Herbier des plantes et des algues d'Oneira







L'absinthe


Absinthe, dessin de Mélusine.Il existe l'absinthe commune, plante aromatique de la famille des composées. C'est surtout une boisson alcoolique, plutôt nocive.
On trouve l'absinthe dans les endroits secs, caillouteux, sauvages, en plaine et sur les collines. C'est une plante qui peut atteindre une taille de haut. Ses feuilles, profondément découpées et duveteuses, sont gris argenté. Cette plante porte de nombreuses grappes de petits capitules pendants, dans lesquels sont rassemblées de nombreuses fleurs jaunes.
On connaît bien l'absinthe sous la forme d'une liqueur fortement alcoolisée très mal considérée presque partout en Oneira en raison des ravages qu'elle cause chez ceux qui la consomment.
Cependant, l'absinthe est excellente pour chasser les insectes. Par exemple, pour débarrasser un chien de ses puces : prendre une poignée d'absinthe, faites la bouillir dans l'eau pendant une heure et demie, puis retirez-la du feu. Une fois la décoction refroidie, prenez les herbes et frottez-en le chien à rebrousse-poil, puis lavez-le à l'eau bouillie. Les puces mourront en douceur.
Il existe aussi l'absinthe maritime, plus petite et dont les feuilles sont encore plus découpées. On la trouve dans les terrains salins au bord de la mer.
L'absinthe est très amère, elle est employée pour favoriser l'appétit, la digestion.
En infusion, une cuillère à soupe par melon d'eau bouillante. Laisser infuser 10 minutes. 3 tasses par jour avant ou après le repas. En décoction : une bonne poignée par melon d'eau. Faire bouillir 5 minutes en usage externe pour le lavage des plaies qui cicatrisent mal et les ulcères.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

L'acanthe


Appréciée pour l'élégance de ses grandes feuilles à rosette, velues et dentelées, oblongues, finissant en une gracieuse volute retournée vers le sol, on lui attribue de grands pouvoirs magiques. Elle est très propice aux infusions de force et de courage dans les moments cruciaux de l'existence.
L'acanthe est également efficace pour aider à démêler les situations embrouillées, à résoudre les problèmes épineux et à surmonter les difficultés. Mais il faut savoir bien employer cette herbe : pendant la nuit des jours de Lymara et les journées d'Eilanor, sinon elle pourrait prédisposer à l'imprudence, à la colère, à la précipitation et à la violence.
L'acanthe est aisément reconnaissable, ne serait-ce que par ses feuilles, réunies en une grosse touffe d'où se dresse une longue tige recouverte de folioles épineuses, au creux desquelles poussent des fleurs à pétales de couleur jaune paille.
L'acanthe sécrète un liquide visqueux doté de propriétés astringentes et émollientes.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

L'achillée


L'achillée "millefeuille" qui est la variété la plus commune en Oneira mesure deux pennes environ. Ses feuilles sont segmentées à petits capitules disposés en corymbes terminaux et ses petites fleurs blanches, rouges, oranges ou jaunes se présentent sous la forme de larges ombrelles.
L'achillée aime la vie en liberté, on la trouve donc dans la plupart des prairies naturelles, elle est par ailleurs très appréciée par les paysans qui considèrent qu'elle fortifie le bétail et donne bon goût à la viande, et qui aiment également en consommer les feuilles bouillies et sautées dans du beurre ou l'utiliser pour parfumer la bière ou conserver le vin. On utilise en herbologie surtout ses sommités fleuries de l'achillée dont on conseille la cueillette en été. Elle est considérée comme l'amie des guerriers et des maladroits, car elle est un excellent cicatrisant et se révèle très utile tans le traitement de toutes les petits écorchures en usage externe d'une infusion concentrée.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

La belle d'azur et belle d'or


Belle d'azur, par Erana.De nombreuses légendes oneiriennes parlent de la belle d'azur et de la belle d'or, qui sont peut-être, des plantes oneiriennes, celles qui sont les plus réactives à la magie.
La belle d'azur est une petite plante souvent envahissante, très couvrante, qui pousse en tapis ne dépassant pas huit à douze entailles de hauteur. Elle aime pousser dans les endroits humides, comme le long des côtes (elle ne craint guère le sel), des rivières, des lacs, ou encore en sous-bois, mais elle peut aussi se contenter d'un verger ou de la proximité d'un puits ou d'une fontaine. La belle d'azur est composée d'une tige bleu-vert très ramifiée aux très petites feuilles lancéolées, tandis qu'à chaque naissance de ramification s'ouvre une feuille différente en forme de couronne. Chaque sommité s'orne d'un petit bouquet de fleurs d'un bleu intense en forme de petites clochettes allongées, au bord légèrement découpé. La belle d'azur fleurit sur une longue période, d'yslan à asten environ, puis, elle produit de petites baies bleutées très sucrées et merveilleusement parfumées qui sont utilisées, fraîches ou séchées, dans presque toutes les pâtisseries d'Oneira. Bien que très décorative et très appréciée, ce n'est ni l'aspect ni le goût de la belle d'azur qui lui vaut sa réputation, mais plutôt les transformations qu'elle subit au contact de la magie, et plus spécifiquement de la magie du petit peuple. Si une fée vient et ne fait ne serait-ce qu'effleurer la belle d'azur en fleurs, alors chaque petite clochette se mettra à tinter inlassablement et ne fanera pas, même si la plante est coupée, jusqu'aux premières neiges. Le son de la belle d'azur touchée par une fée est un véritable enchantement, et se trouver à proximité de tout un tapis bleu tintinnabulant est une fantastique expérience. Toutefois, une fois touchées, les belles d'azur deviennent stériles jusqu'à la saison suivante et sa nouvelle floraison.
La belle d'or possède la même structure que la belle d'azur en terme de taille, de feuilles, de fleurs et même de baies, mais sa couleur diffère. Le vert de ses tiges et de ses feuilles est plus intense, ses fleurs sont d'un jaune doré et scintillant et ses baies sont d'un bleu plus éteint, comme oxydé, que celles de la belle d'azur. Contrairement à sa sœur, la belle d'or n'a cure de l'humidité mais recherche uniquement l'abondance de magie. Ainsi, elle pousse le long des courants magiques, près des sanctuaires ou des temples, ou encore autour des maisons des mages et des sorciers. Les baies de la belle d'or, bien que parfaitement consommables et appréciée par les elfes comme outres pour la solidité de leur peau et leur goût agréable, ne sont guère que le pâle reflet des baies d'azur en terme de saveur, mais à la vérité, la belle d'or n'est que rarement recherchée pour son goût. Touchée par une fée, la belle d'or se solidifie comme sa sœur et tinte aussi merveilleusement (le son est par ailleurs sensiblement différent), mais ses fleurs acquièrent une propriété bien plus étonnante puisqu'elles se changent en or… Cueillies, les belles d'azur finissent cependant toujours par faner et redevenir en quelques jours de simples fleurs, au contraire des belles d'azur plus résistantes, mais cet "or de fées" possède pour les sorciers les mêmes effets magiques que l'or véritable, et ils peuvent ainsi sans se ruiner élaborer toutes les potions merveilleuses dont l'or est un ingrédient indispensable…

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.

