Le culte de la Brume




Conditions d'admission


Du fait de son isolement, il est plus difficile d'être intégré dans le culte de la Brume que dans n'importe quel autre culte. L'on dit qu'à l'intérieur des forêts de Mirë-Mean et du territoire de Lumëa, n'importe qui peut entrer en tant que Leali (novice) au sein d'une communauté de prêtres de la Brume. Cependant, depuis plusieurs décennies, et bien que ça soit moins vrai ces dernières années, le Mur de Brume (Senv-Lumë) s'ouvre aux voyageurs respectueux et bien intentionnés, ainsi qu'à ceux, tolérés par la Brume, qui souhaitent l'honorer. L'option la plus courante reste cependant le "choix" : prêtresses, bardes ou initiés de la Brume viennent chercher partout en Oneira ceux que la Brume désigne. Libre à eux, alors, de partir à Lumëa. Les critères d'admission dans le culte de la Brume restent inconnus aux non-initiés, mais il semble que le respect des choses, la maîtrise de soi et l'amour d'Oneira comptent pour beaucoup.

Apprentissage du Leali


L'apprentissage des jeunes novices dans le culte de la Brume est excessivement complet. Les doyennes du culte ou du temple sont souvent celles qui enseignent aux jeunes un grand nombre de matières (poésie, chant, histoire d'Oneira, art de guérir, divination, passage des murs de Brume, passage des portes de Brume, langage du Petit Peuple, détection des Pierres à Fées, etc...). Après les deux premières années d'apprentissage, le jeune leali doit opérer un choix : soit il peut devenir un "Balan-lumë", soit un "Enime-lumë". Dans le premier cas, le leali aura pour fonction d'enseigner son savoir, de parcourir Oneira à la recherche des élus de la Brume. Il est mi-barde, mi-druide, et sa ligne de conduite est proche de celle des prêtres de la Nature. Dans le second cas, le leali aura pour fonction la dinvination, le bon fonctionnement du culte, il devra effectuer les cérémonies et protéger les portes de Brume, le Mur de Brume, et la porte d'Ë. Leur ligne de conduite est alors proche du culte de la Clarté. Curieusement, presque tous les hommes choisissent le statut de Balan-lumë, et toutes les femmes celui d'Enime-lumë.

Apprentissage du Prêtre


Qu'il se destine à devenir Balan-lumë ou Enime-lumë, le jeune novice n'apprendra à passer les hauts murs de Brume qu'au moment de ses épreuves de passage au statut de prêtre. C'est pendant ces épreuves, où le temps ne joue plus aucune importance, que se concentre le savoir et l'apprentissage des prêtres. Ils y apprennent l'essence de la Brume ainsi que son rôle...
Lorsque le jeune prêtre a passé avec succès les épreuves de la Brume, un membre du petit peuple lui appose un tatouage. Ce tatouage, symbole du lien des prêtres de la Brume avec le savoir ancien d'Oneira, peut prendre plusieurs formes (rune, symbole de l'écriture du petit peuple, dessin stylisé, etc...) et être apposé à plusieurs endroits (front, épaule, dos, torse, poignet, paume de la main, cheville, etc...). Il symbolisera le chemin que le prêtre doit avoir à coeur de réaliser pour aider la Brume et s'harmoniser avec Oneira.

Epreuves de la Brume


Première épreuve : Utilisation de la Brume : Le leali devra montrer ses aptitudes à modeler la Brume, à colorer la Brume, à créer et mouvoir les portes de Brume et à utiliser la Brume pour augmenter sa vision.
Deuxième épreuve : Orientation dans la Brume : Le leali, envoyé dans son sommeil par delà l'un des Hauts Murs de Brume, devra retrouver le chemin de Lumëa. Pour ce faire, il aura le choix entre plusieurs options : créer une porte de Brume, franchir les Murs de Brume, trouver une Pierre à Fée et la maîtriser, demander l'assistance du capricieux petit peuple.
Troisième épreuve : Trouver le chemin d'Ë : Le leali devra trouver seul le chemin de Brume menant à Ë où il recevra des anciens le Savoir nécessaire à son entrée en prêtrise. Cette épreuve, la plus difficile de toutes, voit chaque année de nombreux leali se perdre à jamais dans les profonds murs de Brume.

Sorts et apanages


Lever et abaisser la Brume.
Faire pleuvoir.
Lever les nuages.
Franchir les murs de Brume.
Révéler les pierres à fées.
Voir le petit peuple.
Maîtriser les pierres à fées.
Faire passer la Brume à un profane.
Révéler une porte de Brume.
Créer et refermer une porte de Brume.
Mouvoir une porte de Brume.
Marquer le monde de Brume.
Appeler le Petit Peuple.
Se fondre dans la Brume.
Révéler la couleur de la Brume.
Communiquer par les miroirs de Brume.
Renforcer localement le Grand Mur de Brume.

