Les instruments de musique




Les instruments courants


La lis'zytyline (son de cristal)


Flûte de cristal, constituée de deux tubes horizontaux superposés, légèrement décalés l'un par rapport à l'autre, dotés d'anches en roseau bleu (se rapproche de la simple flûte traversière).
La Lis'zytyline émet un son pur et envoûtant, c'est pourquoi on surnomme cet instrument : "voix des anges".

Extrait du Dictionnaire des choses bardiques, par Balan-Lyedu.

La maelyth simple


La maelyth simple est un ancien instrument originaire d'Istia.
Dans sa version la plus primitive, il s'agissait d'une simple planche large de 2 à 4 pennes de haut, recourbée à la manière d'un arc, agrémentée de trois cordes de différentes épaisseurs. Les cordes étaient pincées à l'aide d'un petit morceau de bois. L'instrument se jouait en position assise, la base posée sur la cuisse et le haut tenu d'une main.
Cet instrument, initialement proche de nombreux autres, comme la lyre, a cependant évolué dans un sens complètement différent. Le principal défaut de la maelyth était le peu de portée du son qu'elle produisait (à moins de pincer très fort les cordes, ce qui les cassait trop régulièrement). Pour pallier à ce défaut, la planche formant le corps de l'instrument s'est vue peu à peu élargie, formant un creux amplifiant le son.
Plusieurs transformations successives ont fini par donner naissance à la "maelyth à caisse", plus couramment appelée simplement "maelyth". La caisse présente maintenant la forme d'un demi-oeuf recouvert d'une fine plaque de bois percée d'un trou au centre. Le nombre de corde est de trois ou de huit selon l'instrument et son emploi : la version à trois cordes est principalement utilisée pour réaliser des musiques de fond accompagnant une histoire, tandis que la version à huit cordes, possédant une gamme plus large, est plus généralement destinée aux spectacles musicaux en eux même. Les cordes sont pincées au dessus de la "caisse" afin qu'elle amplifie le son, à la manière d'un luth. L'instrument se tient d'ailleurs de la même manière.
Les maelyth sont créées dans plusieurs bois spécialement choisis pour leurs résonances particulières, l'idée n'étant pas d'obtenir un son élevé, mais un son qui porte loin. Les sons tirés de cet instrument sont donc particulièrement clairs, presque cristallins dans les notes aiguës.
La maelyth, restée très discrète malgré son ancienneté, a été popularisée par maître Baenor, grand barde dans les années 960, qui fut le maître de Boron et a passé les deux dernières années de sa vie (il est mort en 1017 à l'âge de 84 ans) à enseigner au tout jeune Keans.

Extrait de l'Histoire de la Musique et des Bardes, par Sor-Fälegan.

Le myvenvy


Version améliorée d'une trompette de guerre, le myvenvy comporte sur le long du corps des trous permettant d'en varier les sons, comme une flûte.
Le corps est constitué d'une tresse, composée de trois tubes, faits en stuc de coquille, moulé selon une vieille technique fylias.
Ces trois tubes sont reliés à une embouchure unique, généralement taillée dans de la pierre fine pour les instruments nobles, du bois pour ceux de fabrication plus rustique (en revanche le tube est forcément composé de coquilles, qui lui procure ce son si particulier).
Le pavillon est toujours zoomorphe ; en effet, la forme animale représentée change le son de l'instrument, les divisant en 3 catégories : les myvenvyera (en dragon), les myvenvylose (en cheval), ou les myvenvytu (en mouton). Les premières permettent un son rauque mais perçant, les deuxièmes un son plus grave, les dernières des sonorités légères et volubiles.
Leur qualité varie selon leur région de production mais les plus belles connues sont bien celles des fées des mots, qui, bien que minuscules (adaptées à la petite taille des fées), possèdent une couleur irisée propre sur toute la surface du corps et les plus beaux exemples s'ornent de cabochons décoratifs. Elles accordent en effet une affection toute particulière à ces instruments qui ne les quittent que rarement ; on ne leur connaît pas de langage propre, mais leur musique est bien plus éloquente que tous les mots possibles. Les sons d'un myvenvy joué par une fée des mots parlent à l'âme et inspirent envolées lyriques pendant les déclarations enflammées, réparties tranchantes durant les discussions animées et jeux de mots incisifs aux petits malins en panne de blagues.
On n'a pas vraiment d'explication quant aux capacités magiques que développe l'instrument, quand il est manié par les mains expertes de ce petit peuple. La rumeur veut qu'elles l'enduisent d'un matériau connu d'elles seules, qui donne cette irisation à l'instrument et le chargerait de vertus magiques. Ceci n'est évidemment pas avéré, mais pourrait être une piste à explorer.

