Le Culte du Passé




Emblème du culte du Passé : le sablier blanc sur un livre noir, par Erana.

e culte du Passé cherche avant tout à préserver la mémoire des moments écoulés, voire à en retrouver le souvenir. Les pertes immenses en termes de connaissances causées par l'An 0 sont sans doute à l'origine de cette obsession qui se matérialise tant dans le Grand Livre du Passé, une œuvre titanesque entreprise depuis plusieurs siècles au Dord-Kalymen, que dans les nombreuses recherches historiques et archéologiques pilotées et impulsées par le culte du Passé et plus spécifiquement par l'ordre des Chronomanciens.
Pour un fidèle du culte du Passé, avant compte plus que maintenant ou après : le Passé est, des trois facettes de la temporalité, la plus importante. En effet les adeptes du culte estiment que puisque c'est la succession des évènements antérieurs qui a façonné la situation présente, connaître parfaitement le Passé permet à la fois de mieux comprendre le monde immédiatement présent et de mieux agir pour éviter des écueils déjà rencontrés ou, au contraire, pour reproduire des schémas qui ont montré leur efficacité auparavant.
L'analyse permanente du Passé a rapidement alimenté une méfiance tenace envers tout ce qui sort du cadre du connu, ce qui par contrecoup a suscité l'émergence et l'enracinement d'un courant conservateur tant sur le plan religieux que politique selon lequel tout ce qui est novateur est suspect : toute action doit viser à perpétuer l'ordre existant ou chercher à revenir à un état antérieur jugé plus stable et plus heureux que les jours présents. Ce courant conservateur ou traditionaliste ne cherche plus uniquement à connaître le Passé mais à le reproduire et à le répéter ; il a d'ailleurs dominé le culte durant plusieurs siècles.
Parmi les cultes du Temps, le culte du Passé occupe une place particulière car c'est à lui qu'ont adhéré dès la sécession des trois cultes les souverains de l'Ar'Kalyven, lui permettant de revendiquer une prééminence contestée par ailleurs par les cultes du Présent et du Futur. Cela explique le manque d'humilité (d'aucuns parlent même d'arrogance) des prêtres du Passé et le sentiment de supériorité que les fidèles éprouvent envers la plupart des autres habitants du nord-est d'Oneira.
Les prêtres du Passé considèrent également qu'ils sont les réels dépositaires de la volonté de Kaly, puisqu'ils sont les seuls, d'après eux, à chercher à revenir à "l'âge d'or" du culte du Temps qui aurait été atteint, selon eux, à l'époque où Kaly régnait. Les connaissances sur cette période étant presque toutes perdues, les cultes du Futur et du Présent ont eu tendance à dénoncer une mystification.


Kaly


Kaly est la déesse du Temps qui passe. Elle est honorée spécialement en Ar'Kalyven et, depuis peu, en Aÿnat. On dit qu'elle est capable de modifier la longueur du temps dans l'esprit des gens. La légende veut que Kaly fut la première humaine consciente du besoin de comprendre et de sentir le temps qui passe. Elle fut à l'origine du culte du Temps et en fut la première prêtresse dans de nombreuses vies successives. Elle fut choisie par Délomaque pour faire partie des huit premiers Gardiens. En l'an 0, elle mourut dans la Bataille des Gardiens, et choisit de devenir la Déesse du temps plutôt que de se réincarner encore.

Extrait de Auprès de Délomaque, par Kan-Belëdilë.