Le culte de Maeailasen




Sage-femme et prtresse du Culte de Maeailasen, par SLo.

Note préliminaire et rappel essentiel


Le Culte de Maeailasen se rattache à un peuple et un seul : le peuple des Eloban. Seuls les Eloban le pratiquent.
Attention à ne pas confondre le Culte de Maeailasen avec le Culte de Délomaque que l'on pratique en Oel'Selm et à Illéranyne, que pratiquent également la plupart des mages, alchimistes, sorciers et chamans, ainsi que tous ceux qui ne sont pas affiliés à un culte ou qui sont, au contraire, affiliés à plusieurs cultes.
Le Culte de Maeailasen et le Culte de Délomaque ont en commun d'être axés autour de la figure de Délomaque ; cependant, ils n'en restent pas moins très différents.

Idéologie et principes fondateurs du Culte de Maeailasen


Principe fondateur : Délomaque est la seule divinité réellement existante en Oneira.
Le Culte de Maeailasen est un Culte unique en Oneira.
Contrairement à tous les autres, il ne reconnaît l'existence que d'une seule et unique figure divine : Délomaque, principe premier et absolu d'Oneira.
Les autres dieux vénérés en Oneira, supports des autres cultes, ne sont considérés que comme une simple diffraction de Délomaque.
Dans le Culte de Maeailasen, on compare d'ailleurs le panthéon oneirien à un arc-en-ciel, manifestation chatoyante qui amuse l'oeil, empêche l'esprit d'opérer une synthèse et donne l'illusion de la multitude.
Plutôt que de ne s'intéresser qu'à un seul des aspects de la création de Délomaque, ainsi que le font les autres cultes, le Culte de Maeailasen s'applique à célébrer l'oeuvre de Délomaque dans son unité et dans toute sa richesse.
Importance de la notion d'unité dans la pensée élobanne :
Le principe d'unité et d'indivisibilité est fondamental au sein de la communauté élobanne.
Une extraordinaire cohésion lie ses membres. Les Eloban sont extrêmement soudés, et possèdent un solide esprit de communauté.
Ils sont intimement conscients d'appartenir à un seul et même peuple, malgré son morcellement, son émiettement en une multitude de communautés et sa dispersion à travers tout Oneira.

Histoire du culte


L'apparition du Culte de Maeailasen remonte à des temps immémoriaux.
Le Culte n'a quasiment pas changé au fil des siècles.
Cette quasi absence d'évolution s'explique par la manière dont les Eloban envisagent et se représentent symboliquement leur peuple...
En effet, dans l'imaginaire des Eloban, le peuple éloban est à l'image du monde crée par Délomaque : à la fois mouvant et stable, toujours en évolution et pourtant toujours le même. Comme l'oeuvre de Délomaque, comme Oneira, le peuple éloban est nomade, et donc perpétuellement en mouvement ; mais en même temps, les Eloban restent stables par leur foi et leur culte, qui ne changent pas.

Règles internes et lois du culte


Honorer Délomaque, et ne jamais salir son nom.
Remercier régulièrement Délomaque pour ses bienfaits, en fonction de ses moyens, mais sans jamais faire preuve d'avarice, en apportant des offrandes sur son autel.
Tuer un être humain, de quelque manière que ce soit, sauf si c'est pour protéger sa propre vie, est le plus grave des crimes.
L'avortement est strictement proscrit, car il est contraire aux efforts de Délomaque pour créer, développer et faire prospérer la vie en Oneira. Quoi qu'il arrive, un enfant est toujours un cadeau de Délomaque. Si une jeune fille tombe enceinte, mais n'est pas à même d'élever l'enfant (parce qu'elle est trop jeune et jugée irresponsable, ou bien pour des raisons matérielles), le bébé est pris en charge par l'une des familles de la communauté.
Une femme élobanne peut choisir d'avoir un enfant hors mariage sans s'attirer les foudres de la communauté, car chaque femme est maîtresse de son corps et de sa vie. Par la suite, cette femme pourra sans problème se marier avec l'homme de son choix, qu'il soit ou non le père de l'enfant.
Au sein de la communauté élobanne, une fois les liens d'une union devant Délomaque scellés, il est très mal considéré de les outrepasser. Si un enfant est le fruit d'un adultère, immédiatement après sa naissance, il est indispensable d'organiser une cérémonie de purification, au cours de laquelle la Lairana lavera le bébé de ses origines troubles. Au sein de la communauté, jamais l'enfant ne sera rejeté et stigmatisé, car il n'est pas responsable de la faute de ses parents.
L'appartenance au Culte de Maeailasen se transmet par la mère. Dans la pratique, si un enfant issu d'un couple mixte est élevé au sein d'une communauté élobanne, il adopte naturellement le Culte de Maeailasen. Si l'enfant est élevé en dehors d'une communauté élobanne, il adopte généralement les principes et les pratiques d'un autre culte. Mais il peut, dès qu'il le souhaite, rejoindre une communauté élobanne, où il sera parfaitement bien accueilli.

