Maladies connues et remèdes populaires des terres d'Oneira




Etagre  remdes, par SLo.

Baume d'aketen


Préparé à l'aide de venin d'akeryx et d'une macération de plantes nelyennes dont des feuilles de cythè et des fleurs de bruyère, ce baume est le seul remède connu permettant de soigner la morsure d'un akeryx. Il se présente sous la forme d'une pâte qui se liquéfie au contact du sang.
En cas de morsure, inciser immédiatement la peau en passant par les deux lésions causées par les dents supérieures du serpent, et en les dépassant d'au moins deux entailles de chaque côté. L'incision doit être profonde d'au moins une entaille (une et demi au mieux) : il vaudra mieux réaliser une incision trop grande et profonde que pas assez, et y appliquer autant de baume d'aketen que possible. Généralement, un flacon de baume contient la quantité optimale de remède à appliquer. L'incision, et surtout l'application du baume sont très douloureuses. Dans le meilleur des cas, cette opération causera une paralysie temporaire (un à deux jours) de la zone blessée (une morsure au doigt peut, par exemple, causer la paralysie de tout le bras). L'efficacité du baume peut facilement être observée dans les deux à cinq minutes suivant son application : si son effet est concluant, toute souffrance disparaîtra. Toutefois, une légère douleur pourra être ressentie au fur et à mesure de la disparition du phénomène de paralysie. Si le baume n'a pas été suffisamment efficace, la mort intervient dans les cinq minutes suivant la morsure. Dans le cas d'une morsure ayant directement touché une veine (cheville, poignet, cou...), la mort est généralement inévitable.

Extrait des Annexes à la Fiole pourpre, par Ob-Lillia.

Cauchemars


Les cauchemars sont un mal qui frappe tout un chacun à certains moments de la vie, marqués par des peurs refoulées, des conflits intérieurs, une mauvaise digestion, un quelconque inconfort, etc... Ils peuvent être terribles et très effrayants, susciter des angoisses dans la journée, et modifier le comportement.
Généralement, je conseille pour les éviter la prise d'un bon chou sous forme de tisane, additionné de sauge. Prenez une cuillerée avant le coucher, et ce durant au moins trois jours.
Un autre remède consiste à boire pendant la nuit de petites gorgées d'un verre d'eau dans lequel vous aurez versé quatre gouttes de sirop de mûres, ou encore à placer près de son lit une petite poignées de feuiles de seve-iste.
Toute personne sensée prendra également le temps de se remémorer son cauchemar pour tenter de comprendre une origine qui ne pourrait se soigner par les moyens traditionnels : peut-être est-il temps de tenir une conversation avec son entourage, ou d'aller faire une offrande au temple afin de rendre la paix à son esprit.

Extrait des Enseignements du sage Num-Yolner.

Fiole  ceinture, par Anne.

Colique


Colique, diarrhée, ou encore "courante" ou "trouille" , à chacun son expression pour qualifier ce mal gastrique bien à même de vous gâcher les plus plaisantes soirées, les plus charmantes promenades romantiques en forêt, ou les voyages les plus agréables, mais aussi n'importe quelle journée de la vie quotidienne.
Afin d'être tranquille, je vous recommande donc une bouillie faite de semoule de blé cuite dans de l'eau (parfumée d'une feuille de laurier et d'un peu de sucre), à laquelle on ajoute après cuisson un verre d'argile verte diluée (trouvable dans toutes les bonnes herboristeries, ou apothicaires). Le mélange ingéré, il se dépose rapidement sur les parois de l'estomac ; le sucre et le blé calment l'irritation de la membrane stomacale tandis que l'argile crée un pansement gastrique qui empêche d'autres débordements impromptus.
Remède efficace, simple, et surtout pratique, puisqu'il se conserve très bien dans une fiole ou une flasque de voyage, à emmener en déplacement afin de partir l'esprit tranquille.

Extrait des Secrets des Maisons de Guérison, par Num-Narmin.