Le bouillon blanc


Description : Plante bisannuelle poussant jusqu'à 2pe. de hauteur, à feuilles ovales légèrement laineuses et à fleurs jaunes disposées en cymes.
Habitat et culture : Le bouillon blanc pousse sur des sols incultes et au bord des routes. La récolte des feuilles et les corolles doit se faire dès l'éclosion en fin elwë en prenant soin de ne pas les froisser. Il convient alors de les sécher dans un endroit chaud, sec et aéré où les corolles seront étalées sur une toile, puis conservées dans une boîte hermétique en bois.
Effets et usages médicinaux : Le bouillon-blanc sert aux catarrheux, aux asthmatiques, aux personnes sujettes aux inflammations digestives ou urinaires. Il s'associe bien avec d'autres expectorants (tussilage, thym). Le bouillon blanc est utilisé pour soigner la toux en général, ainsi que, plus particulièrement, la pharyngite, la laryngite, l'enrouement et l'extinction de voix, la trachéite et toutes les affections broncho-pulmonaires. On prend le bouillon blanc sous forme de décoction : 4yk. de fleurs et feuilles séchées bouillies dans un melon d'eau pendant 5 minutes, puis filtrées ; d'infusion : 7yk. de fleurs et feuilles séchées infusées dans un melon d'eau bouillante pendant 15 minutes, puis filtrées. Que ce soit sous forme de décoction ou d'infusion, on devra prendre une tasse après les repas jusqu'à disparition ou diminution des troubles à traiter. Il convient de ne pas oublier de filtrer infusion ou décoction à l'aide d'un linge très fin, afin de retirer les poils des feuilles qui pourraient irriter. En application, le bouillon blanc possède également des vertus cicatrisantes. Le produit qui résulte de la macération des fleurs dans l'huile d'olive est utile contre les infections auriculaires et les hémorroïdes.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

Les camomilles


Camomille, par Anne.Nous avons choisi d'écrire camomilles au pluriel car il en existe plusieurs espèces toutes, néanmoins, de la grande famille des composées. Cependant, nous nous limiterons aux deux espèces principales : la Camomille commune et la Camomille officinale.
La camomille est une plante à jambe fine, délicate, à ramifications latérales : elle est connue par son odeur caractéristique. Elle pousse spontanément dans les endroits herbeux et incultes, mais elle est aussi cultivée dans les terrains frais et bien retournés. Elle a de petites feuilles très découpées d'un vert grisâtre. Les fleurs ont la forme de capitules avec un disque central jaune et des languettes blanches.
La camomille officinale est digestive, antispasmodique, antalgique, c'est aussi un antiseptique intestinal. On la conseille en cas de digestion difficile, de migraines, de nervosité, d'insomnies, de fièvre, de courbatures. Elle est indiquée aussi pour les coliques et toute forme d'irritation intestinale. En usage externe (crème ou compresse), elle est efficace en cas de conjonctivite, maladie de la peau, dartres, eczéma, inflammation des paupières. Deux ou trois tasses d'infusion de 2 petites cuillères pour 1 bemel d'eau bouillante améliorent la digestion. Pour les douleurs rhumatismales, on utilisera en friction 8 yskal de fleurs séchées dans 2 bemel d'huile d'olive laissée au soleil 10 jours avant d'être filtrée. On obtiendra également un vin digestif avec 7 yskal de fleurs séchées dans un melon de vin macérées puis filtrées.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

La canees


Fleur des champs commune au Dye'Nelya, la canees est une petite plante dont la floraison commence au début du printemps et ne s'interrompt pas avant les premières gelées de la fin d'automne. Très reconnaissable, elle se pare alors de fleurs composées de cinq pétales blancs auxquels s'additionnent, au cœur, trois pétales jaunes. Totalement inoffensive lorsqu'elle est consommée seule (par exemple sous la forme de salades, très appréciées dans la région de Musä), la canees produit également une sève blanchâtre lorsque sa tige cannelée est entaillée. Une fois concentrée, la sève de canees entre dans la composition du nalmal, ou poison-paix, utilisé par certains prêtres de la Mort et quelques assassins pour abréger les souffrances d'un patient ou amener une victime à une mort sans douleur.

Extrait du Petit Herbier de Kimin, par Lor'Kimin.

Le chou


"Le chou est le guérisseur du pauvre" : voici un diction bien vérifié. Si un légume est à mettre toujours sur la table, c'est bien le chou. Il vous conservera en santé, renforcera votre organisme, stimulera vos dépenses physiques ou intellectuelles et préviendra les ennuis que connaissent les lurons qui mangent et boivent trop. Il est d'usage de dire que le chou garde un ventre obéissant. Si vous souhaitez festoyer sans inquiétude, faites donc, lors de votre précédent repas, un repas de chou accordé à du vinaigre, et après celui-ci, mangez, crues, quatre ou cinq bonnes feuilles de chou vert. Mais attention ! Lors de ce repas, point question de faire bouillir le chou ! Voudriez-vous lui faire perdre toutes ses vertus et lui donner tout le mal que Dar aimerait lui conférer, que vous ne sauriez vous y prendre autrement ! Car alors, il vous brûlera le ventre.
Vous pouvez aussi prendre du chou sous forme de jus, juste avant les repas. Additionnez-le de jus de citron ou de carottes pour en atténuer le mauvais goût.
Utilisez-le en un bouillon bien concentré pour tonifier vos bronches : 8 yskal de chou cuits longtemps dans un melon d'eau, et ajoutez 10 yskal de miel.
Le chou peut être utilisé aussi pour le soin des plaies. Prenez quelques feuilles de chou rouge ou vert, tout juste coupées et bien colorées. Lavez-les et essuyez-les bien proprement, retirez les plus grosses nervures, et aplatissez, écrasez les feuilles jusqu'à faire apparaître leur suc. Alors vous pouvez en appliquer de une à quatre, puis entourer à l'aide d'une bande que vous prendrez soin de ne pas trop serrer. N'enlevez jamais ce bandage à moins de l'avoir laissé au moins plusieurs heures. Une journée ou une nuit sont l'idéal. En enlevant l'application, les feuilles seront ou séchées, ou humides et malodorantes.

Extrait des Bontés du jardin oneirien, par Legfin Falda.

La combeline


Combeline, bouton et fruit, par Erana.Il n'est de plus gracieuse alliée au jardin que l'élégante combeline, dont on ne peut dire nul mal, tant nombreux sont ses bienfaits. Les novices peuvent la confondre avec la pivoine pour sa forme ronde et la délicatesse de ses pétales, mais ses boutons sont pointus, son feuillage plus clair et ses couleurs moins éclatantes : la combeline se ne se pare que de jaune crème ou de rose subtil, et la base de ses pétales se teinte de vert tendre comme les plus ravissantes roses anciennes. Deux fois dans l'année, la combeline fleurit : une fois à la fin de dalnë et jusqu'à la fin d'yslan, puis à nouveau tout au long de l'automne, depuis lüwen jusqu'aux tout derniers jours de sinar et même jusqu'à romel, dans les régions où le temps se fait clément. Le reste de l'année, la combeline forme de charmants buissons qui ne s'assèchent ni pendant l'été, ni pendant l'hiver et restent perpétuellement drus et ravissants. Lorsqu'elle ne fleurit pas, la combeline fructifie : ses fruits ressemblent à des groseilles à maquereau, mais sont d'une appétissante couleur rouge en été, rosée en hiver.
Si la combeline peut s'accommoder du soleil, elle préfère l'ombre et aime pousser le long des murs et des murets, au pied des arbres ou dans les futaies. L'eau la fera prospérer, mais son âme courageuse lui sait faire face aussi à la sécheresse. Dans l'est d'Oneira, on fait pousser la combeline tout autour des maisons pour attirer les fées et éloigner les insectes vils, car son parfum frais purifie et assainit. On prétend ainsi qu'un bouquet de combeline sur la table de chevet écarte les maladies et renforce l'entrain. Les propriétés médicinales de la combeline sont innombrables : ses feuilles appliquées sur les plaies referment celles-ci plus vite et sans risque d'infection, mâcher ses racines apaise les estomacs fragiles et donne de l'appétit, ses feuilles peuvent être séchées et broyées et utilisées comme épices ou pour préparer des cataplasmes qui guérissent la toux quand on les applique sur la poitrine et enfin, ses boutons, jetés dans l'eau bouillante où ils s'ouvrent pour diffuser leur merveilleux parfum, aiguisent l'esprit et rendent attentif en plus d'être délicieux. Les fruits de la combeline, les combelins, sont fabuleusement sucrés en plus d'être bons pour la gorge. On peut les sécher aisément : leur taille diminue et leur couleur passe du rosé au pourpre, mais ils sont toujours succulents et sont un ajout idéal à faire dans une tisane de boutons de combeline additionnée de miel. Les fleurs de combeline peuvent être distillées pour produire de l'eau de combeline à la saveur parfumée incroyablement agréable pour aromatiser toutes les pâtisseries.
Dans le jardin, la combeline sert fréquemment d'abri aux fées qui peuvent également confectionner des vêtements à l'aide de ses pétales. On prendra donc bien soin, en coupant les fleurs, de vérifier qu'elles ne sont pas occupées. Un pied de combeline dans le potager enrichit la terre à proximité, car son système racinaire, pour délicat qu'il soit, s'étend loin et nourrit le sol au lieu de l'appauvrir, et ce sans nuire aux légumes qu'on aura plantés à proximité. Rien n'attire la chance comme une couronne de combelines clouée sur la porte d'entrée des maisons, mais il faut savoir que les petits peuples prendront cela comme un signe qu'ils sont les bienvenus : farigans et autres gnomes frapperont alors à votre porte pour demander l'asile ou partager un repas : accueillez-les, et vos combelines se multiplieront d'autant plus vite au jardin !