Extrait de Barderie et Magie, par Naë'Marni.

Le numeul, cor de communication lubeun


Numeul de lubeun, par SLo.Cet instrument à vent est bien caractéristique des lubeun, qui le fabriquent traditionnellement à partir d'une corne de kani, qu'elle ait été prélevée sur un animal adulte (sans lui causer dommage bien sur), ou qu'il s'agisse d'une mue. Les formes les plus simples sont percées aux deux bouts, évidées, et produisent un son grave qui résonne dans le lointain. Cette capacité acoustique en fait l'instrument de communication favoris des lubeun, pouvant ainsi dialoguer en vol par modulation des sons sur de longues distances, et propager des informations à grande vitesse (par exemple pour signaler un incendie, faire un rabattage dans le cadre de la chasse, ou bien demander des nouvelles de la ville voisine…).
Cependant, des formes plus élaborées ont été créées dans les ateliers d'ivoiriers d'Andilë, en créant différents canaux dans la pulpe intérieure de la corne. Une fois creusée, afin d'empêcher le pourrissement de la matière organique, est coulée une résine, généralement de marronnier. Une fois ce traitement appliqué, des percements de la surface aux divers canaux permettent de les boucher ou de les ouvrir durant l'utilisation de l'instrument, variant les modulations et les répertoires de jeu. On les appelle les "grands numeul", bien qu'ils ne diffèrent aucunement en taille des modèles d'origine.
A chaque bout de la corne est fixé un brocard, le plus souvent par rivetage, dans lequel on peut fixer une courroie de suspension afin de porter le cor en bandoulière. Les modèles varient, des plus simples, brocards rouges et surface de la corne lisse, aux plus sophistiqués, avec de riches damas colorés, voire dorés, de fines gravures dans la corne, voire des incrustations (pierres colorées, pâte de verre, coquillages, métaux…).
Il est rare de voir un lubeun partir en vol sans accrocher à sa ceinture ou passer au torse un numeul

Extrait de Secrets d'Andilë, par Ob-Lanä.

