La grammaire oneirienne







1. Introduction


1.1. Remarques générales


L'oneirien est le langage parlé dans pratiquement tous les pays du monde d'Oneira et par pratiquement tous les peuples. Si certains pays (l'Ar'Nok, le Dye'Nelya, l'Ar'Kalyven, etc.) ou certaines populations (les petits peuples...) possèdent leur propre langage, pratiquement tous parlent cependant l'oneirien en plus de leur propre dialecte.
L'oneirien, également appelé "damalten" (de daa, grand, et malten, langage) en Oneira, est un dérivé du mesalten, ou vieil oneirien, qui fut progressivement abandonné suite aux terribles guerres de l'An 0, puis définitivement remplacé aux alentours de l'an 200. Son lexique fut pourtant épargné par ces changements, puisqu'il ne subit que quelques évolutions mineures, aussi la plupart des oneiriens sont aujourd'hui capables de comprendre le mesalten aussi aisément que le damalten.

Consulter également sur l'oneirien moderne : La page officielle de l'oneirien

1.2. Quelques principes


L'Oneirien est une langue semblable à nulle autre, même si ses créateurs sont Français et que le français a largement inspiré, consciemment et inconsciemment, sa création.
La phrase-type oneirienne est composée de blocs appelés "propositions", nominales ou verbales. Comme il est précisé dans la partie 5 concernant la syntaxe, le verbe est généralement situé en premier, suivi par le sujet et les éventuels compléments.
Les noms communs et les verbes sont invariables. Ce sont les articles et les pronoms personnels qui sont déclinés et permettent de déterminer le genre, le nombre et le temps de l'action.
Les déterminants des noms communs et des verbes (adjectifs, adverbes...) se placent généralement en apposition sur un mode agglutinant, c'est-à-dire directement collés à la suite du nom ou du verbe qu'ils qualifient et reliés selon le cas par un tiret ou une apostrophe.



2. Les propositions nominales


Les propositions nominales sont formées des noms et de leurs éventuels déterminants (articles, adjectifs, altérations).

2.1. Les noms


Les noms sont invariables. C'est l'article qui les précède, accolé avec une apostrophe ' qui détermine leur genre et leur nombre.
Sauf exception, la présence de l'article est obligatoire.

1. le genre : masculin, féminin ou neutre.

Les noms d'êtres vivants et de choses inanimées sont de genre neutre, sauf si on connaît explicitement le genre.
Dans le cas d'un pluriel regroupant des êtres de genre différent, on emploie le neutre.
L'emploi du genre neutre pour une chose animée ou une personne implique une forme de mépris ou de dévaluation.

- masculin : in
- féminin : an
- neutre : en

- le barde (masc.) : in'balan
- la soeur : an'lea
- le livre : en'lugam

2. le nombre : singulier ou pluriel.

La marque du pluriel est l'ajout de la lettre L à l'article singulier.

- les bardes (masc.) : lin'balan
- les soeurs : lan'lea
- les livres : len'lugam

3. la catégorie : nom propre ou nom commun.

Comme en français, la première lettre des noms propres prend une majuscule.

- Onirian : Onirian

Récapitulatif des articles :

MasculinFémininNeutre
Singulierinanen
Pluriellinlanlen

2.2. Les adjectifs et altérations


1. Les adjectifs et les altérations (adverbes, prépositions et conjonctions et tout ce qui peut modifier une proposition) sont invariables.
Ils se placent toujours après le nom, selon l'ordre suivant : adjectif > altération.
Les adjectifs sont précédés d'une apostrophe ' et les altérations d'un tiret -.
Il n'y a pas de limite au nombre d'adjectifs ou altérations accolés au nom.
Les altérations peuvent modifier les adjectifs eux-mêmes.