Engelure


Les engelures sont provoquées par le froid. Elles se présentent sous forme de nodules rouges ou violacés donnant lieu à d'intenses douleurs mêlées à des brûlures, le plus souvent sur les mains, les pieds (dans ce cas les bains de pieds dans 1l d'eau où vous aurez fait bouillir du céleri sont très recommandables), le nez, les joues, les oreilles... Les engelures s'ulcèrent parfois, ce qui les rend incurables la plupart du temps, causant de graves infections et laissant des cicatrices indélébiles. Lorsque vous devez sortir dans une région froide, les meilleurs garants contre les engelures sont les vêtements et le mouvement : faire travailler ses articulations favorise la circulation et empêche la prise du froid.
Plusieurs remèdes sont possibles pour le soin des engelures. La décoction : faire bouillir pendant 20 minutes 16yk. de feuilles de noix dans 2dm. d'eau, et faites-en des bains tièdes tous les soirs, ou faire cuire à feu doux 3,5yk. de feuilles de bouillon blanc dans 7m. d'huile d'olive et faites-en des applications tous les soirs. La pommade : Faire une pommade de 20 marrons de faux-chataîgnier bouillis dont vous enlèverez la peau et ferez une bouillie. Appliquez et entourez d'une bande légère.

Extrait des Enseignements du sage Num-Yolner.

Faiblesse


Je vous propose trois "remèdes" pour venir à bout de la faiblesse dûe à une fatigue générale. Ce sont trois vins médicinaux.
On obtient le premier en mettant dans un pot de verre à fermeture hermétique trois quarts de myrtilles fraîches et un quart de sucre. Chaque jour, pendant 2 ou 3 semaines, exposez le pot au soleil et agitez-le au moins une fois par jour. Filtrez ensuite et versez-le dans une bouteille. Un petit verre avant chacun des principaux repas fera l'affaire.
Le second vin est à base de rhizome de rhubarbe séchée : trouvez-en 20yk., hachez-les, puis versez-les dans un mortier avant de les réduire en poudre. Versez ensuite 4m. d'alcool à 90° et mélangez bien. Fermez et faites macérer pendant 10 jours. En même temps, versez dans une autre bouteille 8bm. de vin rouge (de préférence vieux), ajoutez 3,5k. de sucre et un fruit de seveilan bien pressé. Après avoir filtré le contenu des deux bouteilles, mélangez-les. Laissez reposer le tout pendant 30 jours environ avant de le consommer à raison d'un petit verre avant chacun des repas.
Le troisième vin, le plus extravagant, est celui des feuilles de romarin : prenez 25 feuilles de romarin et mélangez-les à 20 feuilles de sauge. Faites-les macérer pendant une journée entière dans un 4bm. de bon vin rouge. Après avoir rajouté 3,5yk. de miel, faites chauffer le récipient au bain-marie pendant 20 minutes environ. Puis, mettez les récipients de côté et laissez refroidir. Filtrez et transvasez le vin dans une bouteille. Un petit verre à la fin de chacun des repas principaux est indiqué ici.

Article de Eg-Elevan, paru dans la Gazette Oneirienne n°2, lynä melda 1042.