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.

La cordefée, ou corfée


Les cordefées sont des plantes d'une grande délicatesse, bien connues en Oneira pour leur beauté et leur caractère presque sacré aux yeux des fées. On trouve la cordefée dans les forêts et les bois, le long des haies ou autour des arbres isolées. Plante fragile, elle a besoin du soutien d'un tronc pour pousser. Elle s'enroulera alors autour de l'arbre ou dans les branches basses d'un buisson, formant un réseau de tiges très dense sur une hauteur de trente à cinquante centimètres. La cordefée préfère les très vieux arbres ou les haies centenaires, mais ne leur cause aucun tort. Bien au contraire, il semble qu'elle leur évite maladies et parasites, essentiellement lorsqu'elle fleurit, soit d'yslan à aenvë.
On reconnaît la cordefée à ses tiges d'une extrême finesse, à peine plus épaisses qu'un crin de cheval, sans feuilles, et à ses fleurs d'un rose vif en forme de cloches oblongues, presque fermées, d'où pointe un pistil jaune. Les fleurs, longues d'environ deux entailles, sèchent en automne en gardant une partie de leur couleur. Elles resteront en place jusqu'à la fin de l'hiver, moment auquel elles finiront par tomber. On pourra également les ramasser lorsqu'elles sont sèches et les conserver pour confectionner des tisanes au goût poivré excellentes pour ouvrir l'appétit ou apaiser l'estomac après un riche repas.
La cordefée tire son nom de l'intérêt que leur portent les peuples magiques, et plus particulièrement des fées. Les longues tiges aux courbes gracieuses, appréciées pour leur caractère décoratif dans les parures, peuvent également être tressées pour réaliser des attaches ou des cordes, tissées pour confectionner des vêtements ou de menus objets. Ainsi, on verra couramment un nid à fées tressé de tiges et de feuilles de cordefées, ou décoré de leurs clochettes roses qu'elles savent faire tinter à l'approche d'un intrus.

Extrait de Moeurs féériques, par Yne Luavanä.

L'evareg


Evareg, par Erana.L'evareg est une plante à tige simple mesurant jusqu'à 17et., aux feuilles lancéolées engainantes d'un vert foncé lisse et légèrement brillant et cireux. Les fleurs rouge vif à quatre pétales ronds sont groupées en glomérules sphériques et émettent une odeur délicate et sucrée d'épices. Les racines fibreuses de couleur blanche plongent jusqu'à 25et..
On trouve l'evareg commun dans toutes les forêts d'Oneira, particulièrement autour des vieilles souches ou dans les sous-bois riches en humus. Il existe en Ar'Mirë'Ys une variété plus rare d'evareg dont les tiges alors munies de petits crampons, s'enroulent autour des chênes et peuvent s'élever de plusieurs tailles. Entomophile, la plante fleurit une fois en mavela et plus abondamment en lüwen et en aenvë. En fin de saison, les fleurs sont intégralement remplacées par de très petites baies du même rouge que les fleurs.
Tous les oneiriens récoltent l'evareg en automne au moment de la floraison ou en hiver pour la beauté des baies, car elle sèche sans perdre sa couleur ni son brillant et sera alors tressée en guirlandes décoratives ou en couronnes que les enfants porteront ou offriront à Cœur-Hiver. Il est couramment considéré que sécher l'evareg au voisinage de pommes donne à celles-ci une délicate saveur de cannelle.
En herbologie traditionnelle, on utilise les fleurs et les racines en infusion pour ouvrir l'appétit. Les feuilles, macérées dans l'huile ou l'alcool, produiront un liniment excellent contre les douleurs musculaires. Les baies brûlées lentement dans une pièce la purifient et en chassent les odeurs.

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.
Consulter aussi : propriétés magiques de l'evareg.

L'êhwiss-ess


L'êhwiss-ess est une petite fleur, dont les pétales sont la plupart du temps blancs, parfois bleus, qui pousse dans un environnement très particulier : les sols constitués de roche volcanique cristallisée (et très concentrée) et de terre - de tels sols sont généralement fertiles. Il faut en outre un climat bien particulier : pas trop de pluies, la fleur est très fragile, pas trop de vent, et des températures assez basses, notamment en hiver, saison où la fleur éclôt (une fleur très particulière). Il va sans dire qu'elle est très rare.
Elle est également très convoitée pour certaines de ses propriétés. D'abord, elle permettrait, après un traitement spécial (à base de bouillonnement et de pilage), d'obtenir des pigments de couleur blanche ou bleue d'une pureté incroyable, qui gardent l'odeur de la fleur ; ces pigments, étalés sur une toile, brillent et sont phosphorescents ; au soleil, ils émettent des reflets irisés. Les peintres paient des fortunes pour obtenir de telles fleurs. On trouve ces pigments notamment dans les décorations des plus grands temples ou palais, et en quantité infime.
La deuxième caractéristique a été mise à jour par des alchimistes voici quelques années. La fleur sent très bon, mais il semblerait que son parfum, extrêmement concentré, soit mortel. De même, mélangée à un liquide, l'essence de la fleur tue en quelques minutes ; et ce poison est d'autant plus pernicieux qu'il est totalement incolore, et qu'on peut le faire passer pour un ajout à la boisson visant à donner un goût plus savoureux.
Heureusement, pour réunir un grand bouquet d'êhwiss-ess - ou quelques lumel d'essence concentrée - il faut dépenser des fortunes. C'est ce qui explique que les morts par intoxication soient si rares.

Extrait de La fiole pourpre, par Lu-Bomers.

La faena


Pied de faena, par Erana.La faena, également appelée "herbe des morts" est une plante relativement rare et assez singulière dans ce sens qu'elle ne pousse que sur le sol où une personne a été enterrée. Cette particularité lui a valu de nombreux surnoms et de nombreuses légendes : plante qui porte malheur, ou l'inverse, qui ne pousse que si le mis en terre était bon, ou pas... A la vérité, aucun lien ni n'a pu être clairement établi, sinon qu'après l'enterrement de toute personne, quelle que soit sa race, une faena peut apparaître.
La faena peut fleurir en toute saison. Relativement petite, elle est composée de quelques larges feuilles à sa base (entre deux et cinq), sa fleur possède trois pétales de forme ovale et de couleur allant du blanc éclatant au bleu ciel, en passant par quelques nuances de rose pâle. Une fois la faena apparue et mâture, elle fleurit pendant trois semaines avant de faner et de disparaître, avant une éventuelle réapparition l'année suivante à peu près à la même période.
Toute tentative pour déplacer la plante en un autre endroit est vouée à l'échec, même si on la replante là ou un autre corps a été enseveli.
Il est réputé qu'arracher un plant de faena sans raison valable porte malheur et, dans la plupart des régions d'Oneira, "avoir un plant de faena sur sa tombe" est signe d'une vie ou l'on a avancé sur le chemin du Destin de son Âme.

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.
Consulter aussi : propriétés magiques de la faena.

La farys


Surnommée "fleur du sommeil" par les petits peuples qui lui ont probablement donné son nom (de "faran", sommeil et "ys", fleur), la farys est une petite plante composée d'une tige large et souple portant deux grande feuilles et une fleur à huit grands pétales pastels que l'on peut trouver de toutes les couleurs, se refermant la nuit sur son centre presque blanc.
Les plus petits des peuples magiques d'Oneira affectionnent particulièrement cette fleur dont le cœur, doux et moelleux, fait un lit particulièrement confortable et difficile à dédaigner. En effet, l'odeur émise par la farys est apaisante et relaxante. Les pétales, la nuit, se replient pour former une petite cavité sécurisante et tranquille, mais aussi étanche et isolée du froid. Il reste curieux de constater que les effets du parfum de la farys n'ont aucune prise sur les humains, et seulement un effet très réduit sur les grands peuples magiques, tel les farigans, y compris les plus enclins aux siestes...