- le grand livre : en'lugam'daa
- le grand livre noir : en'lugam'daa'nok
- le très grand livre noir : en'lugam'daa-up'nok
- le grand livre très noir : en'lugam'daa'nok-up
- beaucoup de grands livres noirs : len'lugam'daa'nok--up

2. Les démonstratifs se comportent soit comme un article, soit indépendamment du nom.

MasculinFémininNeutre
Singulier(ce/cet/celui)
ise
(cette/celle)
ase
(ce/cet/celui)
ese
Pluriel(ces/ceux)
lise
(ces/celles)
lase
(ces/ceux)
lese

- ce barde (masc.) : ise'balan
- cette soeur : ase'lea
- ces livres : lese'lugam
- quel livre ? celui(-ci) : kita en'lugam ? ese

3. Les adjectifs possessifs (mon, ton, son...), identiques aux pronoms personnels, se placent après le nom, précédés d'un tiret.

- mon livre (si je suis un homme) : en'lugam-im ("le livre de moi")
- ma soeur (si je suis une femme) : an'lea-am

4. Les pronoms possessifs (le mien, le tien....) se construisent en accolant avec un tiret le démonstratif avec le pronom personnel.

- mon livre ; le mien (si je suis un homme) : en'lugam-im ; ese-im
- son livre ; le sien (si elle est une femme) : en'lugam-a ; ese-a

2.3. Les suites de noms


On appelle "suite de noms" une succession de noms communs ou propres de même fonction dans la phrase.
Si des termes identiques s'appliquent à plusieurs d'entre eux, ils peuvent être soit répétés, soit placés en fin de groupe avec un tiret double -- dans le cas de génitif ou des guillemets doubles '' dans le cas d'un adjectif, et en liant chaque élément de la suite par 'i'.

- le père et la mère et le fils : in'inen i an'anen i in'netinen
- le père et la mère et le fils du Roi (version longue) : in'inen-in'Onis i an'anen-in'Onis i in'netinen-in'Onis
- le père et la mère et le fils du Roi (version courante) : in'inen'i'an'anen'i'in'netinen--in'Onis
- le mouton et le dragon noirs (version longue) : en'notu'nok i en'eralyn'nok
- le mouton et le dragon noirs (version courante) : en'notu'i'en'eralyn''nok

Le tiret double et l'apostrophe double indiquent ainsi que ce qui suit s'applique à l'ensemble du groupe nominal et pas seulement à son dernier terme.

2.4. Les génitifs "à tiroir"


Les "génitifs à tiroir" (suite de possessifs), sont exprimés comme dans l'exemple suivant.

- le chat de la soeur du roi (le'chat-la'soeur-le'roi) : in'nimba-an'lea-in'onis

A l'oral, c'est la place de l'accent tonique qui permet de reconnaître ce type d'expression (cf. partie 6).



3. Les propositions verbales


Les verbes sont en général composés d’une racine nominale, à laquelle on rajoute l’avant-dernière voyelle, ou la dernière dans le cas de racine à voyelle unique.

- mevy (chute) : mevye (chuter)
- lumn (lumière) : lumnu (allumer, éclairer)

3.1. Les pronoms personnels


Les verbes sont toujours précédés d'un pronom personnel (suivi de l'apostrophe ') désignant l'auteur de l'action.

MasculinFémininNeutre
Jeimamem
Tuisases
Ili(v)a(v)e(v)
Nouslimlamlem
Vouslislasles
Ilsli(v)la(v)le(v)

Le pronom personnel générique "on" désigné par o(v). Il est utilisé en cas de sujet indéterminé ou de verbe impersonnel.

- je mange : im'robeo
- on mange : o'robeo
- il pleut : o'teltine

Comme en anglais moderne et contrairement au français, il n'existe pas différence entre un tutoiement et un vouvoiement. On utilise dans les deux cas le pronom is ("tu") au singulier et lis ("vous") au pluriel. Toutefois, on peut apporter une marque de politesse, de déférence, de noblesse, en ajoutant l'article devant le sujet, y compris un nom propre.

