Alcools des terres d'Oneira




Bouteilles et alambic, par SLo.

L'ablin, linarlin ou vin de tout


L'ablin, aussi appelé "vin de tout", est, comme son nom ne l'indique pas, tout sauf un vin.
Aux alentours de l'an 324, lorsque les premiers pratiquants du culte du Chaos se sont installés en Per'Dellin, ils ont découvert avec délectation le vin d'Ar'Kalyven, et, séduits, ont décidé de se lancer dans la création de leur propre vin. Les premiers essais sont demeurés célèbres dans le pays pour avoir occasionné la création d'excellents colorants encore utilisés aujourd'hui, de fabuleux produits nettoyants et plusieurs boissons absolument inconsommables à l'origine de l'expression "avoir le goût d'un premier vin dellien". Fidèles à leur réputation d'adaptation et de persévérance, les delliens ont pris sur eux de chercher à produire du vin à l'aide de tout produit qui pourrait pousser sur leur territoire, et ce jusqu'à l'élaboration d'une boisson excellente. Plusieurs dizaines d'années furent nécessaires à la création du "vin de tout".
Le vin de tout, aussi nommé linablin ou simplement ablin (son nom le plus courant), bien que fort alcoolisé ne contient pourtant aucune trace de raisin puisqu'il est élaboré à partir d'une espèce sévèrement sélectionnée d'orge.
Les phases d'élaboration de l'ablin sont extrêmement nombreuses et commencent par le trempage de l'orge durant trois jours, son séchage durant huit nuits, et son réchauffement durant deux autres. L'orge sera ensuite broyé et mêlé d'eau à plusieurs reprises selon un procédé connu des seuls delliens, et sera ensuite laissé à fermenter quelque temps avant d'en arriver à l'étape de sa distillation. Les delliens, au cours des ans, sont devenus de véritables experts en matière de distillation, chaque alambic possédant sa forme particulière pour un usage bien particulier.
Les rumeurs courant sur la fabrication de l'ablin prétendent que les meilleures bouteilles sont distillées huit fois dans huit alambics de taille et de forme différentes, aux températures d'une précision digne des temples de l'Ordre.
Arrivera finalement l'étape du vieillissement. Seule concession faite au raisin, les fûts employés pour faire vieillir l'ablin sont ceux, rachetés à grands frais, ayant contenu durant au moins trente années du vin "classique" d'Ar'Kalyven. L'ablin sera vieilli en cave durant huit ans pour les plus jeunes jusqu'à vingt-quatre ans pour les plus forts et acquerra dès sa cinquième année en fût la couleur ambrée et le parfum puissant qui lui donnent sa réputation.
Il convienra de souligner pour finir qu'il semble qu'un dernier ingrédient soit ajouté à l'ablin au moment de la mise en bouteille pour en adoucir légèrement la saveur.

Extrait des Curiosetés alcoolisées, par Melori Marmenon et Unen-Ysre.

L'eau d'arc-en-ciel ou liqueur arc-en-ciel


Pour les amateurs, c'est un alcool des plus subtils. Pour ceux qui n'y goûtent guère, c'est une drogue barbare. En effet, une partie animale entrant dans la composition de ce breuvage, il est souvent considéré comme irrévérencieux. A force de macération de dents de serpents arc-en-ciel, cet alcool induit une douce transe hallucinogène qui tire son usager de la réalité sans pour autant l'en couper totalement. La boisson rend souriant et affable et accroît certaines perceptions comme le goût et le toucher, mais en altère d'autres comme la vue et l'ouïe. Il s'agit donc d'une substance plus liée à l'introspection qu'à la démonstration sociale. Cet aspect, associé à son coût élevé, font de sa consommation une pratique peu répandue qui ne touche qu'un restreint cercle d'usagers.

Extrait du Journal du Bol Doré, rubrique des Alcools rares, par Bradon Courtemeche.

