Métaux des Terres d'Oneira




L'argent-lune


L'argent-lune est un métal particulièrement rare que l'on peut trouver pratiquement partout en Oneira, mais toujours en quantités infimes. L'argent-lune se présente sous la forme de blocs compacts ; on ne parle jamais de filon d'argent-lune et il n'en existe pas de mine ni de gisement particulièrement propice : la découverte d'un bloc d'argent-lune relève presque toujours du hasard.
Le nom de l'argent-lune lui vient à la fois de la couleur qu'il prend une fois qu'il a été forgé, et d'une légende ancienne selon laquelle un forgeron aurait un jour trouvé un peu du métal par un soir de lune pleine et fut à ce point ébloui par sa qualité qu'il passa une année à forger, de nuit, une lame qui ferait pâlir toutes les autres. Une fois son oeuvre achevée, la lame était si belle et son tranchant si affûté, qu'il ne put se résoudre à s'en séparer : il s'agit là de l'ancêtre du linev. Cette lame, nommée Meianad, le forgeron l'offit à son fils, qui lui-même le transmit à son fils, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle revienne à Laend, guerrier légendaire d'Ar'Thard et époux de la déesse Kaena.
L'une des étonnantes propriétés de l'argent-lune tient à ce qu'il peut être travaillé pratiquement à l'infini ; de plus en plus difficile à fondre à chaque reprise, il gagne également en résistance à chaque refroidissement. Il n'est pas rare qu'un enchantement soit appliqué sur l'argent-lune au cours du travail de forge pour rendre la lame notablement moins sensible aux influences magiques extérieures, ce qui rend également les éventuels enchantements internes plus difficiles à neutraliser. Paradoxalement, la légèreté d'une arme en argent-lune rend sa précision mortelle.
Forger l'argent-lune reste le rêve de nombreux forgerons, en dépit de la difficulté de s'en procurer et de le travailler. De nos jours, l'on peut observer trois linev en argent-lune exposés au Temple des Lames de Sev'Istia.

Extrait du Traité des Métaux, par Eg-Darvan.

L'elimar


Métal relativement précieux et rare, on trouve néanmoins de l'elimar dans tout le Sud d'Oneira, plus précisément en An'Laÿ'Sur, en Arkfeld et en Ar'Nok. Sa valeur, bien que variant selon la qualité du minerai raffiné, dépasse celle de l'argent, sans égaler celle de l'or.
Il s'extrait de mines relativement profondes sous l'aspect natif d'un minerai noir à inclusions rouge vif. Raffiné, il se révèle être un métal de couleur rouge étrange auquel on a donné le nom de "rouge elimar" dont la teinte rappelle celle du sang coagulé, le tout irisé d'orangé. L'elimar fond à une température très élevée, qui le rend donc difficile à travailler et est réservé aux plus grandes forges munies de fours de grande capacité. Cependant la solidité de ce métal obtenu ne suffit pas à compenser la difficulté de son travail, en effet, son avantage majeur se situe dans ses qualités magiques. Véritable éponge à magie, ce métal s'enchante très aisément, le consacrant ainsi quasi-exclusivement à la confection d'armes enchantées.
Avant d'avoir été exploité dans le domaine de l'armurerie grâce à la maîtrise des techniques le concernant, il fut utilisé sous forme native en tant qu'amulettes ou bijoux enchantés de petits sorts de la vie quotidienne (éloigner les bêtes sauvages, émettre une légère lueur…). Toutefois cet usage magique du métal brut n'a rien à voir avec la grande puissance d'enchantement dont témoigne l'elimar après avoir été purifié.

Extrait du Traité des Métaux, par Eg-Darvan.

Le fer-de-sang


Le fer-de-sang est un minerai présent en quantité infime dans de nombreuses roches. Les légendes naines racontent que c'est Kaborik Bras-de-fer qui a découvert comment extraire ce métal après avoir été mis au défi de faire un objet à partir de terre ne contenant aucun autre métal. Il faut une très grande quantité de matière première pour obtenir ne serait-ce que qu'un peu de fer-de-sang.
Ce métal, très apprécié chez les nains, l'est probablement davantage pour la légende qui entoure sa découverte et l'a rendu célèbre que pour ses qualités intrinsèques. Peu résistant, difficile à produire et à travailler et inapte aux enchantements, ce métal est utilisé presque exclusivement pour la fabrication des "Oboles-des-Bâtisseurs", qui se doivent d'être de la plus grande régularité et de la plus grande pureté possibles. Sans réelle fonction, ces objets sont réputés et admirés par le peuple nain qui en place la valeur au-dessus de tout. D'aucuns considèrent d'ailleurs que l'excellence d'un forgeron nain se mesure à la qualité des Oboles-des-Bâtisseurs qu'il est capable de créer.
Le fer-de-sang est parfois appelé "Sang des Bâtisseurs", suite à la remarque de Kaborik Bras-de-fer, découvreur du fer-de-sang, qui aurait déclaré que "même la Terre-sans-fer contient le sang et la sueur des Bâtisseurs".