Hiérarchie du culte


Simple croyant.
Leilainei : aide de la Lairana.
Obanien-Lairana : aspirante Lairana.
Lairana ("Protectrice") : prêtresse du Culte de Maeailasen.
Envy'Up, sous-entendu "Ilasen" ("Très Haute", sous-entendu "Mère") ; également appelée "Ilasen'Da" à ne pas confondre avec le mot oneirien "dailasen" ("Grande Mère", à ne pas confondre avec "grand-mère") : c'est elle la garante du respect et de la stabilité des dogmes du Culte de Délomaque. Elle représente également le Culte en Illéranyne. A la mort de la Envy'Up, toutes les Lairana doivent se réunir (ce rassemblement se fait actuellement à Illéranyne) pour élire l'une d'entre elles, afin qu'elle remplace la défunte. Avant, la Envy'Up continuait à vivre et officier dans sa communauté d'origine. Mais depuis la signature du Maltelin-Kan, le Culte de Maeailasen tenant à avoir une représentante au Synode, la Envy'Up vit à Illéranyne.

Les Prêtresses du Culte de Maeailasen


Dans chaque communauté officie une ou plusieurs prêtresses (dans les plus grandes communautés, on en compte une pour cinquante ou cent personnes environ).
On appelle ces prêtresses les "Lairana".
Le terme de "Lairana" provient d'une déformation de "laïren" qui signifie "protecteur". Les Lairana sont, à l'échelle de la communauté, les gardiennes du Culte de Maeailasen et de ses principes. Elles doivent également protéger les vies des membres de leur communauté, en prodiguant des soin médicaux et en veillant sur les femmes enceintes.

Rôle de la Prêtresse


Une Lairana travaille, et fonde une famille, comme les autres femmes de la communauté. Elle assure simplement, en plus de ses devoirs professionnels et familiaux, les offices du culte, et apporte son aide à ceux qui en ont besoin.
Célébrations des offices religieux. Le premier jour de chaque semaine (chômé), la Lairana rassemble les membres de la communauté pour rendre grâce à Délomaque. Elle a également en charge les autres célébrations qui rythment la vie des Eloban (cérémonies de naissance, de mariage, cérémonies funèbres etc).
Ecoute et assistance des membres de la communauté. C'est également vers la Lairana que pourra se tourner toute personne ayant besoin de parler ou d'être guidée. Car bonne, patiente, et toujours à l'écoute, elle s'emploie à prodiguer conseils et réconfort.
Rôle de guérisseuse. La Lairana connaît les secrets relatifs à l'art de guérir.
Suivi des grossesses et accouchements. La Lairana s'occupe des femmes enceintes de la communauté du début à la fin de leur grossesse, et veille à ce que tout se déroule bien. Lorsqu'une femme entre en couche, on l'appelle au chevet de la parturiente. Assistée des Leinainei qu'elle a formées, elle remplit le rôle de sage-femme au sein de la communauté.

Vie quotidienne de la Prêtresse


Chaque matin, la Lairana se rend dans le lieu où est célébré le culte, que les Leilainei auront préalablement pris soin de nettoyer, et où elles auront ravivé les braises du foyer.
Elle rend grâces à Délomaque et prie pour tous les membres de la communauté.
La journée, la Lairana vaque à ses multiples occupations : rendre visite aux malades et aux femmes enceintes, dispenser conseil et réconfort à ceux qui en ont besoin etc.
Le soir, la Lairana retourne prier devant l'autel de Délomaque.

Apprentissage de l'Aspirante


Chaque Lairana choisit plusieurs fillettes au sein de sa communauté, afin qu'elles l'assistent dans sa charge de prêtresse. Ces fillettes prennent le nom de Leilainei, ("Petite Soeur").
Les Leilainei apprêtent le lieu où est célébré le culte, aident la Lairana lors de la préparation des cérémonies et apprennent avec elle comment s'occuper d'une femme en couches.
Au bout d'un certain temps, la Lairana choisit parmi ces fillettes, la plus apte à devenir une prêtresse de Délomaque, et à lui succéder dans cette tâche après sa mort.
La Lairana continue à partager son expérience avec toutes ses protégées.
Mais elle passe beaucoup de temps seule avec l'aspirante prêtresse. Durant ces moments privilégiés, elle lui transmet ses secrets, et la prépare à devenir prêtresse de Délomaque.