- Onirian : in'Onirian
- le Roi mange : in'is'robeo in'Onis

3.2. La conjugaison


Les verbes se conjuguent en six temps : le présent, le passé, le futur, l'éternel présent, l'éternel passé et l'éternel futur.
Le passé correspond à la fois au passé simple, au passé composé et à l'imparfait en français.
L'éternel est le temps des Dieux. Il s'utilise :
pour parler d'un dieu ("Délomaque m'entend")
pour désigner une vérité générale ("le ciel est bleu")
pour les proverbes, dictons et maximes ("pierre qui roule n'amasse pas mousse")
pour certaines expressions poétiques ou rhétoriques, pour ajouter un accent majestueux ou grandiloquent.
Chaque temps est caractérisé par un suffixe qui s'ajoute au pronom personnel. Comme les noms communs, les verbes restent donc invariables, ce sont les pronoms qui portent la conjugaison.

- Présent : pas de suffixe
- Passé : a
- Futur : u
- Eternel présent : e
- Eternel passé : ea
- Eternel futur : eu

- le roi mange : i'robeo in'onis
- le roi mangera : ivu'robeo in'onis
- les rois ont mangé : liva'robeo lin'onis

A la troisième personne, on ajoute la lettre v au pronom de base pour former le passé ou le futur.
Les démonstratifs peuvent être sujets de verbes et se comporter comme des pronoms personnels.

- c'est idiot : ese'irin shana
- c'était idiot : esea'irin shana

Tableau de conjugaison des pronoms personnels :

Présent
Masc. Fém. Neutre
Je im am em
Tu is as es
Il i a e
Nous lim lam lem
Vous lis las les
Ils li la le
Eternel présent
Masc. Fém. Neutre
Je ime ame eme
Tu ise ase ese
Il ive ave eve
Nous lime lame leme
Vous lise lase lese
Ils live lave leve
Passé
Masc. Fém. Neutre
Je ima ama ema
Tu isa asa esa
Il iva ava eva
Nous lima lama lema
Vous lisa lasa lesa
Ils liva lava leva
Eternel passé
Masc. Fém. Neutre
Je imea amea emea
Tu isea asea esea
Il ivea avea evea
Nous limea lamea lemea
Vous lisea lasea lesea
Ils livea lavea levea
Futur
Masc. Fém. Neutre
Je imu amu emu
Tu isu asu esu
Il ivu avu evu
Nous limu lamu lemu
Vous lisu lasu lesu
Ils livu lavu levu
Eternel futur
Masc. Fém. Neutre
Je imeu ameu emeu
Tu iseu aseu eseu
Il iveu aveu eveu
Nous limeu lameu lemeu
Vous liseu laseu leseu
Ils liveu laveu leveu


3.3. Les altérations verbales


Comme les noms, les verbes peuvent être modifiés par des altérations. Il en existe six principales : la négation, la condition, l'impératif, la répétition, la détermination et le présent continu. La négation se place toujours en fin de groupe verbal.

1. La négation permet d'exprimer le contraire de l'action (elle correspond au français ne...pas). Elle se marque par le suffixe -tep :

- le roi ne mange pas : i'robeo-tep in'onis

La négation -tep peut également être accolée à un nom pour en modifier le sens.

- aucun livre : en'lugam-tep

2. La condition permet d'exprimer l'incertitude sur l'action (elle correspond au "si" employé avec le mode conditionnel en français). Elle se marque par le suffixe -sog et par l'emploi systématique du futur en concordance des temps.

- si le roi mangeait, il grossirait (il grossirait s'il mangeait): i'robeo-sog in'onis, ivu'deae (ivu'deae, i'robeo-sog in'onis)
- si le roi avait mangé, il aurait grossi : iva'robeo-sog in'onis, ivu'deae
- si le roi [mangerait], il grossirait : ivu'robeo-sog in'onis, ivu'deae
(Ce dernier exemple, qui n'existe pas en français, s'utilise dans le cas d'une condition située
explicitement dans le futur.)