Ingrédients pour un melon :
1om. d'eau de vie de céréales.
5 dents de Serpent Arc-en-ciel ayant conservé leur bulbe venimeux.
4 petites cuillerées de sucre.
12yk. de racines de bouillon blanc
Préparation :
Dans une bombonne de plus d'un melon de capacité, plonger en premier lieu les dents reptiliennes dans l'eau de vie. On utilise en général un alcool de millet mais l'orge ou le blé conviendront également.
Puis, dans une petite marmite de cuivre, faire un sirop assez liquide avec le sucre et la racine de bouillon blanc. Le bouillon blanc atténue l'amertume des dents tout en sublimant leurs effets psychotropes.
Ajouter le sirop au premier mélange.
Avant de sceller la bonbonne peuvent y être ajoutés des fruits à votre convenance, abricots et framboises étant les plus souvent utilisés.
La bonbonne devra être enterrée deux mois à l'abri de la chaleur et de la lumière.
Veiller à exhumer la bonbonne de nuit, à la lumière lunaire afin d'habituer progressivement votre nouvel alcool à la lumière dont il a été privé. Une exposition trop brusque pourrait le faire tourner. Quand le soleil se lèvera, vous découvrirez la couleur prise par votre préparation (la couleur adoptée dépend des dent employées).
Conseils de dégustation : boire tiède par verre d'un bouchon ou ajouter une lampée à une tisane ou autre boisson chaude.
Extrait du Carnet de Cuisine d'Ebelan Lecourtoy.

La goutte de laurier


Alcool obtenu par la distillation de feuilles de laurier-badilim fermentées et de quelques autres plantes dont la sauge et l'ysanet, la goutte de laurier est une spécialité thardienne dont le secret est jalousement gardé.
Conservée dans une petite bouteille généralement en pierre ou en terre cuite, la goutte de laurier se présente sous la forme d'un liquide vert émeraude brillant, très sirupeux. Très quelconque, voire écoeurant lorsqu'il est goûté tel quel, cet alcool développe tous ses arômes lorsqu'il est tiédi et retrouve alors les propriétés merveilleuses du laurier-badilim, son composant principal dont le goût bien connu, unique et parfait, ravira tout un chacun.
Très peu enivrante, la goutte de laurier occasionne pourtant de violents maux de tête lorsqu'elle est consommée en trop grande quantité. Ainsi, on ne la prend pas telle quelle mais on se contentera d'en additionner traditionnellement quelques gouttes dans une tisane de fleurs, principalement de violettes. C'est alors une boisson très prisée que l'on consommera les soirs de fête en Ar'Thard et, surtout, en Ar'Boeren depuis quelques années.

Extrait des Curiosetés alcoolisées, par Melori Marmenon et Unen-Ysre.

L'in’dreka, petite bière, ou bière du sced


Spécialité de l'Ouest du Roban, plus précisément brassée dans les établissements de Mevyran, l'in'dreka connaît un succès qui dépasse les frontières du pays ; largement exportée par la voie maritime, sa renommée n'est plus à faire !
Orge et houblon font partie des productions des plaines qui bordent la côte autour de la ville de Mevyran, permettant l'approvisionnement de ses fameuses brasseries. C'est la localisation des champs de grains qui donnent le goût et la force de cette bière ; en effet, soumis toute l'année aux effluves marines, le grain se charge de sel et de vent, obtenant ce goût si particulier.
L'in'dreka fait partie des nombreuses productions locales, et même des productions bon marché, malgré son très large succès. Elle est réalisée en trois étapes successives, la première transformant l'orge en malt, la deuxième le malt en moût et enfin le moût en bière :
la première phase comprend l'humidification des grains, sa germination, et son touraillage
le malt obtenu est concassé, délayé, chauffé (c'est lors du chauffage que se développe le sucre) puis filtré, jusqu'à obtention du moût
ce dernier est bouilli, on y ajoute une décoction de houblon, la levure de bière, puis le tout est placé en fermentation durant une semaine.
Durant la fermentation, un des secrets de l'in'dreka est l'adjonction dans les cuves de fleurs de houblon séchées de la récolte passée ; les arômes floraux se développent ainsi, aidés par les éléments salins de la boisson.
Maintenant que nous avons évoqué ses secrets de fabrication, voyons pourquoi cette bière plaît tant ; plus qu'une boisson, c'est un voyage, puisqu'à chaque gorgée on se sent transporté au bord de la mer, les pieds dans les prés de céréales, le visage balayé par le vent marin. D'une douceur sirupeuse, cette bière se laisse boire inlassablement, des litres entiers peuvent passer derrière la luette malhabile du buveur le moins expérimenté de la taverne ; et pour cause, un tel taux de sucre entraîne un très haut taux d'alcool. Surnommée démon du lendemain, pour les malaises causés par son abus, il est recommandé de ne pas souvent y revenir ; ce sont les pires migraines que l'on peut connaître… son autre surnom, la bière du sced, vient également de ce gros défaut ; on dit qu'au réveil d'une soirée à l'in'dreka, c'est comme si un sced s'était amusé avec votre boîte crânienne…

Extrait du Journal du Bol Doré, numéro 22.