Epreuves


Il n'existe pas de véritable épreuve de passage dans la Culte de Délomaque.
Une Aspirante devient Lairana à la mort de la Lairana qui s'est chargé de sa formation.
Il existe cependant une condition à l'accès au rang de Lairana : l'Aspirante doit avoir fait l'expérience de la grossesse et de l'enfantement. Car ainsi, parce qu'elle fait l'expérience, dans sa chair, de l'acte de création, l'Aspirante est à même de comprendre Délomaque et d'entrer en résonance avec elle ; sa perception du monde s'en trouve affinée et enrichie.
Si l'aspirante Lairana ne parvient pas à avoir d'enfant, elle est écartée, car l'infertilité est le signe incontestable que Délomaque ne la juge pas digne d'être l'une de ses prêtresses.
Si une Lairana meurt avant que son élève soit nubile, ou avant qu'elle n'ait eu un enfant, sa charge est confiée à l'élève d'une autre Lairana, mère celle-là. L'aspirante dont la protectrice est décédée passe sous la protection de la Lairana qui vient de perdre son élève.

Lieu de culte


Dans le Culte de Délomaque, le lieu de culte peut varier.
Il s'agira d'une grande tente si la communauté est itinérante. ; ou d'un bâtiment prévu à cet effet, lorsque la communauté est sédentaire.
A cet effet, dans les villes où ils s'installent de manière définitive, les Eloban on pris l'habitude de construire des maisons à deux étages, dans lesquelles le premier étage est réservé à la célébration du culte, tandis que la Lairana et les Leilainei vivent au deuxième étage et dans les combles.

Lieux de pèlerinage


Les Eloban effectuent, en quelque sorte, un pèlerinage permanent. Ce peuple est voué à continuellement sillonner Oneira, afin de connaître et d'apprécier toute la diversité, toute la richesse et la beauté de l'oeuvre de Délomaque.
Pour les communautés sédentaires, outre les rassemblements cycliques pour les grandes fêtes du Culte, il existe un pèlerinage spécifique : ce pèlerinage consiste à rejoindre la Envy'Up, ce qui est loin d'être aisé lorsque la Très Haute Mère fait partie d'une communauté itinérante ! De nos jours, ce pèlerinage est facilité puisque la Envy'Up réside à Illéranyne, et ainsi le voyage est d'autant plus apprécié, l'archipel offrant aux Eloban toute la diversité qu'ils apprécient en Oneira.

Culte du peuple


Les Eloban adressent quotidiennement une prière matinale à Délomaque, afin de la remercier de leur offrir cette nouvelle journée. Cette première prière est suivit d'une deuxième, le soir, au cours de laquelle les Eloban remercient Délomaque pour tous les bienfaits qu'elle leur a apportés au cours de la journée.
A chaque repas, ils lui rendent également grâce.
Lors du rassemblement hebdomadaire de la communauté pour la célébration du culte, chacun apporte des offrandes à Délomaque.
Pour chaque événement heureux dont le gratifie Délomaque, il est conseillé à un Eloban de déposer une offrande sur son autel, et notamment lorsque dans une famille, un enfant vient au monde.

Calendrier des fêtes et événements


Lynï frel : fête célébrant l'éveil de Délomaque.
Mavë neor : célébration de la naissance du peule Eloban. Les différentes communautés élobannes célèbrent cet événement chaque année, chacune de leur côté, mais tous les huit ans, cette fête donne lieu à un immense rassemblement ; tous les Eloban convergent vers un pays neutre (actuellement, le Nord du Daafeld) et se retrouvent pour célébrer ensemble l'événement. Le dernier rassemblement a eu lieu le jour de mavë neor 1044.
Mavä melda : fête de la fécondité.
Addï lüwen : commémoration de l'an 0 et du chagrin de Délomaque.
Les Eloban célèbrent les fêtes oneiriennes traditionnelles telles que le Coeur-Hiver, la fête des bardes, la fête du pain, la fête de l'aide, etc.
Lorsque les Eloban sont sédentaires, il arrive également qu'ils adoptent les fêtes et les coutumes de la région où ils se trouvent, dans la mesure où ces dernières ne sont pas en relation avec un autre culte.