Le toriven


Le toriven (de "tori", double, et "ven", vent) est un instrument de musique composé de trois parties : un bec, généralement en ivoire, dans laquelle on souffle, un bloc qui forme le corps de l'instrument, et deux (voire trois) tubes pourvus de trous (à ce titre on les appelle généralement "flûtes") servant à moduler la musique. Le corps triangulaire, généralement en bois, est taillé dans sa partie supérieure en une pointe à laquelle on peut adapter le bec. Dans sa partie inférieure, plate, sont fixées les flûtes taillées généralement dans un bois souple. Celles-ci sont relativement petites et d'une longueur et d'un diamètre différents pour chacune. Une fois assemblé, l'instrument ne mesure pas plus de dix-sept entailles, de l'embouchure du bec à l'extrémité des flûtes. Il produit un son hypnotique, relativement bas, que l'on qualifie parfois de nasillard.
Le toriven est un instrument relativement difficile à maîtriser dans la mesure où la quantité d'air insufflée est divisée en autant de flûtes que l'instrument possède. La capacité de souffle est donc une composante importante qui découragera certains débutants. Il existe deux manières principales de jouer de cet instrument. La première méthode consiste à jouer un air sur la première flûte et à créer un "fond" sonore à l'aide de la seconde. L'autre manière consiste à jouer simultanément deux airs distincts. Le toriven à trois flûtes est relativement répandu également, mais généralement, une des flûtes est bouchée. Cependant, d'un morceau à l'autre le fait d'occlure ou non une flûte permet l'accès à une plus grande variété de son. Il existe également certains modèles pouvant être démontés, mais ceux-ci sont généralement assez mal considérés, car à l'usage de petites fentes laissant passer l'air se forment, dégradant ainsi la qualité du son. Ainsi, ils ne sont guère utilisés que dans les phases d'apprentissage durant lesquelles l'élève aura besoin de se familiariser avec l'une ou l'autre forme de l'instrument et pourra varier la longueur des flûtes jusqu'à trouver celles qui conviennent à sa musique et à sa manière de jouer. Il est enfin intéressant de noter que les toriven à trois flûtes ont été originellement conçus pour jouer deux airs distinct en plus d'un fond sonore, mais la difficulté de maîtrise et la virtuosité exigée rend alors le toriven peu accessible, sinon aux bardes les plus expérimentés, ce pourquoi la plupart sont utilisé comme des torivens à deux flûtes.
Fait souvent méconnu, la plupart des toriven sont enchantés afin de produire un effet sur le feu. Ils sont ainsi capables de faire grésiller les flammes et de les éveiller, de les faire danser, voir d'y faire naître des formes fugaces, idéales pour renforcer les mélodies hypnotiques ou générer des images mentales correspondant à la mélodie. Ainsi, certaines musiques sont expressément composées pour créer des images précises. Bien qu'elles puissent être apprises, et que le feu réagisse facilement à l'appel du toriven, la maîtrise des formes dans le feu ne s'acquiert qu'au prix d'un long apprentissage.

Extrait de Barderie et Magie, par Naë'Marni.



Les instruments magiques


La pyroleïa


Instrument à corde (sorte de mandoline), dont la caisse de résonance est une boule d'eau figée par magie, puis creusée. Quant aux cordes, elles sont obtenues à partir de larmes de licorne figées, travaillées et étirées jusqu'à devenir très fines. La pyroleïa peut reproduire le paisible murmure des lacs, le tintement des ruisseaux, le fracas liquide des cascades et le roulement des marées.
Remarque : la pyroleïa est utilisée, entre autres, lors des cérémonies du Culte de l'Eau.

Extrait du Dictionnaire des choses bardiques, par Balan-Lyedu.