Le "conditionnel pur" (sans "si") est utilisé avec la locution fugan placée devant le verbe.

- selon les légendes, le monde serait une sphère : len'leira-niefe, fugan e'irin en'maeven en'olea

3. L'impératif est désigné par trois termes, placés en début de phrase.
delmak pour les notions de prière, supplique, demande.
doak pour les ordres.
fugi pour les désirs et les souhaits, correspondant au subjonctif français.
navim pour les conseils.

- aide-moi (s'il te plaît) : delmak is'mirali im sein (tu'donner moi aide)
- laisse-moi tranquille : doak is'mirali kero im (tu'laisser paix moi)
- passe une bonne journée : fugi en'eilat-is lae (la'journée-de toi bonne)
- n'oublie pas de saluer le roi : navim is'getane-tep is'allama in'onis (tu'oublier-pas tu'saluer le'roi)

4. La répétition correspond au préfixe français re- (revenir, relire...). Elle se marque par le suffixe ay (qui signifie "à nouveau") accolé au verbe avec un tiret.

il repartira demain : ivu'teanet-ay akdi

5. La détermination correspond aux adverbes (très, parfois, avant, pourtant, autour...). Elle se marque, comme pour les noms, par son rajout terminal précédé du tiret.

il mange beaucoup : i'robeo-up

La détermination modifie le verbe uniquement s'il n'y a pas de nom, sinon elle modifie le nom.

il mange beaucoup de pain : i'robeo en'beder-up et non pas i'robeo-up en'beder

6. Le participe présent ou présent continu ("être en train de") se forme en rajoutant le suffixe -m à la racine verbale.

- robeo (manger) : robeom ((en) mangeant)
- je suis en train de regarder un mouton : im'rienim en'notu
- pendant qu'il mangeait, il regardait un mouton : iva'robeom iva'rieni en'notu

NB : Pour construire une forme interrogative, se reporter à la section 5.3.

3.4. Les verbes pronominaux


Pour former un verbe pronominal (se coucher, se préparer...), on utilise le pronom personnel accolé par une apostrophe directement après le verbe.

- il se couche : i'faraeta'i ("il'couche'il")
- il se couchera : ivu'faraeta'i
- il se couche tard : ivu'faraeta'i-van



4. Les autres mots de liaison et de détermination


Comme en français, les propositions nominales et verbales peuvent être complétées et coordonnées par des prépositions, adverbes, adjectifs verbaux ou pronoms.

4.1. Les prépositions


Les prépositions permettent de lier les propositions nominales et verbales ou d'en préciser le sens. Elles sont accolées par un tiret - et placées en fin de proposition.

- dans l'océan : en'ome-an ("le'océan-dans")
- loin de la forêt : en'mirë-sel
- très loin dans la forêt : en'mirë-sel-up

4.2. La préposition "à"


La préposition "à" s'exprime selon le sens. S'il s'agit d'une destination ou d'un mouvement, alors on la traduit par av ("vers") et elle se comporte comme un adverbe.

- je vais à Laiirna : im'ete Laiirna-av

S'il s'agit de la détermination d'un complément d'objet indirect, alors elle peut être omise, sauf en cas de confusion, auquel cas on ajoute au destinataire le suffixe -men.

- je donne un livre à Erana (je'donner un'livre Erana) : im'mirali en'lugam Erana ou im'mirali en'lugam Erana-men

4.3. La préposition "de"


Lorsqu'elle indique une liaison entre deux noms pour signifier "fait de" ou "relatif à", la préposition "de" se traduit par ma entouré de tirets.

- une épée de bois : en'liv-ma-myva (l'article devant "bois" peut être omis)

On retrouve cette construction dans des expression telles que : "manque de volonté", "souci de clarté", "livre de sagesse", etc.
Lorsqu'elle est utilisée avec un verbe ("essayer de", "convaincre de"...), la préposition est omise.