Extrait de La Nature du petit peuple, par Nëaldne.

La feldem


Plante des marais de Sëdaa au Pyrelos, aussi appelée "sauge du démor". Elle pousse par touffes et présente de longues feuilles lancéolées, fermes et denses, d'un vert brillant, au bord légèrement ondulé, parfois striées de bleu, allant jusqu'à 17et.. Dépourvue de fleurs, la feldem possède un réseau de racines épais et très développé, couvrant de vastes zones.
On en consomme les feuilles de cent manières différentes (cataplasmes, pommades, tisanes, etc...) pour soigner toutes les maladies des démor. Toujours verte, on la récolte toute l'année, mais principalement au mois de lüwen pour la conserver. Complètement inefficace pour le soin des maladies humaines, elle soigne les démor pour, semble-t-il, toutes les maladies, et est également consommée toute l'année une fois cuite.

Extrait de Secrets et vertus des plantes pyreliennes, par Kan-Erean.

La feuille de finaum, ou chêne gris


La feuille de finaum, aussi appelée chêne gris, est une plante commune du sud oneirien. Elle se présente sous la forme de touffes de feuilles grasses poussant près du sol dans les coins secs et ombragés. Cette plante grasse ne fleurit qu'une fois dans l'année et produit alors de petites fleurs délicates, roses au coeur blanc, dont la durée de vie n'excède pas une journée. Le système de racines du chêne gris est extrêmement superficiel mais très couvrant.
La véritable richesse du chêne gris relève essentiellement de ses feuilles épaisses d'un vert grisâtre, au bord joliment ondulé et aux larges nervures gonflées d'une sève blanche appelée "lait de finaum". Une fois récoltées, les feuilles du chêne gris se conservent pratiquement intactes jusqu'à deux ans pour peu qu'on prenne soin de les garder dans une boîte en bois bien fermée. Mâchées, elles aident alors à faire passer les migraines causées par le travail de l'esprit ou de la magie et certaines méditations. Ainsi, certains temples, notamment en Ar'Thard et en Ar'Boeren, en consomment de grandes quantités, notamment à l'usage des apprentis.

Extrait des Petits Mystères verts, par Yne Luavanä.

La fleur de lune, ou yseian


Plante commune dans les régions du nord et surtout du nord-est, plus rare au sud, l'yseian apprécie les climats doux à humides et craint la chaleur. Elle présente un aspect délicat et particulièrement décoratif avec ses feuilles en forme de coeur et à courte tige. Les fleurs, solitaires, sont néamoins abondantes sur un pied d'yseian. Blanches, elles présentent une corolle unie, plate, circulaire et lisse d'un beau blanc nacré, surmontée d'une seconde fleur minuscule à quatre pétales d'un blanc éclatant qui se présente d'abord sous la forme d'un minuscule bouton sphérique légèrement bleuté et ne s'ouvre que plusieurs jours après la floraison principale. L'yseian n'a pas d'odeur, encore que de rarissimes personnes prétendent le contraire et peuvent se sentir incommodés par la proximité de tapis abondants de fleur de lune.
L'yseian fleurit au printemps et en automne et préfère les sols rocheux : on la trouve en longues bandes au sommet des murets de pierre, dans les rocailles ; elle choisit presque toujours une exposition en hauteur. La floraison débute de nuit, presque toujours à la pleine lune ; la fleur est épanouie la nuit, au crépuscule et à l'aube, elle se referme légèrement en journée, sauf si le temps est couvert. D'une façon générale, l'yseian souffre des chaleurs excessives et du soleil trop fort. Dans ces deux cas, la corolle jaunit puis "rouille" et rappelle l'aspect de la lune rousse.
La floraison de l'yseian dure longtemps – deux à quatre semaines en général. A son terme, la corolle se rétracte et forme un cône très évasé qui se remplit d'un liquide brillant, transparent, sirupeux, connu sous le nom de larme de lune ou de tendre-mort. Ce liquide coule au sous la fleur (on dit alors que l'yseian "pleure"), fertilisant le sol et favorisant la naissance d'une nouvelle génération de fleur de lune à l'exclusion de toute autre plante, sauf les mousses et les lichens, incontournables compagnons de l'yseian. Sèche, la corolle se détache et laisse apparaître les trois sépales, réceptacles des graines blanches d'yseian. Ces graines, logiquement appelées "graines de lune" (reona-meian), sont très appréciées en boulangerie et en pâtisserie : sucrées et à la saveur florale, elles parfument agréablement de très nombreux plats.

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.

La fleur de sel, ou "larmes d'Oivenvë"


Fleur de sel, par Erana.Petites plantes grasses aux feuilles trifoliolées, les fleurs de sel culminent à neuf entailles de hauteur. Au sommet d'une tige épaisse et piquetée de petites excroissances blanches et douces comme de la soie poussent les fleurs qui, réunies en petits bouquets bleutés, sont semblables de loin à des baies légèrement brillantes. Il ne s'agit pourtant pas de fruits, cette plante n'en produisant pas, mais bien de fleurs. Séchées, elles salent aussi efficacement que le sel minéral, et permettent de le remplacer à moindre frais dans les régions éloignées de la mer. Curieusement, cette plante ne pousse pas en bord de mer, comme si elle s'implantait là où l'on a le plus besoin d'elle. Elle se plaît le mieux dans les forêts humides et sombres, bien qu'on puisse la planter sans difficulté dans son jardin auquel elle s'adaptera volontiers, sans toutefois se montrer envahissante.
Communément appelée fleur de sel, dans certains pays on l'appelle également cette petite plante "larmes d'Oivenvë". La légende veut en effet que l'Ancien Dieu de l'Eau ait répandu ses larmes aux quatre coins d'Oneira peu avant sa mort, accablé de voir la tournure que prenait l'Histoire. Les fylias ont ainsi classé la fleur de sel parmi les plantes sacrées, bien qu'ils reconnaissent plus couramment les plantes aquatiques que terrestres, et montrant ainsi l'estime que certains peuvent avoir pour cette petite fleur.

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.

La getanys, ou "fleur de l'oubli"


La rare getanys, aussi nommée fleur de l'oubli, est une petite fleur que l'on trouve occasionnellement sur tout le territoire d'Oneira. Rappelant la faena dont elle est sans doute une proche cousine, elle possède trois petits pétales blancs qui dépassent tout juste l'entaille, rassemblés autour d'un cœur d'un jaune très pale. Pas plus haute qu'une penne, elle possède en outre trois feuilles ovales accrochées à la base de la tige. La getanys fleurit quasi-exclusivement au printemps. L'on ne trouve généralement qu'un seul pied de cette petite plante - très rarement deux peuvent se trouver côte à côte -, et qui ne porte qu'une unique fleur.
Il est d'usage commun, notamment au Dye'Nelya, de considérer que la getanys est la marque d'un lieu où jadis, hommes ou femmes ont expiré en plein tourment, mais dont l'âme est à présent enfin en paix. Les légendes les plus poussées relatent que les "auteurs" de la getanys sont des êtres ayant mal agi au cours de leur vie et qui doivent payer un tribu à Delvë pour se racheter, par exemple en entrant à son service ; il peut également être question d'amours contrariées, de tâches inabouties... Certains contes évoquent plus sobrement la simple peur pour celui qui vient rendre son dernier soupir d'aller se confronter à la Dame du Passage. Cette seconde mort, en quelques sorte, qu'est l'apaisement de l'âme qui autorise au Passage peut s'avérer très longue et durer des années, voire davantage. La getanys fait ainsi office de symbole, à la fois de la sérénité acquise et de l'espoir pour les âmes encore prisonnières sur Oneira et que la plupart des vivants ont généralement oublié : rien n'est jamais perdu, il faut garder espoir…

Extrait du Petit Herbier de Kimin, par Lor'Kimin.