L'hudömel


Cet instrument de musique est extrêmement proche de la harpe et de la lyre. Sa forme ressemble à un croissant de lune l'intérieur de l'instrument étant légèrement ondulé, permettant une meilleure modulation du son. Ce croissant de lune est taillé dans de l'imario, arbre rare de l'Ar'Mirë'Ys dont la sève et les fruits dégagent une légère odeur assimilée le plus souvent au parfum d'une rose, ce qui enchante la plupart des hudömelistes.
Les anciens luthiers avaient pour technique rituelle de "sacrifier" l'imario, prenant la meilleur partie de l'arbre, son bois le plus souple et rigide à la fois, dans une partie précise de l'imario dont nous n'avons plus aucune connaissance. Il devait donner cette forme particulière de croissant de lune au bois qu'ils taillaient le plus rapidement possible, car celui-ci était recouvert et gorgé de sève durcissant comme de la pierre en une heure de temps. L'on creusait le bois pour une meilleur résonance et on taillait l'intérieur du croissant avec cette ondulation si particulière dont nous avons déjà parlé plus haut.
Après ces opérations, l'on aspergeait une dernière fois le bois de sève comme un vernissage avant de le laisser sécher ainsi, adressant pendant ce temps une prière à l'imario pour avoir bien voulu offrir son bois. Suite à cette étape plus que dangereuse pour le luthier qui pouvait par inadvertance se faire prendre les mains dans la sève, arrive le moment de poser les cordes, verticalement par rapport au croissant de lune.
Les sources se contredisent sur la nature des cordes, certains disent que ce sont des cheveux d'ange, d'autres se contentent de penser qu'elles sont faites à partir de la crinière d'une licorne, mais rien n'est sûr. Néanmoins, et nul ne peut en douter, le résultat est surprenant de part sa splendeur sonore et graphique. L'objet en lui même rayonne de bonnes ondes et sera très apprécié des bardes ou autres musiciens maniant un minimum la magie et présentant des affinités avec la nature, car cet instrument leur apportera une protection mineure contre les agressions magiques et leur permettra de charmer les foules, comme hypnotisées par les douces mélodies produites par cet instrument. Néanmoins, cet objet est déconseillé aux bardes profanes dans le maniement de la magie même à un faible degré, car les énergies circulant dans cet instrument les submergeraient et leurs nuiraient sous différentes formes selon les personnes (cauchemars, migraines interminables ou autres psychoses éparses).
Remarque : La fabrication de l'hudömel réclame une petite partie unique de l'imario mais nécessite la mort complète de l'arbre. Devenant rare, il a été interdit de procéder à la fabrication d'hudomel depuis 927. L'on peut cependant trouver sur les marchés d'Eledinn ces très beaux instruments, fabriqués avant l'interdiction.

Extrait des Notes d'urgence sur les techniques bardiques, par Ïrlevar.



Les instruments rares


Le kanoleo, kanole-us'raveo ou Perle des Cieux


On dit que la première Perle des Cieux fût créée par Elira elle-même en des temps immémoriaux. Elle aurait voulu créer un instrument de musique exploitant tous les éléments lors de sa conception ou de son utilisation.
Cet instrument est constitué de treize vasques de terre cuite.
Douze sont identiques et placées en arc de cercle autour du musicien, on les remplit avec une quantité différente d'eau à chaque fois.
La dernière vasque, plus grande est remplie d'eau et placée entre les jambes du musicien.
Le musicien s'assied en tailleur dans l'arc de cercle et, à l'aide de deux feuilles de laurier roulées, il va amasser un peu d'eau et la projeter dans l'une des petites vasques.
La Perle des Cieux nécessite un doigté et une expérience hors du commun.
Cet instrument a été utilisé de tous temps par de vieux chamans pour essayer de se relaxer et d'entrer en relation avec les esprits élémentaires les plus puissants.
Le point fort de cet instrument est que le son qu'il produit varie tout au long de son utilisation, lorsque les vasques se remplissent goutte à goutte.
Comme toutes les coutumes chamanes, le mode de fabrication exact de la Perle des Cieux reste un mystère pour la plus grande partie de la population. Ne vous laissez donc pas abuser par quelqu'un qui vous en vendrait le secret.

Extrait du Dictionnaire des choses bardiques, par Balan-Lyedu.

La kylaïalyre (lyre bijou)


Kylaïalyre, par SLo.Instrument à cordes pincées ; lyre d'or, toute incrustée de gemmes et de perles qui s'épanchent en grappes étincelantes. Les cordes sont des cheveux de vierges blondes, coupés lors du solstice d'été avec une serpe d'or. La kylaïalyre produit un son pur et clair, souligné par le tintement des gemmes. Un éclairage astucieux de l'instrument permet également de projeter alentour la lumière colorée des gemmes et des bouquets d'arcs-en-ciel. Instrument précieux, on la trouve rarement ailleurs que dans les Cours d'Oneira, aux banquets des rois et des riches nobles.
Remarque : pour diminuer le poids de cet instrument extrêmement lourd, peu adapté aux bras frêles et graciles des musiciennes, il est vivement conseillé d'appliquer à la kylaïalyre un sort de légèreté.

Extrait du Dictionnaire des choses bardiques, par Balan-Lyedu.