Le lindir-meian, ou vin de lune


Le vin de lune est obtenu à partir d'un cépage de Lumnä, qui produit un raisin aux gros grains oblongs, translucides, dont la couleur est pour le moins peu commune : un beau bleu-gris, clair et nacré.
Les propriétaires de ces vignes disent d'ailleurs, non sans fierté, qu'à la lumière du soleil, les grains de leur raisin luisent comme des opales.
Le vin de lune possède un goût doux et sucré, légèrement farineux, qui rappelle le freesia et l'amande douce.
Il s'accorde particulièrement bien avec le poisson et les desserts (pâtisseries).
Le vin de lune a la réputation de griser rapidement. Au bout du deuxième verre seulement, il brouille l'esprit et altère l'acuité visuelle : tout devient brumeux dans la tête de celui qui le boit, et un voile blanchâtre, cotonneux, semble s'être déployé devant ses yeux.

Extrait des Curiosetés alcoolisées, par Melori Marmenon et Unen-Ysre.

La liqueur elfique


Elfe saoûl ramené chez lui par un écureuil, par SLo.Comme son nom l'indique, cette liqueur est préparée par les elfes des bois oneiriens, mais si le nom de liqueur elfique est bien connu de tous les oneiriens, fort peu d'entre eux ont eu l'occasion de la goûter ou, plus exactement, de les goûter, car les liqueurs elfiques sont d'une variété presque infinie et rarement deux fois semblables, préparées à partir de tout fruit (et souvent de bien d'autres choses...) trouvé en Oneira. Il existe cependant des constantes dans la préparation et la définition des liqueurs elfiques : pour leur préparation, les elfes utilisent de l'eau de source ou de l'eau de pluie ruisselant le long des aiguilles de résineux, du miel récolté en essaims, et les plus étranges des contenants : noix et noisettes transformées en tonneaux, ou peau évidée de petits fruits ou de baies, comme des baies de sureau, de cassis, des groseilles, ou même les minuscules capsules de framboises qui, évidés de leur pulpe, sont remplis et mis à vieillir dans des troncs d'arbre évidés. La plus célèbre liqueur elfique parmi le monde humain est sans conteste celle de raisin, vieillie dans ses propres grains.
La liqueur est produite pour les elfes essentiellement pour leur propre consommation ou pour celle des petits peuples magiques d'Oneira, aussi, se procurer de la liqueur elfique n'est pas chose aisée pour un humain, car la fragilité des contenants, la faible production et la versatilité des producteurs rendent tout échange délicat. On peut néanmoins consommer de la liqueur elfique dans de nombreuses tavernes ou auberges des régions où vivent les elfes (Mar'Ev'Syra, Mar'Ini'Uyn, Damirë...) ou encore à Illéranyne.
Notons qu'en dépit des quantités minuscules de liqueur contenue dans chaque "fût" elfique, un seul grain de groseille plein suffit à faire sentir à un homme bien bâti les effets de l'alcool, et qu'une seule capsule de framboise suffit à parfumer tout un plat : la cuisine badilim en utilise d'ailleurs très fréquemment.

Extrait des Curiosetés alcoolisées, par Melori Marmenon et Unen-Ysre.

L'hypocras d'Ar'Lumn


Pour 4bm. de vin rouge :
10yk. de gingembre,
17yk. de miel liquide,
8 gousses de cardamome,
4 bâtons de cannelle,
8 clous de girofle.
Faites frémir le vin et le miel jusqu'à l'apparition des premières bulles.
Ajoutez un linge propre dans lequel vous aurez mis les épices réduites en poudre et mélangées.
Laissez macérer le tout une nuit et une journée.
La quantité et les épices utilisées n'est pas une donnée fixe et peuvent être adaptées au goût de chacun.

Extrait des "Carnets du Coussin Bleu".

L'hydromel d'Ar'Lumn


Faites bouillir 9k. de miel d'abeille, écumez, puis ajoutez :
1dm. d'eau,
2lk. de cardamone,
4lk. de cannelle.
Laissez bouillir jusqu'à réduction du mélange d'un quart environ.
Arrêtez la cuisson et laissez tiédir.
Ajoutez 4lk. de levure de bière.
Laissez reposer le tout pendant une journée ou une nuit.
Laissez vieillir dans une bouteille hermétiquement fermée, au moins trois semaines avant
de déguster.
Comme pour l'hypocras, la quantité et les épices utilisées peuvent être modifiées.

Extrait des "Carnets du Coussin Bleu".