Le fléau-noir, stagnisme ou mondite


Redoutable maladie à caractère épidémique, le stagnisme, plus volontiers connu sous son surnom de fléau-noir, est à l'origine d'innombrables tragédies dans l'histoire oneirienne. Découvert - ou redécouvert - en 124 par l'alchimiste et médecin Num-Cefaen, le stagnisme fut initialement nommé syndrome de Mondus ou mondite, car on en attribua faussement la cause au lac Mondus duquel revenait le premier patient qui présenta les signes de la maladie.
Affection en partie magique, le stagnisme ne touche ni les Clans, ni les créatures magiques, mais il s'abat férocement sur les populations humaines, naines et badilimes, encore que ces deux dernières en souffrent moins et connaissent de plus grandes chances de survie que les hommes pour lesquels la maladie est le plus souvent mortelle et laisse toujours des stigmates indélébiles. En dépit de nombreuses recherches, la cause de la maladie demeure inconnue, mais sans doute prend-elle racine dans quelque anomalie magique, ce qui tendrait à expliquer pourquoi les plus sévères épidémies frappent en premier lieu l'Alakh'Sun, et en second toutes les régions où les poches et les courants magiques sont les plus denses, à l'instar de Mar'Ev'Syra ou du Mirëli. Inversement, l'Edanel a presque toujours été épargné par le stagnisme, sauf au cours de la terrible épidémie qui débuta en 440 et ne s'acheva qu'en 444 après avoir touché pratiquement toutes les régions d'Oneira.
Le stagnisme survient brusquement et se manifeste en premier lieu par l'apparition de plaques rouges sur les bras et les jambes, occasionnant de fortes démangeaisons. Un symptôme supplétif, plus délicat à observer, sinon chez les patients coutumiers de l'utilisation de la magie, révèle de fortes perturbations dans l'usage et le ressenti de la magie. Dès le lendemain de l'apparition des premières plaques rouges, d'autres manifestations de la maladie surviennent : fatigue, maux de tête sévères, vomissements intenses, courbatures et fièvre sont presque systématiques, sauf chez les nains qui ne souffrent ni de fatigue, ni de courbatures. Dans le même temps, aux démangeaisons causées par l'irruption cutanée s'ajoute une douleur vive apparentée à une brûlure. L'ensemble des symptômes consume très vite les forces du patient qui ne parvient plus à s'alimenter et se trouve terrassé par la faiblesse et la douleur.
Cette première phase de la maladie, souvent mortelle chez les populations les plus fragiles (les enfants et les adolescents, les personnes âgées ou souffrant déjà d'autres maladies), peut durer jusqu'à une semaine, après quoi les rougeurs initialement apparues brunissent, puis noircissent. La peau flétrit et sa sensibilité s'accroît au point que le patient ne tolère pas le plus petit effleurement, ni même le poids d'un drap ou d'un linge humide. Le plus léger contact suffit à déchirer la peau. Toutes les zones du corps grattées par le patient virent au noir également et continuent de démanger, conduisant certains malades à la folie. Les lacérations et les mutilations ne sont pas rares, si on n'entrave pas le patient, et le guérisseur se verra bien souvent contraint par la force des choses d'attacher les bras et les jambes du malade aux coins de sont lit d'agonie.
Lamine noire en cours de solidification, caractristique du flau-noir, ou stagnisme.Les plaques noires, nommées lamines, doivent faire l'objet de toutes les attentions, encore que rares sont les moyens de soulager les tourments qu'elles infligent. La pulvérisation d'eau d'ysanet purifie et assainit légèrement les plaies sans atténuer les démangeaisons ni la douleur, mais il semble qu'elle fasse reculer légèrement le risque de septicémie, une autre cause de mortalité du stagnisme. Il conviendra de veiller également à la cicatrisation des plaies, car la coagulation, entravée par la maladie, échoue à se faire dans les zones laminaires : les hémorragies externes ou sous-cutanées sont courantes et finissent d'achever le patient déjà au bord de l'épuisement.
La troisième étape de la maladie voit durcir les lamines qui prennent l'aspect et la consistance du cuir bouilli. Les veines et les artères affleurant sous la peau peuvent être touchées et risquent de se boucher ou de se rompre. Dans le premier cas, une incision sera préférable à l'inaction, afin de libérer les écoulements sanguins et d'éviter les hématomes. A ce stade, le patient le plus chanceux aura déjà sombré dans le coma. Dans le cas contraire, le guérisseur compatissant lui administrera du lait de pavot pour soulager l'intolérable douleur que causent les lamines cuirassées.
Après le commencement de la troisième phase, deux jours à une semaine s'écoulent généralement avant les premiers signes de guérison. Les lamines laissent places à des cicatrices importantes, et certains membres trop fortement atteints doivent être amputés s'ils ont été déformés ou si les artères ont été trop endommagées et ne sont plus à même d'irriguer les tissus. Au niveau zones laminaires rétablies, le derme du patient demeurera à vie très largement moins sensible que le reste du corps, y compris après cicatrisation et rétablissement complet. Les utilisateurs de la magie se voient bien souvent privés de leurs capacité à manipuler l'arcane. Cette incapacité s'avère le plus souvent temporaire mais peut prendre jusqu'à plusieurs années avant de disparaître. Dans certains cas très rares, elle s'avère permanente.
Le stagnisme est une affection d'un grand pouvoir contagieux, et se transmet par simple contact des zones laminaires lors des phases de démangeaison et de noircissement. La contagion cesse dès le durcissement complet. On estime les chances de survies d'un individu en parfaite santé à un peu moins de 20%.

Extrait des Miscellanées des Mains Blanches.

Maladie des roches, dite "fièvre verte"