4.4. Les adjectifs verbaux


Les adjectifs verbaux sont formés par la racine verbale, sans l'utilisation du pronom personnel. Ils se comportent en général comme des adjectifs.

- le peuple rassemblé : en'uyn'anyna

Toutefois dans certaines constructions ils peuvent être séparés du nom qu'ils qualifient.

- le roi mange, appuyé contre la table : i'robeo in'onis, pamorna-ena en'ferin

4.5. Les adverbes en -ment


Les adverbes en -ment (lentement, doucement, etc.) se forment en rajoutant le suffixe tis à la racine nominale.

- mely (noble) : melytis (noblement)
- il agit noblement : i'imai-melytis

4.6. Les conjonction de coordination


Les conjonctions de coordination (en français : mais, ou, et, donc, or, ni, car) ne se placent pas en suffixe comme les autres altérations, mais entre les deux propositions nominales ou verbales qu'elles sont censées relier.

- l'eau ou le feu : en'pyre kio en'era

4.7. Les propositions relatives


Les propositions relatives ne sont pas exprimées en général, notamment lorsqu'elles se réfèrent à un complément d'objet direct en français : "la pomme que tu as mangée" devient "la pomme tu as mangée".
Toutefois, on peut utiliser le pronom relatif que kit lorsqu'il est impossible de changer la syntaxe. C'est le cas de l'expression "tellement... que" qui se traduit par la contraction de kit + diet : kiet.

- je suis tellement fatigué que je dors debout : im'irini asarana kiet im'farana layneta

La proposition commencée par "où" s'exprime par kit-ad.

j'irai où tu iras : imu'ete kit-ad isu'ete

Les propositions relatives formées d'un démonstratif (celui qui, ceux-qui...) se forme par l'emploi du démonstratif accolé après le verbe avec une apostrophe '.

- celui qui renonça à son nom : iva'nuadea'ise en'one-i ("il a'renoncer'celui le'nom-de lui")
- ceux qui renonceront à leur nom : livu'nuadea'lise en'one-li

4.8. Les propositions auxiliairales


Les propositions auxiliairales sont des formules toutes faites construites autour des verbes "être" ou "avoir". Voici quelques exemples.

- c'est-à-dire : ese'irinim
- il y a : e'arinam (il y avait : eva'arinam)
- il était une fois : eva'irinim

4.9. Expressions diverses


Certains locutions diverses (notamment les adjectifs indéfinis en français) peuvent s'exprimer par un mot consacré qui se comporte comme un adjectif (il suit le nom, relié par une apostrophe).

N'importe lequel/laquelle/lesquels/lesquelles : ber,
Tous/toute/toutes : line,
Autre/autres : oat.

- un autre livre : en'lugam'oat



5. La syntaxe


5.1. Ordre des propositions


Il n'y a pas d'imposition stricte dans l'ordre des mots d'une phrase en Oneirien. Toutefois, deux règles prédominent dans les usages :
la proposition verbale principale commence la phrase ;
la proposition nominale sujet de l'action est accolée à la proposition verbale (en général après, sauf si cela peut prêter à confusion), et toujours située avant toute autre proposition nominale (par exemple complément d'objet).
Pour résumer :
Proposition verbale > proposition nominale sujet de l'action > autres propositions nominales

- je donne un livre à Erana : im'mirali en'lugam Erana-men ou im'mirali Erana-men en'lugam
- le roi donne un livre à Erana : i'mirali in'onis en'lugam Erana-men ou in'onis i'mirali en'lugam Erana-men

5.2. La ponctuation


Pour des raison de simplification, les signes de ponctuation classiques du français sont les mêmes en Oneirien.

5.3. Les phrases interrogatives


Une phrase interrogative est marquée par la présence de la proposition kita, placée devant l'endroit désiré selon le motif de l'interrogation.