L'herbe striée des montagnes


Herbe striée des montagnes.Plante rare des hautes cimes des monts d'An'Laÿ'Sur du Dreïn, l'herbe striée pousse à flanc de falaise, sur les parois violemment exposées aux vents, en touffes éparses de deux à dix plants.
Elle se présente comme une herbe à longues feuilles tubulaires, proche de la ciboule, pouvant atteindre deux pennes de hauteur. Ces feuilles, d'un vert tendre, parfois proche du blanc, sont striées horizontalement de bandes rouges, plus ou moins larges.
L'herbe striée des montagnes, parfois appelée oignon d'elfe ou petit oignon, de par la taille de son bulbe, pousse de dalnë à sameï, et sa floraison se fait en elwë.
Son bulbe est petit, pas plus gros qu'une tête d'aiguille à tricoter, et de couleur rosée. Ses fleurs, elles, forment de petits pompons roses chargés de minuscules petites graines que les vents se chargent d'éparpiller. Malheureusement, la plupart de ces graines tombent au bas des falaises, dans des endroits où l'herbe striée ne peut pas pousser.
Très rare et difficile à récolter, sa culture domestique n'ayant pas encore été réussie, l'herbe striée des montagnes entre dans la composition de mets tout aussi rares et chers qu'elle. Ses feuilles, par exemple, dont le goût rappelle celui d'un oignon doux citronné, sont connues pour leur utilisation lors de la vinification du vin-roi, en Eranos, ou de la sauce des neiges.
Son bulbe, au goût d'oignon piquant, peut être émincé pour accompagner un fin gibier, tel que le faucon à bec blanc ou le cormoran nacré.
Enfin ses fleurs, partie la plus rare de la plante, sont souvent conservées dans du vinaigre et consommées telles quelles par les grands de ce monde.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

L'hilrön, ou étoile d'or


Plante grasse de la famille des joubarbes, l'hilrön pousse à même la roche des régions rocailleuses du Sud-Est oneirien, essentiellement en Yenva. Elle tire son surnom d'"étoile d'or" de la double série de feuilles épaisses et pointues disposés en étoile, d'une couleur vert tendre au printemps virant au jaune-doré au cours de l'été. La floraison a lieu en automne, lorsqu'apparaît une troisième série de feuilles, rouge vif, qui constituent une fleur n'attirant que de rares insectes.
L'hilrön est réputé pour la sécrétion transparente, collante et sirupeuse qui apparaît en son cœur au cours de l'été et ressemble à une très grosse goutte de rosée. Raffinée, cette substance entre dans la composition de la méconnue larme d'Isha, drogue et poison aujourd'hui tombée dans l'oubli.
Depuis les années 350, l'hilrön est le symbole et le signe de reconnaissance de la Guilde des voleurs.

Extrait du Petit Herbier de Kimin, par Lor'Kimin.

La lediste des murets


Lediste des murets, par Erana.On ne trouve la lediste en abondance guère qu'en Istia, où elle se fixe par touffes dans les interstices des murs des temples, ou à proximité de blocs de kahriste.
La lediste se présente sous la forme de petits bouquets de feuilles longues d'environ 5et., lancéolées et irrégulièrement dentées, d'une couleur vert tendre et à l'aspect légèrement duveté, particulièrement au printemps. Les feuilles, organisées en demi-couronne, entourent les fleurs à cinq pétales blancs épais, dont la base rose s'étire parfois en nervures colorées. Le cœur vert sombre des fleurs, presque noir à la fin de l'été, leur vaut souvent le surnom d' "Œil d'Iste". La floraison a lieu d'yslan à aenvë ; à mesure que passe la saison, les fleurs seront davantage rosées. La plante déploie dès le printemps des stolons relativement courts mais furieusement robustes et au développement très rapide : en un an, un seul pied de lediste peut en avoir produit une trentaine d'autres, et ainsi couvrir tout un pan de mur. Les fines racines d'un vert soutenu sont peu étendues et étonnamment fragiles pour une plante aussi robuste.
La lediste est très souvent utilisé par les prêtres du Rêve. Les feuilles séchées et simplement brûlées, ou la plante entière sous forme d'encens, favorisent la méditation ou le rêve, tandis que les pétales des fleurs, répandues dans l'eau des bassins de divination en décuplent les effets. Les prêtres utilisent également la lediste dans la préparation des salles où se déroulent les épreuves du culte du Rêve.
En herbologie traditionnelle, on se méfie de la lediste dont les propriétés analgésiques provoquent également des visions incontrôlables.
Les feuilles pourvues de duvet et les fleurs aux nervures roses, gages de teneur en magie, sont récoltées par les sorciers qui en feront usage dans beaucoup de préparations. A ce titre, la lediste est fréquemment exportée partout en Oneira.
Communément, on place souvent un petit bouquet composé de cinq feuilles de lediste sous les oreillers des très jeunes enfants afin de leur assurer un sommeil serein.

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.

Le lierre de Per'Dellin, ou lierre dellien


Variété de lierre ne poussant qu'en Per'Dellin, le lierre dellien est une plante particulièrement rustique au feuillage persistant et très abondant. Ses tiges ramifiées sont d'une solidité telle qu'il est fréquent d'utiliser le lierre dellien en haies vives ou même en toiture dans le cas d'appentis ou d'abris réservés aux animaux. On reconnaît aisément le lierre dellien au vert profond de ses feuilles tripartites dont le dessous, plus pâle, est veiné d'orange. Au printemps, le lierre fleurit abondamment sous la forme de petites fleurs en grappe, à trois pétales orange vif, très appréciées en infusion, qui donnent ensuite naissance, au cours du mois de lüwen, à des baies allongées, noires, à la saveur poivrée très prisée dans la cuisine dellienne.
Loin d'être considéré comme une nuisance en dépit de sa pousse rapide qui vient vite à submerger et à détériorer murs et toits, le lierre de Per'Dellin a été accepté par les delliens qui en tirent le meilleur parti. Les tiges, coupées au printemps, peuvent être teintées et sont employées pour la réalisation d'ouvrages de vannerie ; les feuilles peuvent être mâchées et constituent un rafraîchissement agréable, mais sont aussi ajoutées au fourrage des bêtes, consommées en tisane pour combattre les fièvres, utilisées pour emballer et conserver pains et fromages. Les delliens tirent également des feuilles du lierre de Per'Dellin une eau de vie forte très appréciée dans tout le Nord-Est d'Oneira et dont le goût rappelle un mélange de menthe et de cumin.
Une précaution élémentaire visera à éviter de consommer les feuilles, les fleurs et les baies d'un pied de lierre poussant à proximité d'une source de magie, de sorte à éviter les effets magiques de la plante, et notamment ses propriétés désinhibantes.

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.

Le lierre sarys


Plante grimpante aux fleurs oranges à cinq pétales et au coeur blanc, à très petites feuilles à triple pointe. On trouve essentiellement le lierre sarys dans les temples de la Vie et les jardins de Mar'Ev'Syra. Porteuse du chiffre cinq et du chiffre trois, cette plante est particulièrement appréciée par les adeptes du culte de la Vie qui savent extraire des pétales et des feuilles des propriétés étonnantes en matière de guérison.
Ainsi, les pétales seront séchés longuement sur des claies en pleine lumière, avant d'être réduits en poudre qui pourra utilement servir dans la constitution de cataplasmes qui, posés sur les yeux, en réduiront les inflammations. On extrait des feuilles du lierre sarys un suc ambré qui épaissit en quelques heures et s'oxyde en quelques jours : dans cet état, il conviendra de ne pas le toucher à main nue, car il peut provoquer de légères lésions semblables à des brûlures. Additionné d'eau chaude, le suc de lierre sarys acquerra la propriété de faire chuter de plusieurs degrés la température du corps, le rendant incontournable dans le soin de fortes fièvres.

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.

La luvedis


Luvedis, par Erana.Plante très particulière, la luvedis (de luva, fée, et edis, joli) ne pousse jamais spontanément. On ne la trouve en effet que dans les lieux où une flûteuse aura fait entendre sa musique. Elle repoussera, alors, chaque année, impossible à chasser définitivement. En effet, on a déjà observé le cas de maisons qui, bâties sur un lieu où poussaient de la luvedis, en ont été envahies, à travers le parquet ou les murs, et jusqu'aux toits qui s'en recouvrent alors.
On reconnaîtra la luvedis à ses fleurs blanches aux cinq pétales bifides triangulaires inversés soudées à la base au niveau du coeur d'un mauve très délicat. Les feuilles en forme de coeur acuminé sont finement dentelées et se tiennent par deux sur de longues et fines tiges. La luvedis peut ainsi se plaire aussi bien au sol qu'elle couvrira d'un tapis qu'en hauteur, s'enroulant délicatement autour des troncs ou grimpant le long des murs. Il est intéressant de noter que la luvedis ne fait concurrence à aucune autre plante : sa structure fine et délicate ne détériore ni l'écorce des arbres sur lesquels elle s'appuie, ni l'herbe qu'elle couvre. La floraison des luvedis est très variable et semble dépendre essentiellement de l'époque où elle a commencé à pousser. Elle ne connaît qu'un cycle de deux mois durant lesquels elle mourra pour renaître très vite, aussi vigoureuse.