Rare et mortelle, son nom lui vient de ses deux symptômes principaux. Tout d'abord apparaît rapidement un premier symptôme permettant d'identifier la maladie. Il sagit de taches vertes recouvrant certaines parties du corps (en général les mains et les pieds) et rendant la peau à ces endroit aussi dure et rigide que la plus dure des pierres. La paralysie qui touche à ces endroits le pauvre bougre s'accompagne de démangeaisons impossibles à soulager. Normalement ces taches ne s'étendent pas, mais il a été rapporté certains cas où pratiquement tout le corps s'en est retrouvé couvert et paralysé en quelques jours seulement. Le second symptôme consiste en une fièvre violente qui secoue le malade fortement durant le deux derniers jours de sa vie. Il faut savoir que lorsque la fièvre est là, il est souvent trop tard pour intervenir...
La meilleure chance de traitement réside dans l'utilisation médicinale de la robajina. Certains chamans et guérisseurs vivant dans des régions particulièrement rocheuses connaissent bien cette plante comme unique remède réellement efficace contre la fièvre verte (dont on peut dire qu'elle est une maladie rare, puisqu'elle ne frappe guère que dans le nord des territoires d'Aÿnat). Cette maladie particulièrement violente, contagieuse par contact direct des parties du corps affectées, est peu connue mais reste un problème majeur chez les mineurs et tailleurs de pierre (maladie qui semble frapper sans distinction d'âge, de sexe ou de milieu). La durée totale entre l'apparition des taches et l'apparition de la fièvre en phase terminale varie entre quelques jours et plusieurs mois (rarement plus d'un an).
Le procédé de préparation du baume guérisseur est long et délicate. Dans un premier temps, pressez plusieurs fleurs de robajina dans une grosse cuve de bois poreux (enduite jusqu'à la moitié de sa hauteur d'huile imperméablilisante), à la faveur d'une nuit de pleine lune, puis laissez macérer deux jours durant. Réduire en poudre fine une apophyllite (pierre reconnaissable entre autres par sa couleur verte et sa semi-transparence). Distillez le liquide obtenu par macération de la robajina (les fleurs restantes au fond de la cuve peuvent servir dans la confection des repas du malade). Mélangez énergiquement autant de poudre que de distillé. Faites chauffer de façon à faire frémir le mélange, et appliquez-le en baume sur les parties du corps touchées par la maladie. Il reste alors à attendre jusqu'à la guérison ou le décès (ce qui arrive si le malade n'est pas soigné à temps)...

Extrait de Trois-cent-huit remèdes des chamans et sorciers d'Oneira, par Num-Dreklon.