Sorts et apanages


Il n'existe pas de sort ou d'apanages particuliers dans le Culte de Maeailasen.
Les Eloban se consacrent exclusivement à l'activité commerciale ; il n'existe donc pas d'art éloban, et les Eloban ne pratiquent pas la magie, sinon de très petits sorts courants.
On peut cependant noter quelques talents très singuliers, dont disposent les Eloban et les Lairana :
Les Eloban semblent naître avec une boussole dans la tête. Où qu'ils soient, même sans instrument ni repère astral, ils sont capable de définir leur position et de s'orienter.
Les Eloban sont également capables de sentir lorsqu'un Eloban isolé ou un groupe d'Eloban s'approchent. Et ce, à quelques élans de distance (1 ou 2 environ).
Pour finir, les Eloban possèdent une formidable intuition en ce qui concerne le commerce : ils repèrent immédiatement les bonnes affaires, sentent ce qui va plaire ou pas à leurs clients, semblent capables d'anticiper les modes etc.
La Lairana possède divers talents.
Elle est capable d'annoncer à une femme lorsqu'elle va tomber enceinte.
Dès les premiers jours, elle peut savoir si une femme est enceinte, sans même l'ausculter (les femmes enceintes ont paraît-il, une aura spéciale).
La Lairana peut deviner la date à laquelle naîtra un nouveau-né sans même connaître la date de sa conception.
Elle devine également le sexe des enfants que portent les femmes.

Signification des symboles


1 : l'unité, l'indivisibilité.
2 : la scission, la discorde.
3 : l'équilibre.
8 : l'infini.
Triangle : la stabilité (un ancrage solide, qui permet l'élévation de l'âme et la fusion de l'être avec le cosmos).
Cercle : le cycle de la nature et des vies.
Carré : l'ordre, l'organisation, mais aussi l'abri, la maison.
Ligne droite : le chemin de vie, le destin.
Deux lignes qui se croisent : la rencontre, l'union.
Fruit : la maternité, la création.
Abeille : le travail.
Miel : le fruit du labeur.

Signification des signes


Printemps précoce : nombreux mariages dans l'année.
Fleur sauvage de couleur rouge qui pousse au pied d'une tente, ou dans le jardin d'une maison : dans la famille, l'une des filles va bientôt devenir nubile.
Lorsque une femme casse une assiette, un bol ou une cruche par mégarde : son fils ou sa fille va se marier dans l'année.
Lait qui tourne dans une cruche : annonce d'une fausse couche, ou d'un deuil dans la famille.
Arc en ciel : annonce à la personne qui le voit qu'elle risque de se faire duper, et de perdre de l'argent.

Prières et chants


Prière du matin :
Je remercie Délomaque,
Mère du Monde et de tous les hommes,
De m'offrir ce nouveau jour.
Qu'il soit riche et plein de ses bontés,
Pour moi et tous les miens.
Prière du soir :
Je remercie Délomaque,
Mère du Monde et de tous les hommes,
De m'avoir tout le jour,
Gratifié de ses bienfaits.
Que demain soit encore
Riche et plein de ses bontés,
Pour moi et tous les miens.
Prière chantée lors des célébrations du culte :
Délomaque, notre mère,
Nous acceptons ce monde
Dont tu nous as fait cadeau,
Et promettons d'en prendre soin.
...
Délomaque, notre mère,
Nous acceptons la vie nouvelle
Que tu as soufflée dans nos corps.
Ton coeur palpite en nous.
...
Délomaque, notre mère,
Nous acceptons ton amour
Et pour nous ton sein protecteur
Sera toujours un refuge.
...
Délomaque, notre mère,
Nous acceptons la mort
Lorsque tu auras décidé
Que pour nous le temps est venu.
...
Délomaque, notre mère,
Nous acceptons tout de toi,
Comme des enfants qui, confiants
Se laissent guider sans peur.

Relations politiques et conflits


En général, le Culte de Maeailasen entretient de bons rapports, ou du moins des rapports pacifiques, avec tous les autres cultes.
Il sait se faire discret, et ne revendique rien, à part le droit d'être pratiqué par ses adeptes, librement, en paix, sans heurts.
Pour les Eloban, la vie cultuelle est une affaire privée, et correspond à un choix intime, strictement personnel.
C'est pourquoi en public, ils prennent soin de ne laisser apparaître aucun signe faisant référence à leur culte. Tous les signes du culte restent confinés dans les lieux de culte et à l'intérieur des maisons.
Les Eloban refusent également tout prosélytisme. Ils ne cherchent en aucun cas à rallier de nouveaux adeptes et à propager le culte de Maeailasen.

Personnages marquants


Isthania (975-1041): Envy'Up qui a signé le traité de Maltelin-Kan afin que le Culte de Maeailasen sorte de l'ombre et soit pleinement reconnu, à travers tout Oneira, comme un culte à part entière; en 1039, elle est devenue la première représentante du Culte de Maeailasen au Synode.
Nanya : actuelle Envy'Up.