L'Ordre des Ménestrels de l’Etoile Rousse




Bâton tatoué d'un ménestrel de l'Etoile Rousse, par jiseo.
ui n'a jamais apprécié lors une soirée d'hiver au coin d'un feu de taverne de se laisser conter les fabuleux récits des Ménestrels de l'Etoile Rousse ? Qui ne s'est jamais retourné, admiratif, au passage d'un de ces hommes et femmes aux bâtons tatoués ? En effet, nul Oneirien un tant soit peu curieux ne peut ignorer l'existence de cet Ordre qui parcourt notre monde en tous sens depuis déjà plus de trois siècles.
C'est à cette époque, dans les plaines du Daafeld, qu'un couple assez improbable fonde cette institution, dédiée à la réunion de leurs deux vocations. Lui, Egill Vifargent, barde de son état et passionné de littérature ancienne. Elle, Soria Tellu, herboriste et apothicaire itinérante. Ils se fixent comme mission, à eux-mêmes ainsi qu'à ceux qui les rejoignent et leurs succèderont, d'être la mémoire vivante d'Oneira. Férus d'études et de voyages, ils recensent flore et faune oneiriennes, s'intéressant plus particulièrement à l'étude de leurs propriétés magiques et curatives, mais aussi aux légendes et traditions orales, ou encore établissent des cartes des ruines des Bâtisseurs. Grands érudits, il compilent leur savoir par écrit, le tout étant conservé dans les archives de l'Académie de l'Etoile Rousse, à Meialy.
Le voyage étant indissociable de leur profession, les Ménestrels de l'Etoile Rousse sont amenés à prendre la route, si ce n'est toute leur vie, au moins une partie. Afin de pourvoir à leurs besoins durant leurs pérégrinations, ils gagnent leur vie en perpétuant et en alliant les professions de leurs père et mère fondateurs ; une vision simpliste et pourtant exacte serait de les définir comme des médecins-ménestrels spécialisés dans les simples et passionnés d'histoire.
Néanmoins, lorsqu'un ménestrel n'est pas sur la route, temporairement ou sur la durée, par choix ou par défaut, il existe un endroit où il pourra tout de même poursuivre sa tâche et remplir ses devoirs, l'Académie de Meialy. Sorte de quartier général de l'Ordre, l'Académie n'est initialement qu'un modeste manoir adjoint d'importantes écuries, et d'un grand jardin (potager, verger, herbes médicinales…). Au fil du temps, les chefs successifs de l'Ordre y ajoutèrent des bâtiments annexes, jusqu'à créer le formidable complexe que nous connaissons aujourd'hui. L'ensemble comprend des édifices remarquables tels que le scriptorium, une bibliothèque-musée, ou encore un centre de soin et de recherche sur les maux et maladies. Connue pour son hospitalité, l'Académie attire de tous les coins d'Oneira.
Outre ce centre, dans la plupart des pays de notre monde on trouve des Auberges-Rousses, tenues par des ménestrels, et points de ralliement de ceux-ci. On y déniche informations sur des quêtes à accomplir, remèdes contre l'urticaire printanière, ou encore des recueils d'histoires locales (liste non exhaustive !). Particulièrement utiles aux membres itinérants, elles leurs permettent de laisser des messages à des confrères, de s'y donner rendez-vous, ou d'être au courant des dernières trouvailles de l'Ordre. L'installation d'une de ces auberges dans un village est souvent vue comme gage de bon augure, d'une part économiquement, pour l'attrait qu'elles exercent sur les voyageurs, d'une autre part culturellement, puisque cela signifie que les ménestrels vont s'intéresser à la région en question.
Entrer dans cette confrérie ne requiert pas un âge, un niveau social ou l'appartenance à un quelconque peuple ; les croyances y sont diverses et est respectée une certaine liberté. Des candidats se présentent à toute heure du jour ou de la nuit, quelle que soit la saison ; selon les connaissances déjà acquises, ou l'absence de celles-ci, le futur ménestrel se verra confier certaines tâches pour se rendre utile à la communauté. En retour, celle-ci l'accepte, ou pas, en lui dispensant le savoir nécessaire à passer la cérémonie d'intronisation annuelle. Parmi ce qu'il faut savoir, on peut citer la maîtrise de l'Oneirien, de sa lecture et de son écriture, la composition d'un répertoire personnel de chanson, ou encore les bases en botanique. C'est durant cette cérémonie qu'est remis au nouveau ménestrel son bâton tatoué, alors encore vierge, qu'il gardera toute sa vie, comme témoin de ses accomplissements. En effet, à l'aide des runes ésotériques qu'il apprend durant sa formation, le ménestrel consigne son existence sur ledit bâton. Devenu leur signe distinctif, les bâtons tatoués sont connus et reconnus de la plupart des Oneiriens. A sa mort, le bâton est renvoyé à l'Académie où il sera conservé avec ceux de ses confrères et consoeurs décédés avant lui.

Extrait de Histoire des Bardes et de la Barderie, par Lirron'Tel