Hiérarchie du culte


Le culte de la Brume possède une hiérarchie bien particulière mettant en avant la profonde égalité des prêtres devant Oneira. Usuellement, on pourra la traduire ainsi :
1 - Leali (apprenti)
2 - Esote-Lumë (connaît les mythes, symboles, plantes, etc... est un serviteur de la Brume sans pouvoir sur elle).
3 - Laban-Lumë (guide).
4 - Balan-Lumë ou Enime-Lumë (qui a passé les épreuves de la Brume).
5 - Eme-Lumë (érudit), Ob-Lumë (professeur), Sor-Lumë (scribe), Num-Lumë (guérisseur), Gam-Lumë (devin), En-Lumë (mage)...
6 - Gen-Lumë (maître).
7 - Laïrë-Lumë (protecteur).
8 - Onam-Lumë (gardien).
Les deux représentants de la Brume à Illéranyne, Deloë et Cleÿs, sont des Gen-Lumë. Le statut de l'Onam-Lumë n'est pas compris ailleurs qu'en Mirë-Mean, car il ne semble pas occupé (ou, disons, pas au sens habituel du terme) : depuis l'an 0 et, semble-t-il, bien avant, l'Onam-Lumë est appelée Erana, et il semble que certains considèrent que la Gardienne Erana elle-même occupe cette fonction depuis la Guerre des Gardiens. Il semble plus vraisemblable de considérer que les prêtresses accédant au statut d'Onam-Lumë prennent officiellement le nom d'Erana. D'autres encorent pensent que l'Onam-Lumë vit dans le Monde d'Ë où elle serait protégée de la vieillesse, ce qui expliquerait également qu'on n'aie jamais vu, semble-t-il, celui ou celle qui occupe cette fonction.

Hiérarchie du culte de la Brume.

Réglement du Temple


Les temples de la Brume fonctionnent d'une manière qui nous semblerait anarchique, d'autant que les prêtres ne sont pas, comme dans la plupart des autres cultes, rassemblés dans un lieu (le temple). Les prêtres de la Brume vivent le plus souvent dispersés dans les villages, et se rassemblent si besoin est auprès des lieux de culte (le plus souvent en plein-air). Seuls les leali et les prêtres chargés de leur enseignement vivent regroupés autour de temples ou de sanctuaires. Cependant, chacun semble vaquer à sa tâche sans qu'on la lui ait attribuée, dans un ensemble, au final, parfait. Malgré tout, on peut observer la permanence de quelques règles :
Maintenir la Brume autour de l'autel du Temple,
Accorder l'asile à tout être vivant (même animal ou végétal (une plante qui pousse dans un temple ne sera pas arrachée)) dans le besoin, et ce pour la durée de son choix.
Se purifier avant les cérémonies.

Vie quotidienne du Prêtre


La vie des prêtres connaît de très grandes disparités entre leurs différentes spécialisations. Toutefois, on observe certaines constantes quant à leur comportement :
Respecter toute chose.
Saluer la Brume.
Saluer la constellation de Luva.
Répondre à l'appel de Brume.
Se purifier les jours de fête, même si l'on y participe pas.
Observer un jeune le jour de la pleine lune et de la lune nouvelle, sauf en cas de voyage, maladie, grossesse, etc...

Rôle du Prêtre


Enseigner son savoir aux plus jeunes,
Maintenir les portes de Brume,
Protéger les Petits Peuples,
Honorer Délomaque, Ë et le souvenir des Anciens Dieux,
Guider les étrangers en Mirë-Mean,
Garantir la permanence de la Brume et des murs de Brume.
Aider les profanes dans la vie quotidienne (guérison, conseils, etc...).

Calendrier des fêtes et événements


Fête des Bardes (sevë mavela) : fête des bardes dans tout Oneira, mais surtout en Mirë-Mean.
Fête d'Ë (lumë asten) : fête en l'honneur d'Ë et de la Brume, on y observe de nombreuses cérémonies, et surtout la cérémonie de Rianlumë où les Gam-Lumë reçoivent des visions uniques du passé, du présent et de l'avenir des mondes de Brume.
Fête du Petit Peuple (sevë sinar) : fête de remerciement au petit peuple pour son aide. Offrandes aux anciens dieux, et banquets de recettes spéciales du petit peuple. La nuit, tous les membres du Petit Peuple allument des torches à l'entrée de leurs habitations, ou font partout en Mirë-Mean des processions en portant ces mêmes torches, pour rappeler la tombée des étoiles d'Eilanor, et la naissance des Fées.
Fête des Bregen (lumï lüwen) : fête dédiée au souvenir de l'âge des Bregen, au début d'Oneira.
Fête de la Reconnaissance (eilë bomel) : fête antique (probablement la plus ancienne du culte de la Brume), célébrant l'alliance sacrée entre les Fées et les Bregen. Aujourd'hui la fête de la reconnaissance n'est plus qu'une survivance de l'ancien culte de la Brume, cependant, on garde conservée dans la grande Tour de Lumëa la coupe d'argent servant depuis toujours à célébrer cette fête.
Fête de la Lune claire (à toutes les pleines lune) : cérémonies d'offrandes à Ë, et cérémoniels de divination.
Fête de la Lune calme (à toutes les nouvelles lune) : cérémonies d'offrandes à Ë, et cérémoniels de guérison.
Les quatre fêtes des solstices sont particulièrement observés par le culte de la Brume qui semble les associer à une communion particulière avec le petit peuple.

