans être originaires du Dye'Nelya viennent s'y installer - c'est le cas de la Haute Prêtresse Emyna.

Illéranyne et influence politique


Le culte de la Mort est sorti de son isolement grâce à Illéranyne, et joue désormais à plein la carte de la coopération entre les cultes et les États. Il a d'ailleurs sur l'archipel une importance qui ne se dément pas. En effet Emyna, lorsque son père, entre 1018 et 1020, l'a gardée auprès de lui au Pyrelos, a rencontré Kelwan et Illénira, avec qui elle s'est assez vite liée. Cela l'a menée, en 1021, à être une des fondatrices d'Illéranyne et d'être instituée Haute Prêtresse du Culte et Gardienne de l'Ile d'Emy qu'Illénira a suscitée, à la demande du Conseil du Culte de la Mort. Emyna siège depuis au synode d'Illéranyne, même si les problèmes actuels l'ont amenée à rester plus dans son pays ces derniers mois. Depuis 1033, Omaya est devenue la deuxième représentante du culte à Illéranyne, ce qui, d'ailleurs, a pu raviver des tensions avec certains cultes et pays, la ligne défendue par Omaya rappelant trop à certains les sombres histoires qui courent sur le culte de la Mort.
Il n'en reste pas moins que le culte de la Mort occupe désormais une place importante à Illéranyne, et la sagesse de ses conseils est appréciée. De plus, lorsqu'Illéranyne envoie une mission de médiation, il est fréquent qu'elle soit dominée par des représentants du culte de la Mort, ou du Dye'Nelya, qui réussissent généralement mieux que d'autres à apaiser les tensions.
Le poids du culte de la Mort est conséquent, dans la mesure où la Mort est un sujet qui touche tout le monde. En revanche, il ne s'agit guère que d'un poids moral et symbolique, car le poids politique du Dye'Nelya est très faible (le pays ayant peu de puissance - démographique, militaire, économique ou autre - par choix idéologique). La voix du culte et du pays sont par conséquent très écoutées, mais ils ne disposent pas des moyens pour imposer leurs vues.