La pâleur-froide


La pâleur-froide est la maladie peut-être la plus redoutée dans les terres d'Oneira, tant dans les contrées les plus civilisées qu'au c½ur de l'insane Edanel, car elle causa la mort de millions d'êtres au cours d'épidémies ravageuses. On la nomme également vient-la-mort, ce qui suffit à décrire qu'il n'y existe nul véritable remède et qu'elle est presque toujours mortelle. Contrairement à bon nombre de maladies, la pâleur-froide ne se cantonne pas à un seul peuple : elle frappe autant les humains que les membres des Clans ou les peuples magiques (du moins les plus grands d'entre eux, aucun témoignage fiable ne pouvant attester d'une épidémie se fût déjà étendue aux fées, aux lutins ou à d'autres populations similaires). La pâleur-froide n'épargne personne : elle frappe indifféremment les bébés et les vieillards, les hommes et les femmes, les faibles et les forts, les prêtres comme les guérisseurs, les artisans comme les nobles.
On ignore pourquoi, en certains points du monde, la pâleur-froide saisit certains corps : il ne s'agit vraisemblablement pas des suites d'un refroidissement, ni d'une malédiction, ni d'une punition divine, encore qu'on trouvera toujours des témoignages attestant de la certitude de l'une ou l'autre de ces causes.
La pâleur froide vient lentement et en silence : on ne remarque pas toujours une certaine lividité du teint similaire à celle qui peut survenir du fait d'une simple fatigue, et on ne prête pas systématiquement attention aux légers frissons qu'un feu suffit, tout d'abord, à apaiser. Après quelques jours, la sensation de froid devient pénible : elle ne régresse jamais, quelles que fussent les précautions prises : vêtements supplémentaires, chauffage accru, frictions ni potions n'y peuvent rien : le froid gagne, peu à peu, tous les membres, les poumons, le c½ur, les os, après quoi la pâleur s'accentue à son tour. Elle n'est pas laide à voir - comme l'écrivit jadis dans ses mémoires le barde Durtan, dont l'épouse succomba à cette maladie, "la pâleur-froide fait de beaux cadavres, de ceux qui encouragent la poésie" - elle ne s'accompagne pas de cernes, elle ne creuse pas le visage, elle se contente de le priver de couleurs et de vie. Bientôt, le malade ne peut plus vaquer à ses occupations : transi, il s'affaiblit car il ne trouve pas le repos, grelottant sans cesse. Chez certains sujets, des phases de tétanie paralysent les doigts, les pieds, puis les bras et les jambes. La faiblesse saisit le corps qui devient glacial au toucher. Les extrémités bleuissent, la pression du sang diminue, la chair durcit : c'est là l'ultime symptôme, qui précède la mort de quelques heures.
Marque dpigmente sur le dos, caractristique de la pleur-froide.Le décès est pratiquement systématique, généralement moins d'une personne sur dix survit à la pâleur-froide. Pour ces rares rescapés, la convalescence est longue. Chez les jeunes, elle peut être totale, les séquelles ne prenant que la forme d'une infime pâleur de teint et d'une prédisposition aux coups de soleil. D'autres garderont jusqu'à leurs vieux jours une intolérance au froid qui leur fera trouver insupportable le moindre frisson. Dans tous les cas, la pâleur-froide laisse à ceux qu'elle a visités un stigmate indélébile sous la forme d'une grande marque pâle le long de la colonne vertébrale.
Ainsi que mentionné plus avant, il n'existe pas de remède fiable à la pâleur-froide et le guérisseur, même le plus habile, restera impuissant devant la progression du mal chez son patient. Les seuls gestes consistent en l'amélioration des conditions de vie du malade : des bouillottes et des compresses chaudes peuvent prévenir l'apparition des plus graves crises de tétanie ; tenir le malade autant que possible au chaud, lui faire prendre soupes et bouillons brûlants, éventuellement lui administrer des tranquillisants ou des somnifères pour favoriser le sommeil et prévenir l'épuisement du corps.
Il existe deux formes de pâleur-froide : la première, plus connue et plus redoutée, dite foudroyante ou épidémique, est éminemment contagieuse. Une à deux semaines s'écoulent entre les premiers symptômes et le décès du malade. La quarantaine sera de mise dès l'identification du mal, et les premiers témoins du mal auront la responsabilité d'avertir la communauté en peignant sur les portes et les murs de la maison du malade l'étoile blanche à huit branches, symbole de la maladie. Lorsque le patient guérit, le risque de contagion cesse dès la remontée de la température du corps. Dans le cas d'un décès, le cadavre doit impérativement être brûlé, les vêtements et les draps de nombreuses fois bouillis et la maison purifiée à l'aide d'encens et d'herbes.
La seconde forme de pâleur-froide, dite chronique, diffère de la première sur quatre points principaux : premièrement, elle n'est aucunement contagieuse ; deuxièmement, elle est systématiquement mortelle ; troisièmement, elle est moins violente : à part dans les derniers jours de la vie du patient, les crises de tétanie et de tremblements sont rares et modérées ; quatrièmement, elle est beaucoup plus longue : la pâleur-froide chronique se déclare très lentement et prendra plusieurs mois, parfois plus de deux ans, à emporter le malade qui passera les derniers temps de sa vie dans une langueur triste, en proie à un froid terrible qui lui poigne les membres et le dos et l'affaiblit de jour en jour.
On ne sera jamais assez mis en garde contre l'extrême contagiosité de la pâleur-froide foudroyante : il est rare et extrêmement difficile de circonscrire le mal une fois qu'il a été déclaré, et on a vu des épidémies s'étendre à tout un pays et décimer des populations entières. Ce fut particulièrement le cas dans l'ouest d'Oneira au cours du dixième siècle où trois épidémies se succédèrent en moins de dix ans, frappant plus particulièrement le Sarelos, l'Eranos, le Daëgen et la cité d'Aromyne. Depuis 1023, Illéranyne surveille attentivement le déclenchement d'épidémies. La dernière épidémie notable eut dans la Principauté Libre de Musä en 1034 et dut à la grande réactivité des guérisseurs illéniens appelés à l'aide par le Prince de Musä de ne pas s'étendre au-delà des frontières du pays.

Extrait des Miscellanées des Mains Blanches.