Lieux de pélerinage


Ë, naturellement, reste le lieu emblématique du culte de la Brume, bien que sa matérialité soit contestable aux yeux des profanes. Dans un genre plus classique, les hommes et les femmes adeptes de la Brume se rendent :
à Lumëa où se trouve le siège du pouvoir maintenant le grand Mur de Mirë-Mean,
au lac de Brellanë, pour honorer le souvenir des Bregen,
auprès de Sevë-Elet, l'arbre d'argent, pour demander l'aide des Fées,
dans la clairière de Lügiwen, pour demander la protection du petit peuple,
à la falaise de Nivëlen pour obtenir le courage,
à la fontaine de Lilwë, pour obtenir la sérénité,
à la fontaine de Vülnech pour obtenir la chance,
sur la colline de Trelnä pour obtenir des visions sur l'avenir,
sur la colline de Finlë pour savoir quel chemin prendre,
sur la colline de Lelnë pour pour prier Délomaque.

Histoire du culte


L'histoire du culte de la Brume nous est très peu connue, sinon par bribes, du fait de l'enfermement de Mirë-Mean derrière le Mur de Brume depuis l'an 100 environ. Nous savons que le culte de la Brume actuel dérive de l'ancienne alliance pré-humaine entre les fées et les bregen, et qu'elle est aujourd'hui relayée par l'alliance entre le petit peuple et les humains. La première grande guerre humaine a causé la disparition des Bregen, et par conséquent la fin du premier culte de la Brume. Les humains, alors, ont perpétué le culte tant bien que mal sous l'égide d'une prêtresse (ou d'une lignée de prêtresses ?) dont le nom nous est perdu à ce jour. Il semble que ce soit aux alentours de l'an 0 seulement que l'alliance humains-petit peuple s'est recréée en Mirë-Mean. Les uns sous la protection des autres ont participé à l'élaboration du culte de la Brume tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Premier âge de Brume : alliance des fées et bregen (pré-humain).
Second âge de Brume : alliance des fées, bregen et humains.
Troisième âge de Brume : alliance des bregen et humains (éloignement des fées dû au nombre croissant d'humains).
Quatrième âge de Brume : survivance du culte grâce aux humains (disparition des bregen suite à la première grande guerre humaine).
Cinquième âge de Brume : alliance des humains et du petit peuple (depuis l'an 0, et jusqu'à ce jour).
Les Gam-Lumë prévoient le début proche du sixième âge de Brume, qui sera placé sous l'alliance des humains, du petit peuple, et des êtres de Brume. Cet âge nouveau marquerait l'accès à un savoir encore plus ancien du culte de la Brume.

Culte du peuple


Pour les adeptes du culte de la Brume n'étant pas liés à la prêtrise, le culte de la Brume n'est pas contraignant. La personne a le choix d'observer ou non les jours de fête, les jeunes et les purifications, et peut même participer à certaines cérémonies courantes. Cependant, ils doivent assurer l'asile des membres de la prêtrise en cas de besoin, et c'est là pratiquement leur seule obligation
Néanmoins, la plupart des habitants de Mirë-Mean ont été leali dans leur enfance ou leur jeunesse, sans prétendre aller plus loin, car l'instruction est importante et dispensée volontiers par les prêtres de la Brume. Aussi la plupart des habitants respectent toute leur vie les habitudes acquises dans leur jeunesse.

Idéologie et principes


Le culte de la Brume prône avant tout l'harmonie, la sérénité et le respect. Respect des choses, des temps, des êtres, des opinions, etc... La Brume peut adoucir un paysage rude, ou au contraire l'accentuer, elle est un moyen de percevoir tous les visages d'Oneira. Les adeptes du culte de la Brume sont, parmi les humains, ceux qui maintiennent le lien le plus fort avec l'Esprit d'Oneira (Eirë-Oneira) primitif (ancien visage de Délomaque, source de vie et de magie).
Le culte de la Brume réprouve toute idée de violence, et la notion d'honneur en Mirë-Mean ne passe pas par les faits d'armes. Ainsi, un prêtre de la Brume préférera-t-il largement la fuite dans un Monde de Brume voisin en cas de danger. Faire acte de violence à l'égard de quelqu'un est un fait grave aux yeux des prêtres de la Brume (à l'exception toutefois des habitants de l'île de Chebat, à l'Ouest de Mirë-Mean).
Il est important pour les adeptes de la Brume de respecter tout être vivant ou toute chose. Les idées et sentiments d'une personne sont dignes de respect, et sont à prendre en considération. Il est important de chercher à comprendre son entourage (personnes et cadre de vie) pour agir plus intelligemment et de manière plus efficace, sans heurter qui ni quoi que ce soit.