- est-ce le prêtre qui a sacrifié le taureaux ? iva'kelwe kita in'kan en'tynos
- est-ce que le prêtre a sacrifié le taureau ? kita iva'kelwe in'kan en'tynos
- est-ce le taureau que le prêtre a sacrifié ? iva'kelwe en'kan kita en'tynos
- combien de taureaux le prêtre a-t-il sacrifié ? kita-kot len'tynos iva'kelwe in'kan
- quand le prêtre a-t-il sacrifié le taureau ? kita-dol iva'kelwe in'kan en'tynos



6. La prononciation


Il est à noter qu'il s'agit ici des transcriptions en alphabet français des lettres de l'Oneirien.

Voyelles pures Voyelles mixtes
a [a] comme dans lac en, an [ã] comme dans vent
è [?] comme dans terre e [œ] comme dans peuple
é, ë [e] comme dans fée y [j] comme dans yeux
i [i] comme dans souris in [?~] comme dans pain
o [o] comme dans eau on [õ] comme dans pont
u [y] comme dans lune ou [u] comme dans soupe
Diphtongues
ai [ai] comme dans ms oi [oi] comme dans hérne
ei [ei] comme dans abbaye oui [ui] comme dans rouille
Consonnes
b [b] comme dans bateau n [n] comme dans non
c [k] comme dans cor p [p] comme dans pays
ch [?] comme dans chèvre qu [kw] comme dans couenne
d [d] comme dans don r comme dans rue
f [f] comme dans feu s [s] comme dans sang
g [g] comme dans guerre t [t] comme dans toile
j [?] comme dans jeu v [v] comme dans vieux
l [l] comme dans lune w [w] comme dans ouate
m [m] comme dans mage z [z] comme dans zéro


Les voyelles suivies de la lettre n se prononcent avec ou sans nasalisation selon les régions.

le prêtre : in'kan se prononce "kanne" et non pas "kan"
- le pays de Roban se prononce "Roban" à la française

La phrase est rythmée par la succession des propositions nominales et verbales, qui se prononcent par blocs, comme si elles étaient entrecoupées de façon plus ou moins marquée par des virgules.
En règle générale, l'accent tonique se place sur l'avant-dernière syllabe du mot. Les articles et altérations ne prennent jamais d'accent tonique.
La prononciation peut permettre de distinguer deux expressions apparemment similaires.

- le chat de la soeur du roi : in'nimba-an'lea-in'onis
- le chat, la soeur, le roi > in'nimba [pause] an'lea [pause] in'onis

Par ailleurs, il existe de nombreuses variétés régionales de prononciation en Oneirien. Dans le sud-est, à Laiirna par exemple, les u sont prononcés [ou], les r sont roulés, et il n'y jamais de nasalisation.



7. Le langage courant et poétique


7.1. Le langage courant


Comme dans toutes les autres langues, l'Oneirien littéraire diffère légèrement de l'Oneirien tel qu'on le parle ou qu'on l'écrit dans certaines occasions. De nombreuses formes sont abrégées, et certaines constructions grammaticales peuvent être modifiées.
Les articles et les pronoms ne sont nécessaires que lorsque le sens pourrait être ambigu, ou dans un langage littéraire.

- sans lumière, l'ombre n'existe plus
-> (version longue ou littéraire) : en'lumn-un en'mulan e'irin-tep
-> (version parlée courante) : lumn-un mulan irin-tep

C'est également le cas dans les suites de noms.

le blanc et le bleu et le gris : kaen i une i nokan au lieu de en'kaen i en'une i en'nokan

La suppression du verbe "être" : Lorsqu'il est utilisé pour relier un sujet d'un adjectif qualificatif, le verbe "être" est souvent sous-entendu.

le roi est grand : i'irini in'onis daa devient in'onis daa (à ne pas confondre avec in'onis'daa qui signifie "le grand roi")

Il existe également un certain nombre d'expressions idiomatiques utilisées familièrement ou argotiquement, notamment dans les salutations et les expressions de la vie quotidienne, ainsi que des variantes régionales.