Extrait de La Nature du petit peuple, par Nëaldne.

La mandragore


Grosses racines bipartites, tige très courte, feuilles pétiolées d'une jolie couleur verte, fleurs de couleur violacée, fruits jaunes... La mandragore est une plante herbacée.
Selon les croyances populaires du sud d'Oneira, la mandragore ne doit pas être touchée par l'homme, il mourrait foudroyé. Pour ne pas entendre les cris mortels que pousse la mandragore au moment où elle est arrachée, il faut jouer du cor pour les couvrir. La mandragore est une amulette au pouvoir magique inégalable. Lorsqu'on l'entend pleurer, cela annonce de grands malheurs dans la famille.
En pharmacologie, les alchimistes considèrent qu'elle possède des pouvoirs aphrodisiaques et anesthésiques.
Il ne faut pas oublier de prendre avec la mandragore certaines précautions : ne pas la toucher avec du fer, toujours la cueillir sous le vent. Les vertus résident vraiment dans la pâte obtenue après avoir broyé la mandragore à certaines heures et périodes de l'année dans un mortier constitué de sept métaux.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

La mauve


Mauve, par Mélusine.Son nom signifie "mal va", c'est à dire "mal qui me poursuit, va-t'en". La mauve sauvage, ou grande mauve, pousse le long des sentiers et sur les terrains incultes.
C'est une plante bisannuelle à fleurs de 2 entailles de diamètre en moyenne, de couleur rose violacé veiné de violet, à pétales trois ou quatre fois plus longs que le calice. Les feuilles palmilobées contiennent la fleur et s'ouvrent complètement quand celle-ci s'épanouit. La surface de cette plante est tantôt lisse, tantôt velue. Elle fleurit en été, de mavela à asten.
Il faut cependant faire attention : il existe en effet d'autres mauves, comme la "petite mauve". Celle-ci se distingue de la grande mauve par ses feuilles presque rondes, ses fleurs très pâles et sa tige latérale toujours couchée. Il existe encore l'alcea à grandes fleurs roses d'environ 4 entailles de diamètre dont les feuilles inférieures sont à lobe large et peu profonds, et les feuilles supérieures à lobes étroits jusqu'à la base. Toutes ces mauves sont cependant utilisées à des fins thérapeutiques.
En ce qui concerne la mauve sauvage, il convient d'en cueillir les fleurs. On doit les faire sécher rapidement dans un grenier chaud et sec, et les conserver à l'abri de l'air et de la lumière. Une fois séchées, les fleurs de la grande mauve prendront une couleur bleue. Les feuilles doivent être cueillies un peu avant la floraison, séchées sur des claies et souvent retournées. Le ramassage des racines, lui, doit s'effectuer en plein hiver. Elles doivent être soigneusement nettoyées avant d'être séchées. Prenons garde, elles pourrissent facilement.
Notons encore que la mauve est consommée dans certaines régions d'Oneira en guise de légumes.
La mauve est légèrement laxative, elle est efficace en cas de toux, enrouement, laryngite, angine sécheresse de la bouche en infusion ou gargarisme. 1 cuillerée à soupe pour une tasse d'eau bouillante. Laisser infuser 10 minutes, 3 tasses par jour. Macération à froid : laisser reposer une nuit 1 cuillère à soupe pour un bemel d'eau et réchauffer légèrement le matin.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

La menthe


Il existe diverses espèces de menthe : la menthe aquatique (dans les fossés et les lieux humides), la menthe à feuilles rondes (également dans les lieux humides), la menthe des bois (dans les haies, les champs et les lieux humides), la menthe verte, la menthe pouliot, la menthe des champs, la menthe poivrée, etc... La menthe est peut-être la plante la plus plus cultivée et la plus utilisée en Oneira. On aime l'utiliser, liée en botte, pour parfumer les marchés et chasser mouches et moustiques. On s'en sert par grandes chaleurs : respirer de l'extrait de menthe fraîche rafraîchit les lumniens en été. La menthe est aussi un excellent antiseptique et protège des épidémies. On en brûle également les tiges dans les lieux où les puces prolifèrent. Planter quelques pieds de menthe autour de la maison en chasse les rongeurs.
Prêtres, mages et sorciers aiment utiliser la menthe pouliot pour son odeur apaisante.
La menthe poivrée a un parfum intense qui provoque sur la langue, lorsqu'on la mâche, une étrange sensation de brûlure suivie d'une sensation de froid.
La menthe verte vit cultivée dans les jardins, mais aussi en liberté dans les lieux humides de montagnes où elle pousse spontanément.
La menthe empêche le lait de cailler, et le lait de la vache qui a brouté de la menthe n'est plus bon pour faire du fromage.
Frotter des pommes avec le suc frais de la menthe les empêche de pourrir.
Enduire de menthe l'entrée des pigeonniers retient les pigeons chez eux.
Selon la coutume populaire, pour guérir un malade de la fièvre, il suffit de se rendre trois jours de suite, avant le lever du soleil, auprès d'un pied de menthe, déposer auprès de lui du pain ou du sel ou du vin ou du poivre, et, en la saluant avec effusion, lui faire savoir qu'elle sècherait quand la fièvre arriverait sur elle. La menthe, alors, sèche en même temps que le malade guérit.
La menthe possède des vertus digestives mais c'est aussi un antiseptique bronchique un traitement des troubles hépatiques et un remède contre la diarrhée. On lui prête même des propriétés aphrodisiaques. 1 cuillère à thé pour une tasse d'eau bouillante ; laisser infuser 10 minutes.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

La milliane


La milliane est une plante relativement rare que l'on trouve en plaine ou dans les vallées à travers tout Oneira. Si la milliane se satisfait de tous les sols, y compris marécageux ou pierreux, elle préfère pousser à l'abri du vent et on la trouve généralement nichée près de rochers, de murets, de souches ou de tout autre obstacle, qu'il soit naturel ou non. Dans la très grande majorité des cas, la milliane pousse à proximité de maisons habitées. Peu de lumière suffit à son épanouissement : on observe d'une façon générale que les données environnementales influent peu sur sa présence ou sa disparition. On donne à la milliane de nombreux noms en fonction des régions. Parmi eux, l'on pourra souligner les plus connus : mouron noir, malédiction de Tani, belle-des-fous et, le plus connu : lys de Dar.
La milliane est une plante élégante atteignant jusqu'à 5 pennes de hauteur. Son feuillage riche et dense aux longues lances souples d'un vert intense pousse en bouquets au cœur desquels poussent les fleurs. Les fleurs, grandes en taille, se rapprochent de celles du lys. Trois pétales d'un violet profond poussent sur trois sépales d'une couleur plus intense, plus sombre, brillante, tirant sur le noir à mesure que la fleur fane. La milliane fleurit toute l'année, sauf en présence de neige, et profitera du moindre redoux pour former de nouveaux boutons, même au cœur des mois d'hiver.
Ce sont les racines en rhizome qui se chargent de la fantastique multiplication de la milliane qui peut couvrir en quelques mois des champs entiers. La milliane peut se montrer proliférante ou solitaire, elle est vivace et s'installe durablement, presque impossible à éradiquer, mais peut aussi mourir et disparaître en l'espace de quelques jours, laissant le sol durablement appauvri et saccagé par la dureté et la densité du réseau racinaire. On parle alors de "malédiction du mil". La croissance de la milliane est pratiquement impossible à endiguer. La plante est capable de soulever des dalles de sol ou de fissurer des rochers pour pousser, et son odeur s'infiltre partout.
Tout un folklore existe autour de la milliane et explique à la fois ses surnoms et sa mauvaise réputation, en dépit de sa beauté apparente. C'est son parfum fade et persistant et plus particulièrement ses néfastes propriétés qui rendent la plante intolérable dans les jardins. Son odeur génère en effet une somnolence induisant des cauchemars généralement centrés sur la mort, la honte, la culpabilité et le chagrin. La légende veut que la milliane soit plantée par les errants gris sur la demande de Dar. Ainsi, elle pousserait au plus près de criminels dont elle attiserait la culpabilité par des cauchemars qui finissent par devenir des hallucinations. La coïncidence troublante de la disparition de la plante consécutive à un déménagement des occupants de l'habitation près de laquelle elle pousse suffit à nourrir la légende. On notera que trois personnes ont déjà été condamnées en Yenva sur la seule preuve de l'apparition de la plante à proximité de leur demeure.