Signification des symboles


Coupe : origine de la vie et de l'énergie.
Eau paisible : clairvoyance.
Etoile : origine d'Oneira et des Fées.
Feuille d'arbre : joie.
Plume : Apaisement.
Sel : fertilité, vie.
Un : concentration.
Deux : pouvoir.
Trois : sérénité, Ë.
Quatre : équilibre.
Cinq : sagesse.
Six : courage.
Sept : guérison.
Huit : magie.
Neuf : Délomaque.

Signification des signes


Objet brisé : changement radical.
Feuille tombée : mort, maladie, éloignement.
Chant du merle : gage de joie.
Le corbeau est l'animal favori du culte de la Brume, et tous les membres du culte, depuis le leali jusqu'aux plus hauts rangs, lisent de précieuses informations dans le comportement de ces oiseaux. L'interprétation du vol des corbeaux est cependant trop complexe pour être exposée ici.

Prières et chants


Premier chant des Balan-Lumë ; Chant introductif au mythe d'Ë :

Puissent les Âmes pures joindre Ë,
Et les Hommes de bien répandre son histoire.
La légende prétend que les origines d'Ë
Prennent place sur l'ancienne Terre,
Mais mille légendes courent.
Un murmure parfois qu'Ë est née d'un Rêve,
Ou d'une Vision première de ceux qui renoncèrent à leur nom,
Que l'on désigne désormais Ëi et Ëe,
Et qui sont comme frère et soeur auprès d'Ë la Bleue...
Rassemblez-vous, enfants d'un même partage,
Et laissez-vous conter la légende d'Ë la Bienheureuse,
Les forces Ëi et Ëe qui la créèrent et qu'elle engendra,
D'Ëo son Gardien
Et d'Ëu le cratère de lumière...
...
Rassemblez-vous,
Enfants de dix mille âmes,
Car Ë vous est offerte en partage
Et vous accueille d'un bienveillant sourire...
Puissent le Souffle d'Ëi précéder vos pas,
La Brume d'Ëe vous protéger
Et le Passage d'Ëo vous être ouvert,
Car tel est l'espoir d'Ë.
...
Mille légendes naquirent à son endroit :
On a dit qu'Ë est image d'une Ancienne Terre,
On a dit qu'elle est née d'un rêve,
On a parlé d'imaginaire, d'esprits.
Mais autre est la réalité, car toute vérité a place en Ë.
...
Pourtant, voilà sa légende.
Celle que souffle le vent,
Celle que murmurent les brumes,
Celle qui surgit lors d'un passage,
Celle qui dort dans la clarté.
...
Imaginez un univers vide,
Et sans couleurs...

Relations politiques et conflits


Du fait de l'existence du Senv-Lumë, le culte souffre peu de l'intolérence potentielle de ses voisins. Au Nord, les pays de Mar'Ev'Syra et de Mar'Ini'Uyn sont naturellement bienveillants envers le culte de la Brume, du fait du grand nombre de membres du petit peuple y résidant. Au Sud, la frontière avec l'Ar'Nor et l'Ar'Boeren est trop protégée par le mur pour risquer quoique ce soit, surtout ces dernières années où le mur a tendance à s'élever (on observe pourtant que cette tendance ralentit à l'Ouest depuis que l'Ar'Boeren a remplacé l'Ar'Thard le long des frontières). Cependant, depuis quelques années (une dizaine environ), le culte de la Brume est représenté à Illéranyne par l'habituelle délégation de prêtres, et deux d'entre eux siègent en permanence au Synode, mais de part la nature profondément pacifique des prêtres de la Brume, aucun conflit n'est à déplorer.

Personnages marquants


Cleÿs : seconde prêtresse de la Brume à Illéranyne (Gen-Lumë, ancienne Balan-Lumë).
Deloë : première prêtresse de la Brume à Illéranyne (Gen-Lumë, ancienne Enimë-Lumë).
Dreane : première Laïrë-Lumë (protectrice de la Brume).
Elomë : disciple d'Erana.
Erana : Onam-Lumë.
Emmël : célèbre Balan-Lumë.
Erhlë : responsable de la Brume, du Rêve, du Néant et de la Nature à Illéranyne (Balan-Lumë).