7.2. Le langage poétique


Le langage poétique s'exprime de plusieurs manières, selon la région et les usages.
Le remplacement du genre neutre est remplacé par le masculin ou le féminin en fonction du dieu patron de l'objet ou de la notion considérés.
L'emploi des allitérations.
L'emploi du Vieil Oneirien.
L'emploi quasi systématique du temps éternel.



8. L'écriture


L'Oneirien tel qu'il est écrit dans cette grammaire n'est qu'une transcription en lettres latines d'une écriture beaucoup plus complexe et déclinée en des dizaines d'alphabets dont les plus connus sont :

Le Sorline : alphabet formel utilisé pour écrire l'oneirien dans le cadre de textes sacrés ou de documents officiels.

Le Mykahr : alphabet runique très ancien, probablement créé par les petits peuples magiques, encore très utilisé aujourd'hui, notamment de manière décorative.

Le Mylean : alphabet dérivé du Mykahr, d'un usage courant dans tous les pays oneiriens.

Mais on peut aussi mentionner les alphabets clanique, alchimique, du Petit Peuple, etc.



9. Le vocabulaire


9.1. Les couleurs


rouge : reg,
orange : sareg,
jaune : sa,
vert : saune,
bleu : une,
violet : regune,
rose : kaere,
marron : oras,
blanc : kaen,
gris : nokan,
noir : nok,

On remarquera que les couleurs se composent avec les racines des couleurs primaires.

vert = jaune + bleu : sa + une => saune

Les nuances des couleurs se forment avec un suffixe :
pâle : sed
foncé : des

bleu foncé : unedes

9.2. Les nombres


Les nombres sont invariables et se comportent comme des adjectifs. Les nombres ordinaux se forment avec la racine décimale suivie du dernier chiffre.

0 - rae
1 - min
2 - tor
3 - dena
4 - pame
5 - leda
6 - sagi
7 - vet
8 - gane
9 - tali
10 - minra
11 - minramin
12 - minrator
20 - torra
21 - torramin
22 - torradena
30 - denara
100 - minme
101 - minmemin
110 - minmeminra
1000 - minva


Les nombres ordinaux s'expriment comme des adjectifs, et ne remplacent en aucun cas l'article.

- mille légendes : len'leira'minva
- je mange deux pommes : im'robeo len'veitana'tor

Les nombres cardinaux se forment en rajoutant le préfixe o au nombre ordinal.

- troisième : odena

9.3. Les titres, les métiers et les classes


On utilise la racine sous forme de préfixe accolé au nom propre avec un tiret.

alchimie : ege ; alchimiste : eg-
chamanisme : ane ; chaman : an-
magie : ene ; mage : en-
sorcellerie : ame ; sorcier am-
sagesse : eme ; sage em-

- Onyos l'alchimiste : eg-Onyos

Dans les cas où le titre, métier ou classe est un mot préexistant, on peut utiliser sa forme longue ou courte indifféremment :

- le barde Keans : in'bal-Keans ou in'balan'Keans

9.4. Les verbes de mouvement


Ils se forment sur la racine du verbe aller et- (qui signifie mouvement, déplacement) et d'un préfixe. Quelques exemples :

- aller vers : vaeta
- venir de : chemete
- entrer : aneta
- sortir : teaneta
- marcher vite, courir : loseto
- marcher doucement, traîner : soleto
- descendre : cayete
- monter : envyete

9.5. Les noms de la famille


Ils sont formés en général sur le suffixe -en (relatif aux gens).

Vieil oneirienOneirien
le pèreiseninen
la mèreilasenanen
le filsisene ("le suivant")netinen
la filleisenanetanen
le bébé, le nourrissonisenunetenen
le grand-pèredaisendainen
la grand-mèredailasendaanen
le petit-filsinisenininen
la petite-filleinilaseninanen
le frèreleilei
la soeurlealea
l'oncleleisen ("le père à côté de")leinen
la tanteleanenleanen
le cousinleisel (le frère loin)leisel
la cousineleilaselleasel