Extrait du Jardin de Dar, par Yne Luavanä.

La mytaverb


Plante robuste d'Aÿnat à l'apparence proche des plantes grasses du désert et ne nécessitant que très peu d'eau pour sa survie. La mytaverb peut atteindre une hauteur d'une taille pour une corolle de feuilles dont le diamètre avoisine les 60 entailles. La plante ressemble à une simple touffe de longues feuilles épaisses d'un vert uni sombre ou clair selon l'âge de la plante. La tige centrale, dépourvue d'écorce, est droite et dure et supporte à l'époque de la floraison une unique tête (grâce à laquelle on produit la délicieuse liqueur de mytaverb) d'un pourpre vif, haute d'environ 25 entailles pour un diamètre égal, aux très petits pétales fins et pointus, souvent d'apparence hirsute.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

L'olinys


Plante du nord-est oneirien, l'olinys apprécie particulièrement les régions boisées, les vergers et les forêts où elle se plaît à pousser entre les racines de certains arbres. La plante se présente sous la forme d'une corolle de feuilles ovales, joliment dentelées et très rigides qui exhalent un parfum entêtant proche de celui du jasmin. Au centre de la corolle pousse une fleur unique. Dépourvu de tige porteuse, le bouton ovoïde, d'abord vert puis rose avant l'éclosion, rappelle un œuf, d'où la plante tire son nom (de olinen, oeuf, et ys, fleur). La fleur épanouie présente trois rangées de pétales concaves cireux allant du rose au blanc, finement nervurés, de forme allongée, au centre de laquelle se trouve un coeur jaune-vert formé d'une corolle en forme de tube évasé rappelant une jonquille.
Les feuilles de l'olinys sont fréquemment utilisées séchées et réduites en poudre pour parfumer boissons, desserts et confiseries. On extrait également de la racine charnue un liquide épais, très sucré, que les petits peuples transforment en un alcool puissant, l'olinysk, très peu apprécié des humains.

Extrait des Petits Mystères verts, par Yne Luavanä.

Le pas-de-lutin


Petite plante des bois et des prés, on la trouve aussi le long des chemins, dans les jardins et sur les pelouses, le plus souvent dans les régions boisées de faible ou moyenne altitude, loin des côtes. Le pas-de-lutin est une plante rase et très couvrante aux feuilles longues d'une entaille environ, triangulaires et à trois lobes peu profonds, d'un vert clair, assez vif, tirant parfois vers le jaune. La plante, d'ailleurs, s'orne de minuscules fleurs jaunes à trois pétales des mois d'yslan à mavela. Pourvu d'une à sept tiges principales, très longues, de part et d'autres desquelles se disposent les feuilles, le pas-de-lutin rappelle, comme son nom l'indique, des traces de pas laissées par des lutins le long de leurs chemins, et une légende tenace dans les milieux ruraux veut que la plante, effectivement, naisse de la grande concentration de lutins dans un lieu donné, ou, au moins, de leur passage. On évite soigneusement d'arracher des pas-de-lutin au printemps, de peur de mécontenter les peuples magiques, mais à l'été les enfants aiment s'en faire des couronnes et semblent, en les portant, gagner un peu en sagesse, mais aussi beaucoup en espièglerie. Le pas-de-lutin est également considéré comme un excellent fourrage et on lui attribue de grandes vertus quant au bétail : les vaches produiraient davantage de lait, la laine des moutons serait plus fine et plus blanche, l'endurence des chevaux nettement supérieuse, etc... Aussi, on pardonne volontiers aux pas-de-lutin de défigurer les pelouses et d'envahir les jardins.

Extrait des Petits Mystères verts, par Yne Luavanä.

La renouée du Pyrelos


Plante très commune au Pyrelos, aux petites feuilles lancéolées foncées, aux fleurs minuscules de couleur bleue, et aux tiges noueuses et nombreuses bleu-vert. Fleurit du début de l'été jusqu'à la fin de l'automne (mavela à romel). On trouve la renouée du Pyrelos le long des chemins, dans les collines et les monts Manokin, et sur les rochers de kahrune, dans les milieux humides, en bord de mer comme à l'intérieur des terres. Robuste et dense, elle recouvre rapidement de vastes espaces et résiste sans mal aux piétinements.
L'on peut récolter la renouée du Pyrelos tout au long de sa floraison, mais plus efficacement au milieu de l'automne (aenvë).
L'on peut en consommer les feuilles tendres une fois cuites. Elle est utile en voyage car elle apaise la soif. Peut nourrir les bestiaux, particulièrement les cochons.
Très efficace contre les diarrhées, elle est un élément fondamental de la potion contre la maladie du sang-vert. Réputée pour favoriser la fécondité lorsqu'on la suspend par bouquet au dessus des lits ou dans les greniers.

Extrait de Secrets et vertus des plantes pyreliennes, par Kan-Erean.

La robajina


Caractéristiques : La robajina est une plante particulière ne poussant que sur des cailloux de grosse taille et sur des rochers (non taillés par l'homme) restés sur leur lieux d'origine. Possédant de racines dites "de mousse", assimilables à la mousse poussant sur les arbres, elle est constituée de plusieurs tiges d'un diamètre variable (ne dépassant jamais le diamètre de son rocher de pousse) d'une hauteur pouvant aller jusqu'à plusieurs tailles, sortant directement de son lit de racines à des endroits divers (souvent répartis sur le côté le mieux ensoleillé). De la même couleur que son rocher, la robajina peut aller jusqu'à imiter ses taches et déformations (dans des mesures moindres mais reconnaissables).
Localisation : Régions au vent fort, à la température ne descendant jamais en dessous de 0. Se trouvent en plus grand nombre sur les rochers souvent ensoleillés.
Floraison : La floraison de la robajina se produit de façon irrégulière, suivant la température ambiante de son environnement, et donne naissance à de belles fleurs pourpre d'un diamètre d'une main.
Utilisation : L'on récolte les fleurs de la robajina dans plusieurs buts. Certains les pressent dans de grosses cuves de bois, afin d'en obtenir un jus épais, qui, une fois distillé et additionné d'une poudre particulière, permettra de soigner la "fièvre verte", maladie des roches. D'autres les font sécher, les réduisent en poudre, puis y additionnent de l'eau fraîche et quelques gouttes de salive afin d'en faire une colle forte et durable. On peut aussi les utiliser fraîches et coupées en dés, puis mélangée à d'autres herbes sauvages pour les consommer en salade (au goût singulier dépendant de la roche sur laquelle la robajina aura poussé). Enfin, les fleurs renferment les graines des générations futures, qui, trop lourdes pour être portées par des vents faibles, son bien souvent destinées à finir leur voyage au pied même de la plante, la nourissant de leur substance une fois leur absorption achevée.

Extrait de Trois-cent-huit remèdes des chamans et sorciers d'Oneira, par Num-Dreklon.