Extrait de l'Encyclopédie Diffuse.
Consulter aussi : légende du fer-de-sang.

Le sylaretis, faux-bronze ou bronze-purin


Parmi les plus étranges créations de Délomaque qui peuplent Oneira, ma préférée est cet étrange métal qu'on appelle le plus communément sylaretis, faux-bronze ou bronze-purin. Son nom fait référence à l'aspect natif désagréable de ce métal qui se présente sous forme de conglomérat malodorant, mou et malléable comme de la gomme de pin. Il est donc exploitable facilement (il ne nécessite qu'un filtrage succinct pour être utilisable), très modelable, et, cuit (à faible température), il acquiert la dureté et la patine du bronze. Poli par un artisan habile, il chatoie très joliment à la lumière.
Néanmoins, le seul nom du sylaretis suffit à rappeler son peu de valeur ; l'aisance de son travail, ainsi que l'odeur qu'il dégage, ne rendent pas très nobles les formes d'artisanat liées à son utilisation. De plus, étant très courant (on en trouve des mares dans tout le Nord et l'Ouest d'Oneira), il n'a aucune valeur monétaire. Le sylaretis est donc employé dans de petits usages de la vie quotidienne ; figurines et jouets pour enfants, jetons pour le jeu du chaland, cuillères à moindres frais pour les aubergistes… Rares sont les grandes réalisations qui emploient ce matériau ; cependant, il est parfois apprécié comme base d'entraînement magique pour les jeunes mages s'initiant à l'enchantement. Agissant comme une éponge sur les ondes magiques, il s'enchante facilement mais ne possède qu'une brève mémoire magique n'excédant pas les deux heures.

Extrait des Etourderies de Sevelan, par Sevel'Myran.

Yrthal, faranmahsyl ou "métal du long sommeil"


Souvent considéré comme l'une des principales sources de la richesse de l'Ar'Nok, l'yrthal, aussi appelé faranmahsyl (littéralement "métal du long sommeil") est connu par tous les forgerons, mais loin d'être utilisé par tous.
Sa souplesse et sa résistance en font un matériau exceptionnel ; en effet, pas question d'écrouissage intempestif ou autres difficultés lors de son usage, il se plie à la volonté de qui le manie, à la condition expresse de savoir le purifier et le travailler, sans quoi l'yrthal se montre extraordinairement toxique, tant lors de son extraction que de sa mise en forme.
L'yrthal, qu'il soit froid ou chauffé, à l'état natif, dégage un gaz corrosif qui étourdit et bloque les voies respiratoires, pouvant causer une mort rapide (une quinzaine de minutes d'exposition suffisent). Absorbé par voie orale (d'infimes quantités délayée dans une boisson ou un plat), il constitue un poison redoutable qui tue encore plus rapidement.
Ainsi, le raffinage, processus fastidieux ayant coûté de nombreuses vies avant d'être mis au point, est indispensable. Epargnons dans ces pages le détail des opérations longues et dangereuses ; il suffira de savoir que ce travail, bien que correctement rémunéré au vu des risques encourus, constitue l'un des moins enviés du territoire nokien. On reconnaît aisément les raffineurs d'yrhtal à leur teint verdâtre et aux nombreuses brûlures qui ornent leurs bras.
Une fois raffiné, l'yrthal perd énormément de ses qualités destructrices ; certains forgerons se risqueront donc à l'employer dans le cadre de la fabrication d'armes, qui seront étonnamment efficaces et résistantes, d'une souplesse propre à ravir n'importe quel guerrier. Les lames obtenues provoquent des blessures empoisonnées, dans la majorité des cas létales. Dans le meilleur des cas, le blessé sera plongé dans un sommeil profond dont il peut ne jamais se réveiller (des miracles surviennent parfois, mais ceux qui émergent de ce sommeil auront irrémédiablement perdu dans le monde des rêves une partie de leur raison).
De nos jours, l'yrthal est surtout utilisé dans la confection de dagues, poignards, et autres lames furtives ; les pointes de flèches en yrthal sont également appréciées. La reine Kalixta a récemment créé un bataillon d'archers spécialisés dans leur emploi.
Unique de par ses propriétés à la fois physiques et magiques, l'yrthal est abondamment exporté, quoique son usage ait été publiquement désapprouvé par le Synode d'Illéranyne ; on sait d'ailleurs que l'Université de Laiirna en achète de grandes quantités ces dernières années en vue de l'étudier de plus près - bien que de mauvaises langues parlent de la confection d'une arme secrète ; mais a-t-on jamais vu une armée de mages ?

Extrait de "L'Observatoire Alchimique", par Eg-Beilannil.