La potion de diagnostic lumineuse


Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, guérisseuses, guérisseurs, et chercheurs, je vous salue.
Ce n'est pas sans une certaine émotion que je vous présente aujourd'hui la dernière grande réussite du département de l'Université des Recherches sur les Affections Magiques.
Cette trouvaille sans précédent révolutionnera probablement la médecine oneirienne moderne et tient dans cette petite fiole que voici. (NdS : Le professeur montre à l'auditoire une fiole de type 5 contenant un liquide blanc et lumineux)
Nous l'avions initialement nommée "potion luminescente de diffraction magique casuelle à processus stochastique", mais plusieurs estimables confrères nous ont fait remarquer que ce nom risquait de rebuter certains de nos futurs patients les moins érudits. Ainsi, après de nombreux débats et au nom de la santé de tous, sans discrimination, je vous présente enfin la "potion de diagnostic lumineuse" ! (NdS : l'auditoire rit)
Celle-ci a pour but, comme son nom l'indique avec une justesse remarquable, de diagnostiquer les diverses affections auxquelles tout un chacun pourrait être exposé - affections d'ordre essentiellement magique, il va sans dire - grâce à la seule ingestion d'un liquide éclarifiée par des procédés magiques des plus complexes sur lesquels je m'étendrai peu, rassurez-vous.
Elaborée par nos plus éminents chercheurs, cette potion de diagnostic devait avoir pour but initial de permettre une meilleure observation de l'assimilation d'un alcool, dans le cadre de nos études - hélas toujours infructueuses - visant la conception d'un remède à l'ensemble des symptômes désignés sous le sobriquet trivial de "gueule de bois". Fait remarquable, chez certains de nos dévoués testeurs, ce liquide à sa sortie nous parvenait d'une teinte tantôt rougeâtre, tantôt verdâtre, quand il n'avait pas tout simplement perdu tout caractère lumineux.
Toujours à l'affût de nouvelles pistes pour faire briller l'Université et lui permettre de répandre son savoir sur le monde, des recherches ont immédiatement été entreprises sur la voie de cette nouvelle piste cruciale : le processus de digestion pouvait-il à lui seul affecter l'un des composants luminescents ? Si oui, digérons-nous la magie ?
Après trois ans de recherches, nous avons enfin découvert un premier élément de réponse : la magie - je parle naturellement ici de l'arcane qui nous unit tous - du corps humain affectait bel et bien les composantes lumineuses de cette potion initiale. Après quelques mois de recherches supplémentaires, nous avons finalement réussi à modifier notre formule afin d'accroître la sensibilité de la préparation. Un grand programme d'expérimentation prioritaire a alors été mis en ½uvre sur tous les membres, ou peu s'en faut, de notre département des Recherches sur les Affections Magiques et nous avons ainsi pu initier une première ébauche d'une Encyclopédie des affections magiques décelables par la potion luminescente de diffraction magique casuelle à processus stochastique. Rhume magiques, dérèglements traumatiques, conséquences d'expériences... Cette potion a même produit une réaction à un cas de pâleur froide chez l'un de nos éminents confrères. Hélas pas avant l'apparition de la fameuse marque blanche. Que Delvë recueille son âme. (NdS : murmures dans l'assistance)
Je n'ai pas l'intention de vous importuner avec les détails du processus d'élaboration de la potion qui fait l'objet de ma présentation, mais je ne résiste pas à l'envie de vous révéler que la base non-arcanique se compose uniquement d'eau pure à laquelle on ajoute un peu de liqueur elfique ! (NdS : exclamations enthousiastes dans l'assistance) Merci pour votre intérêt : comme vous le devinez, c'est grâce à la liqueur elfique que nous améliorons l'adhérence magique de la solution, ce qui nous permet de la soumettre à une succession de traitements magiques élaborés et précis qui lui conférerons sont aspect lumineux blanc laiteux ainsi que ses propriétés exceptionnelles de diagnostic qui permettront à n'importe quel guérisseur de procéder à une simple comparaison de couleur pour identifier clairement la maladie de son patient ! (NdS : applaudissements).
Je rêve qu'un jour, toutes les maisons de guérison d'Oneira puissent profiter de cette avancée incroyable, que chaque foyer puisse obtenir par ses propres moyens sa potion de diagnostic lumineuse afin de procéder à un auto-diagnostique soulageant pour nos confrères guérisseurs souvent seuls face à une multitude de patients désemparés ! Mais je m'égare... Vous me pardonnerez : l'émotion.
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, guérisseuses, guérisseurs, et chercheurs, je remercie chacun d'entre vous pour votre enthousiasme et j'aurai le plaisir de retrouver après les interventions de nos estimés confrères ceux d'entre vous qui seront curieux d'autres détails. Il me reste à vous préciser que je donnerai cette fin de semaine trois cours intégralement dédiés à la potion de diagnostic lumineuse et dans lesquels je me fais une fête de vous accueillir, et que la potion en question est d'ores et déjà disponible auprès de mon assistant - que vous trouverez à la sortie - pour une somme tout à fait raisonnable dont une partie ira au profit de l'Université.

Extrait des Minutes de la Conférence mensuelle des Présentations de l'Université - 1050.