Le safran


De la famille des iris, cette plante herbacée vivace pousse en bord de mer essentiellement ; mesurant entre huit et vingt-cinq entailles de haut, elle s'habille de longues feuilles fines. En bout de tiges s'épanouissent des fleurs à trois pétales violettes, trois sépales pourpres, et trois stigmates orange-doré, durant l'automne. La floraison, qui a lieu généralement au mois d'aenvë, est très courte puisqu'elle ne s'étale que sur deux semaines. De plus, une fleur a une durée de vie très limitée de seulement quelques heures.
Le principal intérêt du safran est de contenir un pigment aromatique (ou épice colorée), que l'on récolte sur les stigmates. De nombreux petits peuples, dont surtout les lainei (justement surnommés à ce titre les "doigts dorés"), aiment se charger de ce travail et font commerce du safran avec les baerigan qui, eux-mêmes, en revendent aux humains ou, plus aisément (au vu de leur taille minuscule) à d'autres petits peuples marchands. Pour un kalon d'épice finie, sont nécessaires cinq kalon de stigmates, et cent trente mille fleurs. L'exigence du safran quant à son environnement en fait une épice rare, puisqu'il ne pousse guère que dans le Sud-Ouest d'Oneira, notamment le long de la côte Nord-Ouest de l'Eranos ; en compensation, son utilisation se fait à très faible dose.
Utilisée dans le cadre gastronomique, le safran permet de magnifiques colorations, notamment appréciées dans les accompagnements, comme riz, semoule, flocons d'avoine… Il dégage une faible saveur, et est donc apprécié tout particulièrement pour ses capacités pigmentaires. Faible saveur, mais saveur il y a ; on l'associe généralement aux produits de la mer, au bord de laquelle ce crocus aime à pousser (on notera par exemple la soupe de poissons et coquillages safranée et sa julienne d'algue, spécialité de Pymarée).
Nous pouvons également nous intéresser aux nombreuses propriétés thérapeutiques du safran, souvent négligées voire oubliées. Surtout préparé en infusion, le safran peut constituer un sédatif efficace associé au trèfle-froid ; il sera un bon antispasmodique et soulage après un repas trop riche. Préparé en pommade, adjoint à l'argile rose, il soigne les infections cutanées. Il a été constaté par de gourmands amateurs de sensations fortes qu'à partir de vingt lukal d'ingestion, il devient une drogue hilarante ; le cœur s'accélère légèrement et provoque l'euphorie. Cet état peut durer plusieurs heures selon la qualité du produit ingéré. A savoir donc qu'il ne faut pas en abuser.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

La sauge


On trouve la sauge dans les lieux pierreux ou arides. Il est conseillé de la récolter l'été, et surtout à l'aube, le jour du solstice d'été.
Lors des épidémies, qu'elles soient de peste ou de choléra, macérez de la sauge, du thym, de la lavande et du romarin dans du vinaigre (certains y ajoutent aussi de l'ail). Buvez-en une cuillerée dans un verre d'eau, et frottez tout votre corps de cet onguent pour vous protéger des maladies au contact des malades et des morts. La sauge préserve en effet des infections propagées par les cadavres et les charognes.
Contre l'anxiété, la nervosité et l'émotivité, mettez dans votre bouche une feuille de sauge fraîche et avalez la salive produite par le contact.
Pour alléger l'haleine, mâchez une feuille de sauge fraîche pendant une dizaine de minutes.
La sauge est également l'amie des femmes. Elle favorise la conception, et, prise en infusion régulièrement un mois avant l'accouchement, elle diminue considérablement les douleurs causées par celui-ci.
Evoquons aussi l'action bénéfique de la sauge sur le foie et les reins, ainsi que sa propriété de déclencher la transpiration, ce qui la rend indispensable lors des cas de grippe, de refroidissements et de fièvre. Mais elle peut aussi stopper les sueurs malignes ou trop abondantes de certaines maladies graves.

Extrait du Grand herbier commun, par Num-Lanmon.

Le trèfle-froid ou trèfle du froid


Plante gazonnante mesurant entre quatre et douze entailles, le trèfle-froid doit son nom à l'environnement dans lequel il se développe, à savoir la haute montagne, entre cent et trois cent écarts d'altitude. C'est pourquoi on le rencontre surtout en Tor-Keralm, où il est considéré de bon augure quand il pousse autour de la maison, au point que lors des floraisons, ces maisons sont dites "aimées par Délomaque".
Organisé en petites touffes de tiges, sur lesquelles les feuilles se réunissent en bouquets concentriques, le trèfle-froid forme des parterres tapissant. Les feuilles, longuement pétiolées, sont légèrement dentelées. Les inflorescences sont portées par des pédoncules partant de la souche de la plante ; ce sont des calices à dents, dont la couleur passe du blanc lors de la floraison, au rose vif dans le jour qui suit son éclosion. Le fruit est une gousse, non incluse dans la fleur, appréciée par les rongeurs.
Les fleurs, mâchées fraîches, sont un bon diurétique et on en fait l'usage comme remède en préparant grâce à lui une potion antalgique. Pour préparer le trèfle-froid à son usage thérapeutique, il convient de le faire sécher fleur à l'envers en extérieur. On recueillera ensuite les fleurs avec soin, sans les briser. Cuites dans de l'eau de rosée (une habitude sans réel fondement mais héritée des sorciers et de l'usage magique du trèfle), additionnées de laurier-hobbit, elles feront un excellent oubli-douleur, à boire sans modération ; ajouter du sucre selon l'envie pour donner plus de goût.

Extrait du Petit Herbier de Kimin, par Lor'Kimin.

L'ysanet, ou étoile d'argent


Pied d'ysanet, par Erana.C'est une des premières fleurs du printemps, que nombre d'entre nous connaissent et s'en vont quérir dans les bois dès la mi-neor. Porte-bonheur pour les uns, simple agrément pour les autres, l'ysanet est plus solide que ne le suggère son apparence délicate. On lui connaît de nombreux surnoms, parmi lesquels “fleur d'argent”, ou “étoile d'argent”. Quoiqu'elle dédaigne les jardins et les vergers, l'ysanet se retrouve dans toutes les régions d'Oneira, mais elle apprécie particulièrement les zones où la magie est dense et mouvante, comme le long des courants magiques. On ne peut la cultiver, mais elle se montre facile à trouver dans les bois et les forêts où elle pousse en vastes tapis illuminant les coins d'ombre ou rampant le long des chemins.
La racine de l'ysanet est constituée de filaments minces et délicats que double un rhizome qui émet de nouvelles tiges chaque année. La pousse d'ysanet mesure 10 entailles ; chacune des tiges graciles porte soit une feuille, soit une fleur. Les feuilles cordiformes, épaisses et résistantes au gel, varient d'un vert teinté de jaune si l'ysanet pousse dans l'humus des forêts caduques, à un vert plus sombre et plus soutenu si la plante s'épanouit sous les épineux. La sève de l'ysanet, affleurant au bord des feuilles, a l'aspect et la consistance du miel. Légèrement toxique pour les humains, il est en revanche très apprécié par les petits peuples dont l'ysanet est, d'ailleurs, un emblème récurrent. Très parfumées, les fleurs, qui préfèrent la fraîcheur, s'épanouissent essentiellement de nuit, sauf au début du printemps et en automne, lorsque la température diurne est basse, et le sous-bois sombre. D'un blanc pur, la corolle a la forme de petites étoiles blanches et comporte cinq pétales qui se joignent pour former un tube court duquel dépasse un pistil jaune. En pleine floraison, les fleurs d'ysanet présentent la particularité de briller après la nuit tombée, justifiant leur surnom d'étoiles, et offrant au promeneur nocturne un spectacle féérique.
La période de floraison de l'ysanet est remarquablement longue. On remarque les premiers boutons dès le début de neor, et la floraison ne prend fin qu'au cours du mois de bomel. Durant les mois de gilaor, frel et vielor, l'ysanet disparaît complètement et ne laisse plus deviner sa présence jusqu'à la repousse de printemps.
L'ysanet est une alliée précieuse dans les arts de guérison. Sa feuille prise en tisane est un excellent dépuratif, et ses fleurs, une fois distillées, produisent l'eau d'ysanet qui est un purifiant pour la peau et un désinfectant doux pour les plaies, les brûlures et la plupart des affections cutanées. On peut récolter les fleurs d'ysanet toute l'année, mais leurs effets bénéfiques sont plus marquants à la fin du printemps.
Tout au long de l'année, les fleurs d'ysanet forment des fruits qui, une fois secs et surtout en automne, peuvent être ouverts pour récolter les graines. La graine d'ysanet, de taille semblable à celle du pavot, est une petite bille ronde de couleur argentée, légèrement brillante. Son goût sucré et légèrement anisé est très apprécié, et on la retrouve dans de nombreuses pâtisseries, notamment hivernales.

Extrait des Petits mystères verts, par Yne Luavanä.